FrancoFête en Acadie : cinq tendances à suivre en 2017

Pour la première fois, le Tintin des Maritimes de BRBR s'est rendu à la FrancoFête en Acadie, un événement annuel de vitrines et de réseautage en français, qui se déroule à Moncton. Plutôt que de vous offrir un compte-rendu de chacune des dizaines de performances, l'heure est plutôt aux prédictions. Voici donc cinq tendances notées lors de cette dernière édition, à suivre en 2017.

Photo de couverture : Vincent Appelby - Toutes les photos sont de l'auteur et son téléphone intelligent.

5. La formule duo

Il s'en est fait des duos qui se sont fait remarquer à travers les ans : Adam et Ève, Ding et Dong, KFC et Taco Bell. Selon les nombreuses vitrines de la FrancoFête, cette formule convient bien à de nombreux artistes, dont le folk intime de Saratoga, tel un baume sur les cœurs brisés des uns et une grosse colle pour les autres, rassemblés dans le Théâtre Capitol de Moncton.

Un peu plus tard, le Montréalais Vincent Appelby a troqué les arrangements d'En Éveil, son premier disque, pour le caractère immédiat du two-piece guitare et batterie, meublé par un savant jeu de guitare et les harmonies de son batteur. Ce dernier repart de Moncton avec le titre d'une des plus belles découvertes effectuées par l'auteur de ces lignes.

4. À l'extérieur du circuit officiel

Il y avait des longueurs, voire quelques malaises dans le circuit officiel des vitrines. En se tournant plutôt vers les Aft'heures du Grenier Musique, le public a eu droit à une solide programmation, où les Mathieu Bérubé, Chassepareil, Menoncle Jason et autres Simon Daniel sont ressortis du lot. Le tout dans un Plan B rempli à pleine capacité.

(NDLR : aux fins de transparence, l'auteur de ces lignes a participé à une vitrine lors des Aft'heures du Grenier Musique)

3. Les collaborations

Joseph Edgar avec Les Païens, Saratoga avec Tire Le Coyote, Arthur Comeau avec George Belliveau — amenez-en des features ! En plus d'offrir une bonne dose de spontanéité, certaines de ces collaborations permettent d'ouvrir de nouvelles avenues créatives en Acadie.

Tire Le Coyote et Saratoga ensemble sur scène.

Tire le Saratoga, à la FrancoFête.

2. Les reprises

Pourquoi se priver du plaisir primaire du classique rock, yinque parce qu'on chante en français ? C'est ce qu'a compris Raton Loveur qui a inséré le riff de Jessica des Allman Brothers dans sa vitrine au Plan B. La palme de la meilleure utilisation de cette technique revient toutefois à Bleu Jeans Bleu qui en plus d'avoir traduit Pretty Woman en Beau Brin de Femme, profite de la FrancoFête pour y aller d'une réinterprétation du solo de Nothing Else Matters de Metallica, sortie tout droit de nul part. Je suis preneur.

Bleu Jeans Bleu sur la scène de la FrancoFête.

Bleu Jeans Bleu à la FrancoFête, vulnérable comme un bébé chat, émotif comme Metallica

1. Une crise du spectacle ? Plutôt une crise de l'approche

Les Païens en lancement de disque, sur scène devant leur public venu en masse.

Les Païens en lancement de disque devant des centaines de personnes.

Bien qu'il fut parfois difficile de s'y retrouver dans l'horaire lorsqu'il est question d'accessibilité pour le grand public, on ne peut que souhaiter que la popularité de certains événements, comme les Aft'heures ou le lancement du plus récent album des Païens dans un centre Aberdeen rempli de bord en bord, se poursuive l'an prochain.

L'absence des spectateurs est un sujet d'actualité en Acadie et la réponse à cette question ne sera pas trouvée du jour au lendemain. Visiblement, le public trippe sur les grands événements comme le lancement des Païens, où tout le grand Moncton, ou presque, fut présent. Pour la suite des choses, il est à se demander s'il serait plus efficace d'adapter nos propositions musicales pour de plus petites salles, où le public bénéficie de la proximité, tandis que l'artiste évite de jouer devant plus de sièges que de spectateurs.

La FrancoFête en Acadie n'offrira pas de solution immédiate, mais plutôt certaine pistes à suivre de près. À titre d'exemple, avec son nouveau matériel fait sur mesure pour les planchers de danse du Nouveau-Brunswick, George Belliveau n'aura aucune difficulté à remplir les salles de la province. Par contre, on peut se demander quelle place reste-t-il pour les artistes qui donnent dans la chanson, moins axée sur le caractère grand public. Il manque sûrement dans la région quelques endroits où jouer devant un public attentif, sans avoir à faire appel aux grands auditoriums. Autres absents de cette réflexion, à quelques exceptions : des groupes francophones qui arrivent à jouer assez fort pour enterrer les plus bavards (l'auteur de ces lignes en est parfois coupable), mais aussi, se faire remarquer de l'extérieur.