Wizaard : explosion disco

Le groupe montréalais Wizaard frappe un grand coup avec son premier album Starfish Buffet. L'évolution de Filthy Haanz assume son côté disco et s'aventure dans des ambiances hallucinatoires qui font de Starfish Buffet un des rejetons de 2016 à écouter absolument. Encore sous l'emprise du spectacle de lancement, BRBR a posé quelques questions au groupe.

Photo de couverture : Wizaard. Crédit : Mélissa Gamache.

Vous sortez Starfish Buffet sous le nom Wizaard, mais le groupe naît des restes de Filthy Haanz qui n'est pas un nouveau venu sur la scène. Pourriez-vous me faire un historique de la formation et de son évolution ? 

Wizaard c’est l’évolution directe de Filthy Haanz, on a juste décidé de changer de nom. On commençait à trouver ça difficile d’accentuer le double A dans Haanz comme si on meuglait avec une voix de velours, puis d’ensuite préciser que ça se terminait avec un Z. On est des gens brillants parce qu’on a changé de nom et qu’on a exactement le même problème.

Vous avez changé de nom au moment où Marie-Hélène a joint le groupe. Aviez-vous en tête une autre direction musicale à laquelle Marie-Hélène a bien répondu; est-ce son arrivée qui a influencé la direction musicale du groupe; ou un peu des deux ?

Marie-Hélène est arrivée dans le groupe juste après qu’on change de nom. Les nouvelles tounes commençaient à avoir plus d’instruments et étaient plus complexes à jouer en show. On essayait de s’éloigner du son garage qu’on avait sur le EP et elle nous a permis d’y aller à fond. Elle joue de tous les instruments avec un feel pas possible. On est vraiment sur la même longueur d’ondes musicalement, et on s’en est rendu compte dès qu’on a jammé avec elle, c’était comme une extension de nous.

Expliquez-moi le titre et la pochette de l'album.

Le titre de l’album est une référence au fait que les chansons sont toutes un peu différentes, c’est comme des petites étoiles de mer de couleurs différentes offertes dans un buffet.

C’est une tomate verte tranchée on the side qui est sur la pochette. La pochette a été faite par Jean-Nicolas. Jean-Nicolas déteste les tomates.

La pochette de Starfish Buffet représente une demie tomate verte.

Pochette de l'album Starfish Buffet de Wizaard. Design : Jean-Nicolas Doss.

Quels sont vos autres projets musicaux présents ou passés ?

Charles et Jean-Nicolas ont toujours été dans le même groupe. Marie a joué avec Karneef, Navet Confit et Vesuvio Solo et elle a sorti des tracks à son nom. Fred et Al se sont joints à nous cet été. Fred est aussi drummer dans Stevenson et Al joue des synthés dans Sun Pow.

Comment procédez-vous pour composer ? Êtes-vous des "jammeux" ou vous travaillez surtout à partir d'idées déjà assez avancées ?

On part souvent d’un démo ou d’une idée et on rajoute beaucoup de glaçage homemade en utilisant différents types d’enregistrements. Il y a des instruments enregistrés en studio mélangés avec d’autres qui ont été enregistrés dans nos apparts. On a mélangé ça avec des sons faits sur un enregistreur cassette 4-track entre-autres. En gros, c’est comme un collage avec différentes techniques.

Il y a beaucoup d'effets dans votre son. Êtes-vous des tripeux de gear / avez-vous du gear particulier ? 

On est plus des gosseux de son qu’autre chose. On n'a pas nécessairement beaucoup de gear mais on finit par trouver des façons de manipuler les sons avec le peu qu’on a. L’enregistreur cassette nous a permis de manipuler les hauteurs et la vitesse de ce qu’on enregistre, ça donne ce qu’on entend dans You Don’t Have To Leave To Be Free par exemple. Il y a aussi beaucoup d’ajouts de synthés, autant digitaux qu’analogues.

Avez-vous passé beaucoup de temps à essayer des trucs en post-prod ? Est-ce que cette étape a emmené vos chansons ailleurs ?

C’est un album qui nous a pris beaucoup de temps à faire parce qu’on a justement mis l’emphase sur la post-prod. Beaucoup de tounes se sont finalisées et concrétisées en post-prod, c’est vraiment là qu’on leur a donné leurs structures finales.

Vous avez en grande partie mixé l'album vous-même avec Jason Tawfik, sauf la pièce FFFWTW qui a été confiée à Sam Goldberg Jr. Pourquoi avoir fait appel à lui pour celle-là, et comment a été votre expérience de mixage ? Était-ce votre première expérience ? Que cherchiez-vous à atteindre comme son général ?

Sam Goldberg Jr. a co-produit plusieurs tracks de l’album avec nous en studio. Il nous a toujours démontré son grand amour pour FFFWTW et il nous avait envoyé un rough mix de la chanson. On a décidé de la garder telle quelle parce qu’elle était parfaite comme ça. Elle est baroque à souhait.

Êtes-vous des fans de disco ? D'où vous est venue l'envie d'aller dans cette direction ?

Oui, on écoute beaucoup de disco-funk et ça a fini par transparaître un peu sur plusieurs chansons, surtout sur The Spills.

Starfish Buffet me donne vraiment l'impression d'être le résultat de nombreuses années d'écoute musicale intense. Quels groupes ou albums vous ont particulièrement marqués et pourquoi ? Aviez-vous en tête de trouver un point de jonction entre plusieurs de ces influences ?

On est des fans de plusieurs styles de musique et on dirait que naturellement ça se déteint sur ce qu’on fait. On essaie de ne pas se limiter à un seul style, on va chercher ce qu’on aime et on l’apprête selon le contexte de la chanson. On a vraiment trippé sur l’album RAM de McCartney. Tout est vraiment mélodique et il passe du coq à l’âne sans qu’on ne s’en rende compte.

Vos textes ont souvent un aspect féerique ou fantastique. Voyez-vous la musique, ou Wizaard en particulier, comme un espace privilégié pour les rêveries ?

Les paroles sont surtout là pour ajouter des images à la musique, on aime ça quand c’est coloré et quand ça crée un univers pour chaque chanson.

Des envies ou des projets de tournée ?

On rien de planifié encore comme tournée mais on aimerait vraiment faire une tournée en Europe ou à travers le Canada bientôt.

L'album Starfish Buffet de Wizaard est disponible depuis le 21 octobre 2016.