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Université franco-ontarienne: les membres du comité sont connus

TORONTO – Le projet d’une université franco-ontarienne connaît une autre étape. Dévoilé en septembre, le conseil de planification devant à long terme assurer les étapes futures de la réalisation de l’édifice connaît désormais tous ses membres.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Frédéric Dimanche, Yollande Dweme Pitta,  Léonie Tchatat, Normand Labrie, Fété Kimpiobi et Glenn O’Farrell, siégeront sur ce comité présidé par Dyane Adam. Le gouvernement de l’Ontario en a fait l’annonce, lundi 28 novembre.

L’ancienne commissaire aux langues officielles du Canada, de 1999 à 2006, avait été nommée il y a deux mois à la tête de ce conseil de planification.

D’une durée de six mois, ce groupe déposera un rapport au gouvernement à l’été 2017.

En juin dernier, le gouvernement libéral de Kathleen Wynne avait pour la première fois ouvert concrètement la porte à une université de langue française, après les conclusions d’un comité d’experts. Ce dernier recommandait clairement l’édification d’un campus géré par les francophones et offrant à la clientèle étudiante un milieu de vie en français.

«Notre gouvernement partage avec les étudiants francophones ainsi qu’avec d’autres intervenants l’objectif commun de mieux répondre au besoin croissant en programmes d’éducation postsecondaire en français, en Ontario. Cette nouvelle mesure importante permettra de faciliter l’accès des étudiantes et étudiants francophones à une éducation universitaire en langue française d’excellente qualité», écrit le gouvernement dans le communiqué.

 

Réactions à Queen’s Park

Nathalie Desrosiers, qui a fait son entrée à Queen’s Park lundi à titre de nouvelle députée d’Ottawa-Vanier, affirme que les membres choisis ont l’expérience nécessaire pour piloter ce dossier. «On voit que ça se concrétise. On a 6 membres qui vont aider Mme Adam, ils ont beaucoup d’expérience dans le domaine. On a besoin de l’expertise pour s’assurer qu’il a de bonnes assises», a-t-elle affirmé au terme de la période de questions.

L’absence de représentants de la communauté étudiante n’agace pas la nouvelle élue au sein du comité. «Il y a des gens [du comité] qui connaissent très bien le milieu étudiant et je suis certaine que tout le monde va être entendu», a-t-elle insisté.

Le chef progressiste-conservateur, Patrick Brown, ne voit pas les choses ainsi. «J’ai posé plusieurs questions à ce sujet. Il y a beaucoup de retard : on parle de délais, de délais et de délais. C’est pourtant un dossier important pour la communauté franco-ontarienne», a-t-il affirmé. M. Brown jure que si son parti est élu au pouvoir au prochain scrutin, le projet de l’université francophone sera une priorité.

Le NPD, lui, doute aussi de l’empressement réel du gouvernement à donner vie au projet. «Le gouvernement a commencé avec ce dossier en disant qu’il n’y avait pas de besoin pour un bâtiment. Là, le gouvernement a commencé à faire des étapes en vue de la planification d’une université. Mais quand on voit des retards comme ça, on a des doutes et on se dit que ce n’est pas une priorité», affirme Jagmeet Singh, leader adjoint du NPD.

 

Amertume du RÉFO

Joint par #ONfr, le regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) n’a pas caché sa déception: «C’est clair que pour nous, les étudiants ne devraient pas juste être une arrière-pensée, mais devraient faire partie prenante de la planification de cette université-là vu que c’est vraiment un mouvement de jeunes, d’étudiants qui revendique cette institution-là depuis le départ», laisse entendre le directeur général, Alan Dupuis.

Ce dernier affirme avait fourni une liste au gouvernement de membres potentiels pour faire partie du comité, mais aucune de ces suggestions n’aurait été retenue au final.

«Ça nous déçoit naturellement parce que si l’on veut créer une université de l’avenir qui va répondre aux attentes de la prochaine génération, il faudrait que cette prochaine génération soit à la table.»

(Article écrit avec la collaboration de Jean-François Morissette)

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.