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Université franco-ontarienne: le gouvernement demeure opaque

Des représentants francophones se sont assis avec Marie-France Lalonde et Deb Matthews pour faire débloquer le dossier de l'université franco-ontarienne. Courtoisie: Assemblée de la francophonie de l'Ontario

TORONTO – Pas d’échéancier, pas de budget de démarrage à annoncer… Le gouvernement de Kathleen Wynne est resté opaque devant des acteurs francophones venus à sa rencontre pour exiger la création d’une université franco-ontarienne.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Au terme de deux jours de rencontres avec de nombreux intervenants politiques, les représentants de plusieurs organismes francophones restent sur leur faim.

«Nous avons eu une bonne réception des libéraux, mais sans engagement formel au niveau de la ligne de temps. On aurait aimé en avoir. On s’est fait dire d’attendre le rapport [du conseil de planification]», a confié Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), à l’occasion d’une conférence de presse, le mercredi 3 mai.

L’AFO, ainsi que le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) et la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), espéraient au moins que le gouvernement s’engage à faire l’annonce d’un projet d’université francophone avant la prochaine élection de juin 2018. Encore là, le gouvernement a refusé de se mouiller.

«On a demandé à ce qu’il y ait un engagement avant l’élection. On ne nous l’a pas confirmé. C’est une crainte que ça devienne un enjeu électoral et que ça occasionne encore des délais» – Carol Jolin

Quant au budget de démarrage réclamé d’une seule voix par de nombreux intervenants de la francophonie ontarienne? «Personne ne s’est avancé», a souligné le président de l’AFO.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement Wynne repousse une décision dans le dossier de l’université franco-ontarienne, affirmant d’abord vouloir consulter les conclusions du rapport du conseil de planification mené par Dyane Adam.

 

Affiliation avec l’Université de Hearst?

À l’occasion de leurs rencontres, dont l’une avec Dyane Adam, les acteurs francophones ont fait part de leurs attentes sur le contenu du dit rapport. Ils espèrent qu’il recommandera le déclenchement immédiat des premières étapes menant à la création d’un premier campus à Toronto, un fonds de démarrage substantiel et une stratégie qui permettra une indépendance complète de la future université après 5 ans.

La future institution franco-ontarienne sera affiliée à une autre institution, s’entendent les intervenants francophones. Mais à laquelle? De nombreuses sources ont confirmé à #ONfr que l’Université de Hearst pourrait jouer un rôle clé dans la naissance de l’université franco-ontarienne.

Les acteurs francophones semblent laisser peu de choix au gouvernement. «Nous voulons une affiliation francophone», ont-ils répété, mercredi. Notons que l’Université de Hearst se présente comme la seule université francophone en bonne et due forme dans la province.

«L’affiliation ne doit pas être faite avec une institution anglophone, nous avons vu l’échec du pavillon d’Alfred», a soutenu Yacouba Condé, coprésident du RÉFO. «Nous n’accepterons pas de demi-mesure», a-t-il ajouté concernant l’annonce gouvernementale qui sera éventuellement faite.

Les organismes francophones ont une cible ambitieuse quant à la date de livraison des premiers cours universitaires, soit septembre 2019.

D’autres universités ont été lancées en moins de deux ans, ont soutenu les intervenants francophones, qui vantent aussi les bénéfices des institutions à échelle humaine. «Petit ne veut pas dire de moindre qualité», a fait valoir Alain Dupuis, directeur général du RÉFO, citant en exemple les universités d’Algoma et de Nipissing.

 

Rapport: prêt en juin, rendu public en…

La ministre déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde, voit d’un bon œil la venue des trois organismes francophones à Queen’s Park. Bien qu’elle se réserve de donner quelques détails avant la publication du rapport de l’ancienne commissaire aux langues officielles du Canada, Dyane Adam.

Le rapport doit être remis au gouvernement à la fin du mois de juin, mais la ministre Marie-France Lalonde a laissé entendre que le gouvernement pourrait attendre avant de le rendre public.

«Le rapport sera présenté, il ne faut pas l’oublier, à la ministre (Deb) Matthews, c’est son dossier (…) et la ministre semble indiquer qu’elle serait prête à divulguer le rapport avant les élections prochaines», a indiqué Mme Lalonde.

«On va regarder le rapport et on va en faire la publication en temps et lieu», a-t-elle nuancé par la suite.

La ministre déléguée aux Affaires francophones a ajouté que son gouvernement restait axé sur la transparence et engagé dans le projet d’une université franco-ontarienne.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.