FME Jour 2

Seconde soirée au FME, second marathon de spectacles. Les pieds sont un peu plus morts qu'hier, mais certainement moins que demain! Compte-rendu d'une soirée musicale plus douce et riche en belles découvertes.

Premier round : Antoine Corriveau

Corriveau au FME

Ça faisait très longtemps que j'avais envie de voir Antoine Corriveau en show. Alors, après avoir discuté avec lui pour la série « Dans les écouteurs de... », question de connaître ses écoutes musicales, il fallait bien que je remédie au fait de ne jamais avoir assisté à un de ses shows. Chose promise (à moi-même), chose due. Je me suis donc rendue à la Scène Évolu-Son – avec hâte, il faut le dire – pour savoir ce que nous réservait le monsieur en question. Accompagné de ses musiciens, dont la talentueuse Julie Blanche, Corriveau a offert une prestation sensible et prenante. La voix rauque (qui nous fera souvent penser à Daniel Lavoie), le regard intense, avec des échanges sympathiques avec le public cassant un peu ce côté justement un peu ténébreux, Antoine Corriveau a réussi un heureux mélange entre présence scénique - juste assez dense - et moments plus relaxes, même rigolos. Un excellent show porté par un artiste de talent que la foule, attentive, a vraiment apprécié. Si vous n'avez pas encore écouté son plus récent disque, n'attendez surtout pas; c'est de la beauté pure.

Second round : Bernhari

Bernhari au FME

Il faut le dire: le projet en question en a fait parler plus d'un, particulièrement après l'écoute de leur album, disponible pendant une semaine sur le site de la radio CISM-FM. Pour connaître l'histoire complète de ce projet, je vous invite à lire mon collègue Benoit sur notre blogue (http://www7.tfo.org/brbr/bernhari/). Pour faire vite, disons qu'on a ce gars, Alexandre Bernhari, qui a su bien s'entourer (d'Emmanuel Éthier, le mec derrière le plus récent album de Jimmy Hunt, entre autres) et qui a ainsi lancé cet album concept à propos de la grève étudiante de 2012. Qu'est-ce que ça donne en show? Le public du Cabaret de la dernière chance a pu voir une prestation assez grandiloquente - imaginez un cheval lancé au grand galop, sans jamais de pauses ou presque! C'est assez écorché vif, très senti et, disons-le, il y a un certain côté pompeux. Mais ça sonne bien, et si on embarque dans ce trip musical, on sort de là avec quelques émotions. Il faut aimer l'accent pointu à la française, un peu forcé, et les poètes tourmentés, sachez-le. La question qu'on se posera ensuite? Dans quelle lignée poursuivra Berhnari après ce concept musical qu'il s'est lui-même accolé? Je suis très curieuse de savoir comment le projet se poursuivra. En passant, on ne remercie pas la petite gang dans le fond du bar qui se comptait sa fin de semaine à venir en hurlant par-dessus le groupe. Fermez la!

Troisième round : Blood And Glass

Blood and Glass au FME

On m'avait dit le plus grand bien de ce groupe dream pop/goth rock de Montréal. Et, effectivement, ils ont offert un sacré bon show. Les premières minutes semblaient légèrement ésotériques, avec la lecture d'un poème relatant la peine d'un enfant qui perd son arbre, dans la cour, au profit d'un stationnement (j'ai roulé des yeux, je vous l'avoue); mais les pièces se sont enchaînées, les membres du groupe montraient une passion manifeste, et c'était franchement beau. Si vous aimez les univers à la Niki and the Dove ou encore Fever Ray, vous serez comblés. C'est bien foutu, vaporeux et introspectif à souhait; bref, c'est à suivre. Dans l'Agora des arts en tous cas, ça en redemandait.

Quatrième round : The Feather

The Feather au FME

J'avais également eu vent de ce groupe belge qui s'est franchement bien défendu dans l'atmosphère particulière qu'avait créé le groupe précédent. Le band en question propose une élégante indie pop qui fait penser à celle de Sufjan Stevens : c'est tout plein de jolis motifs répétés, c'est fourmillant, rempli d'instruments qui nous donnent l'impression de tourbillonner autour de nous, et c'est fort joli. Les harmonies vocales sont véritablement poignantes. La salle criait son bonheur devant ces musiciens vraisemblablement touchés par cet accueil chaleureux. Il faut dire que le public du FME est particulièrement sensible et à l'écoute. Et c'est là toute sa magie.

Une surprise!

foule placard au FME

L'application mobile du FME, cet outil indispensable pour tout festivalier aguerri (notons au passage que le public ne manquait qu'une chose : un plan du site!), nous a avisé que Dany Placard allait offrir une prestation pour La Fabrique Culturelle. C'est donc une petite foule compacte qui s'est amassée près des grandes lettres blanches du FME pour voir le monsieur en question, souriant, guitare à la main et, sans micro ni rien, faire une chanson pour la caméra. Court, mais fort sympathique.

Cinquième round : Fontarabie

fontarabie au FME

Il faut le dire, on commençait à sentir que la chaleur intense de l'Agora des arts et la fatigue accumulée (ajoutons-y la pluie qui commençait, doucement) affaiblissait légèrement l'énergie des festivaliers. Mais le rendez-vous avec Fontarabie redonnait l'aplomb nécessaire à la poursuite de cette soirée; c'est donc une foule un peu fatiguée mais les yeux brillants qui a accueilli ce projet si singulier qui, live, sonne extrêmement bien. Malgré ce que Julien Mineau me racontait dans l'après-midi dans une entrevue, le stress qu'il disait ressentir ne transparaissait pas sur scène (le gars a quand même dix ans de shows dans le corps), bien qu'on sentait une certaine fébrilité. Dans la salle bondée, le monde particulier et très narratif de Fontarabie permettait à chacun de se faire son propre film, sa propre histoire. Un beau moment qu'il sera possible de revivre lors de trois spectacles montréalais qui seront bientôt annoncés.

Une autre surprise!

gingras placard au FME

Message sur le téléphone : Louis-Philippe Gingras fait un show impromptu! Après la moiteur de la salle et l'introspection inspirée par le projet musical de Mineau, l'air frais et le ton si sympa de Gingras ET Placard qui l'accompagnait, a fait du bien. Cassure efficace, c'est encore une fois le propre du FME de nous balader d'un monde musical à un autre - ça fonctionne trop bien pour nous tenir constamment aux aguets - en nous laissant ouverts à toutes les possibilités. Et c'est merveilleux! Malgré la pluie qui se faisait plus dense, ça buvait, mangeait et écoutait avec plaisir, sous les parapluies du centre névralgique du festival.

La soirée était loin de se terminer et il y avait du choix en masse, pour tous les goûts : Mark Sultan, Red Mass, Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra, Les 222, Oktuplut et The Vibrators.

Aujourd'hui, les shows à surveiller (bien que tout soit à recommander, parce que la programmation est fort solide et variée) : Mozart's Sister, Propofol, Benoit Paradis Trio, Secret Sun, Philémon Cimon, Eman X Vlooper, Arthur H, The Posterz, Les Deuxluxes, Le Trouble, PyPy, Millimetrik, The Hacker.

C'est la plus longue journée du FME, alors on prend de l'énergie, on respire et... on y va. GO!