Anique Granger et Melanie Brulée : Une relation musicale à long terme

Faire des kilomètres en voiture ? Ça ne fait pas peur à la Fransaskoise Anique Granger et la Franco-Ontarienne Melanie Brulée. Dès le 11 novembre, elles sillonneront les routes de l’Alberta. Elles vont se produire dans les maisons des gens dans le cadre de la tournée anglophone de Chemin chez nous. Un couple musical qui dure depuis trois ans.

En 2013, Anique Granger avait comme projet de faire seule la tournée des bars du Canada. Elle s’est vite rendu compte que son idée n’était pas réaliste : son répertoire ne comprenait pas assez de chansons dans les deux langues officielles pour bâtir un spectacle bilingue. Aussi, elle cherchait quelqu’un avec qui elle pouvait séparer les coûts. C’est à ce moment qu’elle a fait la rencontre de la Franco-Ontarienne Melanie Brulée. Ça a été un coup de foudre professionnel.

« On ne s’était jamais rencontrées avant, se souvient, Anique Granger. On s’est parlé 10 minutes au téléphone et on a su que ça cliquait. On a même booké 15 spectacles avant de se rencontrer ! » La tournée aura confirmé leur instinct. « Ça a fonctionné. Pourtant, nous avons des personnalités très différentes. Je suis plus posée alors que Mel est extravertie. Mais musicalement on se complète. » En spectacle, chacune joue ses chansons accompagnée de l'autre.

Après leur première tournée ensemble, elles ont continué à collaborer. Melanie Brulée voulait écrire un album en français. Anique Granger a tout de suite mis la main à la pâte. Selon cette dernière, la chanson À l’antidote du doute est celle qui représente le mieux leur travail à deux.

Une tendance ?

Les tournées conjointes ne sont pas rares dans la francophonie canadienne. Récemment Alexis Normand et Ariane Mahryke-Lemire ont fait la tournée de l’Ouest, même chose pour Ponteix et Rayannah. « Je pense qu’il y a de plus en plus un esprit de collaboration entre les jeunes artistes, constate Anique Granger. C’est certain que financièrement ça aide. Les gens sortent de moins en moins de chez eux pour voir des spectacles. Ça aide beaucoup de pouvoir séparer les coûts. »

Elle observe aussi que les artistes francophones hors-Québec ont de plus en plus tendance à aller vers les anglophones. « C’est un avantage pour les artistes, mais aussi pour les anglophones. Il ne faut pas sous-estimer la capacité d’ouverture des gens. L’important, c’est de leur parler, de leur expliquer nos chansons, de leur décrire ce qu’on a voulu dire. Il faut leur donner des indices. »

Home routes

Donner des pistes de compréhension, c’est ce qu’elle tentera de faire dans les foyers albertains. Elle participe pour la première fois à l’équivalent anglophone de Chemin chez nous. Le concept veut que des particuliers accueillent des artistes dans leur maison. Ceux-ci invitent des amis ou connaissances pour assister au concert qui se déroule dans une pièce du foyer. Le montant recueilli est redonné aux artistes.

« J’ai fait tous les circuits francophones dans l’Ouest. J’adore cette formule. Tu vois la réaction des gens de proche. Je me rappelle lors d’un spectacle, il y avait un homme dans le fond de la pièce. Il avait les yeux fermés. Au début, je pensais qu’il dormait, qu’il n’appréciait pas le spectacle. Quand j’ai terminé de jouer, il est venu me voir pour me parler des paroles de mes chansons. J’ai compris qu’il ne me trouvait pas ennuyante, mais plutôt qu’il captait tout. »

Après sa tournée en Alberta, Anique Granger s'en ira une semaine à Saskatoon pour fêter Noël hâtivement avec sa famille. Puis, elle retournera au Québec, où elle habite maintenant, pour se plonger dans d’autres chansons. 2017 sera une année d’écriture pour elle, mais il est encore trop tôt pour en parler.