Rockfest 2016 : le Punk n'est pas mort !

Punk’s not dead, titre d’un album de The Exploited qui visait à souligner la résilience du punk, pourrait très bien décrire le sentiment que bien des gens devaient avoir en sortant de la 11e édition du Amnesia Rockfest, qui s’est clôturée ce dimanche 26 juin.

Crédit photo de couverture : Valérie Ménard. 

Parce qu’on a pu entendre ici et là dans certains médias que le punk était une affaire du passé. Idem pour le métal. Pourtant, le Rockfest a, encore une fois, attiré une foule record : plus de 200 000 personnes.

Des groupes de « papis »

Par contre, vrai que plusieurs des artistes invités ont pas mal de millage au compteur. Mais ils sont loin d’être morts pour autant ! Joe Keithley, chanteur et guitariste du groupe britanno-colombien D.O.A. (et accessoirement, ancien candidat du parti vert !) en est le parfait exemple. Le gars a 60 ans, des mains de dieu, et de l’énergie à revendre. Un de mes coups de cœur du festival.

Franz Schuller, les deux bras en l'air, et Joe Evil, qui fait aller le doigt, sur scène au Rockfest.

Franz Schuller et Joe Evil de Grimskunk sur la scène Québec.

On pourrait en dire tout autant de Grimskunk. Ça fait du bien de voir des gars qui ont un plaisir aussi évident à faire de la musique et à se défoncer sur scène après tant d’années. L’enthousiasme de Joe Evil est tout simplement contagieux et comment ne pas être impressionné par Franz Schuller qui donne tout un show malgré un genou qui le contraint à être assis la plupart du temps. Bref, une performance explosive. Un autre coup de cœur… Comme chaque fois que je les ai vus !

Des retours

Le Rockfest, c’est aussi souvent l’occasion de spectacle retour ou réunion. Les Vulgaires Machins faisaient partie de ces spectacles à ne pas manquer. Le groupe n’était pas officiellement mort, mais Guillaume Beauregard et Marie-Ève Roy se sont chacun lancés dans des projets solos. Le dernier spectacle des VM remontait à 2013, et le groupe avait affiché une image d’électrocardiogramme s’éteignant sur leur Facebook.

Bref, on comprenait le message. Enfin, peut-être pas ! Guillaume Beauregard ayant lancé  « À tous les faiseux de rumeurs qui disent que les Vulgaires Machins sont morts, sachez que les Vulgaires Machins ne sont pas morts, les Vulgaires Machins sont immortels ! » Reste qu'on s'ennuyait de les voir sur scène !

Les Vulgaires machins sur scène.

Les immortels Vulgaires Machins.

Le lendemain, sur la même scène, s’est aussi produit un autre groupe québécois qu’on n’avait pas beaucoup vu ces dernières années : Yelo Molo. Le groupe n’était toutefois pas mort, les gars faisant encore quelques shows par année, souvent privés, mais assez pour « garder la forme », pour paraphraser Stéphane Yelle, chanteur du groupe. Et encore pour paraphraser Yelle : « Quand tu mets un band de party, avec du monde qui veulent faire le party, ça donne de bons résultats ! »

Stéphane Yelle à la guitare et Sébastien Lamer au trombone sur scène au Rockfest.

Stéphane Yelle et Sébastien Lamer de Yelo Molo.

Des partys

Parlant de party, le Rockfest s’est terminé avec le groupe de party par excellence : Le Québec Redneck Bluegrass Project…  Ben oui ! Du country-folk-trad-trash-machin au Rockfest ! Mais Charles Hudon, un des fondateurs du QRBP précise que le « cœur du groupe est au punk », eux qui ont tous été dans des groupes punk dans le passé.

Si le groupe venait de se farcir deux spectacles de la St-Jean au Saguenay, ce qui peut être difficile sur le corps de gens qui ont l’habitude de boire avec vraiment pas de modération pendant leurs spectacles, ils auront tout de même trouvé le moyen d’afficher une grande forme pour faire embarquer la foule sans aucune difficulté et clore le Rockfest en beauté.

