PyPy : Du pain et des jeux

Photo du groupe PyPy

On jase tarte, musique et autres sujets non-consensuels avec Simon, Roy et Annie-C de PyPy.

Dans le local de pratique de Duchess Says, Roy (Vucino, des gloires de CPC Gangbangs et Red Mass) est après raconter la tournure brune du dernier show de Red Mass dans un loft il y a quelques jours à Simon et Annie-C (de Duchess Says). C’est que les membres de PyPy (manque Phil, aussi de Duchess Says itou) ne se voient pas souvent, et encore moins pour pratiquer. Pagan Day, leur premier album à paraître sous Slovenly le 11 février, a été enregistré à l’automne 2012 dans le but d’archiver 7 tounes et de ne plus avoir à les jouer live. Lesdites ont été répétées un tout petit peu avant l’enregistrement, mais pas trop, pour conserver un côté spontané, et, depuis, à part quelques concerts çà et là, l’über-quatuor psych-punk a à peu près, voire jamais pratiqué.

BRBR : L’album a été enregistré à l’automne 2012, y a jamais été question de retoucher aux pièces une fois que ça a été fini? Pourquoi ça a pris autant de temps avant que le disque sorte?
Simon : On a tapé ça live, on a gardé deux outtakes pour la compilation FORCHRISTSAKE, pis c’était ça. Ça a pris du temps parce qu’on est occupés ailleurs, nous autres on entre en studio pour le troisième album de Duchess Says, Roy est sur le bord de sortir le premier album de Red Mass…
Roy
 : Ça a niaisé avec le artwork.
Simon : En fait au début on se demandait si on le sortait indé ou si on faisait affaire avec un petit label français, ça a niaisé pendant un bon 3, 4 mois. Finalement Slovenly est arrivé dans le décor…
Annie-C : Slovenly qui est plus un label de rock n’ roll traditionnel, pis l’idée qu’on avait pour la pochette, les deux π en pierre dessinés par Elzo (NDLR : à qui on doit aussi les pochettes de Carrion Crawler / The Dream de Thee Oh Sees et Psycho Tropical Berlin de La Femme), ils trouvaient pas ça assez fucké, pas assez trash, ils voyaient pas le lien avec notre musique.
Roy : « Ouin vous voulez pas prendre une photo de vous autres en avant d’un mur de briques à la place? »
Annie-C : Pis finalement tout le monde capote, tout le monde est content que l’esthétique de la pochette diverge du traditionnel coat de cuir.
Roy : Pis ils sont vraiment cool, c’est le meilleur label avec lequel on a dealé, ils s’occupent de la presse, ils nous ont avancé de l’argent pour nos permis de travail.

Des permis de travail pour aller jouer aux USA en toute légalité = pas pire organisés. Pour l’instant, seulement trois dates prévues, pour taper le terrain dans le but d’y retourner, rapport que le spectacle demeure l’essentielle dimension du groupe.

BRBR : Est-ce que vous abordez les concerts de PyPy différemment de ceux de vos autres projets?
Roy : C’est plus léger. C’est pas grave si on essaie quelque chose pis que ça marche pas, tant qu’on trouve ça drôle.
Simon : On le fait de façon éphémère à chaque fois, comme si on allait jamais se réécouter.
BRBR : C’est une façon de dire que vous pratiquez surtout pendant vos concerts?
Annie-C : On va pratiquer mettons deux fois avant un concert, la première fois on va être stressés parce qu’on sera pas super bons, fait qu’on va s’imposer des concepts à la botch pour palier aux tounes live…
Roy : Mais ça fait des concepts à la botch dans des tounes qu’on a pas pratiquées depuis 9 mois. Une fois pendant un show au Off de Québec, il y avait 400-500 personnes, pis je me rendais pas compte que je jouais pas la même toune que le reste du band. Annie-C chantait She’s Gone, moi je jouais Pagan Day.
Simon : Les tounes, on les a composées en jammant, pis elles doivent garder cette fraîcheur-là. Si on les pratique trop ça marchera plus.
Roy : Y a beaucoup de textes et de structures qui se sont concrétisés dans le studio, juste avant qu’on enregistre.
Simon : Moi, c’est un peu classique, mais ce qui m’a donné envie de jouer de la musique dans la vie, c’est quand j’ai entendu des bands qui étaient pas super tight,  pis que je me suis dit que moi aussi je pouvais le faire.
Annie-C : Un peu comme Beat Happening, c’est tout croche, enregistré sur le bord d’une table, mais j’écoute ça tout le temps.

Pagan Day, il est vrai, il a été dit, a le croche ben enligné, et sonne jammé, imprévu et accidentel, autant que prodigue, récréatif et fuck pas consensuel. Des adjectifs rares d’une ère à toujours 100 fois sur le métier remettre son ouvrage, qui rendent l’album à la fois désorientant et cohérent dans sa poursuite méandrique, parce que fait d’un même souffle - ou d’un même spasme, c’est selon.

BRBR : Si on étudie la graphie et la prononciation d’interprétation libre du nom du band, ça rejoint les cercles avec le pi (π) et la tarte avec « pie », des tartes c’est rond, toi Annie-C tu fais des tartes? T’es bonne?
Annie-C : Ben je suis pas si pire, ça dépend des sortes. J’aime ben faire chocolat blanc et framboises, pomme et gingembre, à la citrouille pour l’Halloween…
BRBR : La tarte c’est important dans le groupe?
Annie-C : Le plus souvent possible.
BRBR : Pour conclure, une question à choix multiples : du pain et des jeux, des si et des raies, ou de la marde pis des patates?
Roy : Du pain et des jeux.
Annie-C : Parce qu’on s’amuse.
Roy : Notre premier CD-R s’appelait KK.

Et c’est là que nous déterminâmes que toute était dans toute.

PyPy lancera Pagan Day le 14 février au Cercle à Québec, le 15 février au TRH Bar à Montréal, le 21 février au Silver Dollar à Toronto et le 22 février au Gabba Hey à Ottawa.