FEQ 2016 : 11 concerts pour 11 soirs

Du 7 au 17 juillet, Québec sera l’hôte d’un marathon de musique, un festival ultra diversifié en styles programmé pour plaire à peu près tout le monde. On a épluché la brochure pour vous livrer nos suggestions toutes BRBRiennes : une sélection toute exclusivement canadienne avec un petit parti prix pour les artistes locaux.

Photos de couverture : Rednext Level et Safia Nolin. Crédits, respectivement : Emilie Mercier et Le Petit Russe.

Jour 1 : Francesco Yates

Le Torontois marche dans les pas de Justin Timberlake et patauge même dans les eaux de Michael Jackson avec sa façon de chanter si sirupeusement haute perchée, une voix parfaite pour le R&B. C'est la carte qu'il joue, et sans demi-mesure, sur son premier EP fort prometteur et sorti l'automne dernier. Des chansons qu'il viendra présenter pour la toute première fois à Québec.

Gros bonus : il fait partie d'un triple plateau de pop pure, pris en sandwich entre la chanteuse et productrice Laurence Nerbonne ainsi que Karim Ouellet. Dès 19h au Parc de la Francophonie ou, comme les vieux disent encore, Le Pigeonnier.

Jour 2 : Pierre Kwenders

Un an après avoir remporté le prix Espoir FEQ, récompense remise à un artiste montant par un comité de pros du showbizz, le dernier empereur bantou embrasera assurément la Place D'Youville dès 22h avec sa musique métissée. Un mélange très riche de rumba congolaise, en hommage à ses racines, mais aussi d'électro et de hip-hop.

Jour 3 : Safia Nolin

Les chansons de Safia Nolin sont tristes, soit, mais l'ex Limouloise (c'est une référence au titre de son premier album) meuble ses performances de blagues aigres-douces qui détendent l'atmosphère. Toujours solide malgré ses quelques maladresses à la guitare, l'auteure-compositrice-interprète livre ses déchirantes chansons avec une rare intensité et on fait vite de s'attacher à une fille si honnête et si vraie.

Après avoir été de toutes les tribunes médiatiques, la révélation folk des deux dernières années mettra la table pour le Suédois The Tallest Man on Earth. Un honneur qui lui revient pleinement.

Jour 4 : Harfang

Incontournable de la scène locale depuis la sortie de leur premier EP au tout début de 2014, ce quintette folk rock gagne à être connu des fans de Patrick Watson et Half Moon Run. Une musique aérienne et dans l'air du temps livré par des musiciens chevronnés (certains ont même un projet jazz !) et un chanteur, Samuel Wagner, doté d'une voix réellement angélique. En 5 à 7 à l'Anti.

Jour 5 : Millimetrik

Pascal Asselin est un magicien. Avec Fog Dreams, son plus récent album sorti au début du printemps, le beatmaker de St-Sauveur nous plonge dans un monde onirique et sensuel. Peut-être le meilleur disque de ce pilier de la scène d'ici qui crée du beau depuis plus d'une décennie déjà.

Il ouvrira le bal à 19h45 pour les "trappeurs" de Keys N Krate, une soirée électro construite en crescendo.

Jour 6 : Half Moon Run

Après avoir éblouit pas mal tout le monde sur cette même scène en première partie de Metric il y a quatre ans, voilà que les Montréalais d'Half Moon Run tiennent (finalement !) le haut de l'affiche. Un concert qui, on le souhaite, témoignera de leur riche expérience gagnée aux quatre coins du monde ces dernières années.

Avant eux : Jesse Mac Cormack et Foreign Diplomats.

Jour 7 : Anatole

Si vous n'aviez qu'un seul artiste à connaitre à Québec, et en ce moment, ce serait le glamourissime et polyvalent Alexandre Martel. Déjà bien connu pour son travail de parolier, compositeur et chanteur au sein de l'excellent groupe Mauves, le musicien est sorti de sa zone de confort sous le pseudonyme d'Anatole. Un personnage théâtral inspiré par Bowie et Prince qui se pare de costumes extravagants pour déstabiliser les mélomanes en livrant ses pièces électro pop volontairement surannées. Le genre de performance qui ne laisse personne indifférent !

À l’Anti, et en mode « after-party », vers 22h.

Jour 8 : Tire le coyote

Benoit Pinette alias Tire le coyote, un autre incontournable Labeaumien, sort du lot avec son country folk doux et virile à la fois, un contraste fort qu’il cultive depuis des années. Sa voix chevrotante transperce les cœurs et les panse à la fois.

Il assurera la première partie de The Decemberist au Parc de la Francophonie, ou le Pigeonnier, à 20h.

Jour 9 : King Abid

Super-vedette en Tunisie, son pays d’origine, Heythem Tlili donne dans le dancehall inorthodoxe en y intégrant des éléments raï, hip-hop et tounsi. Gars de gang devant l’Éternel, il s’est entouré d’une série de collaborateurs triés sur le volet pour son premier album sorti cet hiver : Karim Ouellet, Poirier, Eman et Boogat. Reste à voir si ses bons chums, presque tous natifs de Québec, se joindront à lui pour ce concert qui débutera à 19h au Parc de la Francophonie.

Jour 10 : Philippe Brach

Héro de l’impro et esprit fantasque, Philippe Bouchard dit Brach ne donne jamais le même concert deux fois. Exit la cassette ! Parolier inspiré et guitariste solide, il allie sa répartie légendaire à un talent musical réel, à faire pâlir d’envie ses collègues du folk contemporain québécois. À Place d’Youville dès, et c’est très précis, 21h10.

Jour 11 : Rednext Level

Sortez vos kits de motocross ! Maybe Watson et Robert Nelson jouent aux amateurs de moteurs vêtus de leurs costumes savamment étudiés, exercice de style motté qui sied bien à leur « musique pour la classe moyenne ». Des textes tordants enrobés dans les beats réellement irrésistibles de Tork. On va danser à l’Impérial dès 23h.