Mais comme me l’a dit Charles, les gars « on a fait 200-300 shows à date au Québec, et il n’y a rien de comparable, les gars ont hâte en … ». Tellement hâte qu’ils ont commencé un peu vite et ont dû arrêter après quelques notes, puisque Rise Against, qui jouait à côté, avait décidé d’être un peu plus généreux que prévu.

Le Québec Redneck Bluegrass Project sur scène.

Le Québec Redneck Bluegrass Project a eu l'honneur de clore le Rockfest.

Des rencontres et des touvailles

Le Rockfest, c’est aussi tout ce qu’il y a autour. « La ville est prise d’assaut, il doit y avoir une police pour 1000 personnes, c’est l’anarchie, c’est arrangez-vous, pis ça marche bien, le monde est de bonne humeur » notait justement Charles Hudon au sujet de ses impressions sur le Rockfest.

Ça donne justement l’occasion de faires quelques trouvailles et de belles rencontres. Comme les gens de Music 4 Cancer, qui tenaient un petit stand en face de l’église où Guttermouth est venu faire un spectacle surprise, devant une poignée de spectateurs. Du ben bon monde, qui se donnent pour une belle cause, et qui montent un pas pire festival à Ste-Thérèse.

J'y ai aussi découvert Uncivilized, groupe de Granby sorti de nulle part que le monde de Music 4 cancer ne connaissait même pas, mais qui s’est retrouvé sur cette scène (dans les faits, sur le gazon) par une suite de hasards. Un groupe qui mérite d’être découvert !

Le groupe Uncivilized se produisant sur le gazon devant le parvis de Léglise, avec la bannière de Music 4 Cancer en arrière-plan.

Le groupe Uncivilized se produisant sur la « scène » de Music 4 Cancer

Blackvoid et amis, devant le Westfalia qui leur a servi de campement pour la fin de semaine.

Autre belle trouvaille : le groupe Blackvoid, que je n’ai malheureusement pu voir sur scène, mais qui a eu l’amabilité d’établir son campement à côté du mien, ce qui m’a permis de tout de même les découvrir. Le groupe, qui revient d’une tournée au Mexique, faisait partie des rares groupes à peu près inconnus à se produire sur une scène du Rockfest.

Et c’est peut-être la seule chose qui manque un peu au Rockfest : un peu plus de groupes peu connus, question de faire quelques belles découvertes. Parce que oui, la plupart des gens y vont d’abord et avant tout pour voir les têtes d’affiche, mais c’est un beau bonus quand on peut faire quelques trouvailles au passage.

Fat Mike, chanteur de Nofx, vêtu d'une robe, sur scène au Rockfest

Fat Mike (NOFX), comme à la maison au Rockfest.

Et des têtes d’affiches!

Enfin, en parlant des têtes d’affiche – parce que c’est beaucoup ça le Rockfest – voici rapidement quelques mentions en rafale :

  • Billy Talent : une des principales têtes d’affiche canadienne. Toujours très efficace en spectacle. Cette fois ne faisait pas exception. Idem pour Sum 41, l’autre grosse tête d’affiche canadienne.
  • NOFX : Montebello est pratiquement rendu une 2e maison pour le groupe punk californien, et ça paraît. L’intégrale de Punk in drublic, c’était vraiment cool ! Dans le même genre de concept, Lagwagon y a aussi été avec l’intégrale de Hoss. Un autre spectacle apprécié.
  • Rise Against : prestation énergique et généreuse.
  • Lamb of god : à l’origine du plus gros circle pit qu’il m’a été donné de voir !
  • Korn, Millencolin, Limp Bizkit, Ice Cube, etc. En fait, la majorité des artistes ont offert des prestations à peu près irréprochables.
  • Blink-182 : Ma déception du festival. Bon, mais on aurait pu espérer mieux. Plus de conviction et d’échange avec la foule auraient été appréciés. Et aussi bon que puisse être Matt Skiba, c’est pas Tom DeLonge. Mais les fans ont quand même apprécié !
Chanteur de Limp Bizkit, faisant un doigt d'honneur à la foule, sur la scène du Rockfest

Limp Bizkit, une des têtes d'affiche du Rockfest.