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Université franco-ontarienne: petite ouverture de Meilleur

OTTAWA – Les étudiants francophones en Ontario n’auront probablement pas leur université avant 2018, mais Madeleine Meilleur a montré une ouverture, samedi 13 juin.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @SebPierroz

«Il y aura une université franco-ontarienne quand les finances de l’Ontario le permettront», a déclaré la ministre déléguée aux Affaires francophones, devant la cinquantaine de participants réunis pour l’ouverture de l’Université d’été sur la francophonie des Amériques, à l’Université d’Ottawa (U d’O).

Une phrase à première vue anodine, mais qui marque une approche nouvelle dans le discours de Mme Meilleur. Jusque-là, la députée d’Ottawa-Vanier s’était le plus souvent cantonnée mordicus à un soutien financier aux programmes en français dans le Centre-Sud-Ouest de l’Ontario.

«En 2013, c’est vrai que ce n’était pas une priorité», reconnaît la ministre en entrevue pour #ONfr. «On ne peut pas faire une université si nous n’avons pas d’argent. Par contre si nous parvenons à nous rapprocher de l’équilibre budgétaire, c’est envisageable.»

Et pour cause, la province entrevoit un léger mieux avec un déficit budgétaire de 8,5 milliards $ pour l’exercice 2015-2016. Le clan libéral dit toujours garder le cap sur le déficit zéro d’ici 2018.

Sans citer de date précise, Madeleine Meilleur admet n’avoir toujours pas de préférence «sur la forme» que prendrait alors l’université franco-ontarienne.

Le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), lequel avait pressé le gouvernement à donner naissance à un établissement de la sorte, le 10 février, a réagi de façon prudente à la déclaration de la ministre déléguée.

«Les propos de la ministre sont positifs, dans la mesure où elle réaffirme la légitimité et la nécessité du projet pour l’avenir de l’Ontario français», a fait part la coprésidente de l’organisme, Geneviève Latour, dans un échange de courriels.

«Cela étant, si le projet va aboutir, il faut que le gouvernement agisse maintenant pour mettre en place un conseil des gouverneurs transitoire qui pourra, avec des représentants de la communauté et des experts du monde universitaire, proposer un plan de mise en œuvre de l’établissement, qui pourrait prendre quelques années.»

Pour Denis Vaillancourt, présent lors de l’allocution de Mme Meilleur, il s’agissait avant tout d’un message «clair» et d’une «ouverture».

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) note un changement de ton de la part de Queen’s Park sur le dossier: «Après les États généraux de la francophonie en 2012, leurs intentions étaient encore très timides». M. Vaillancourt reste malgré tout sceptique sur la capacité de l’université franco-ontarienne de prendre forme avant 2018.

 

Partisanerie de Dion

La petite phrase de Madeleine Meilleur a du coup presque éclipsé l’attention à son «collègue» libéral Stéphane Dion venu prononcer la conférence d’ouverture des sept jours du sommet.

Pendant une heure, le porte-parole de son parti pour les Langues officielles à la Chambre des communes a parlé de l’état du bilinguisme au Canada… mais surtout du bilan du gouvernement de Stephen Harper en termes de francophonie.

Chiffres à l’appui, M. Dion a dénoncé pêle-mêle la «fumisterie» du contenu de la Feuille de route proposée par les conservateurs, et l’incapacité du même gouvernement à atteindre la cible de 4,4% d’immigration francophone hors Québec.

Outre Mme Meilleur et M. Dion, le ministre québécois des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier, ainsi que le professeur et ancien ministre Benoit Pelletier, étaient présents pour le premier jour de l’événement.

Jusqu’à vendredi 19 juin, l’U d’O accueillera une série de conférences organisée en collaboration avec la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’expression française en Amérique du Nord de l’Université Laval.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org