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Une nouvelle route touristique franco-ontarienne

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[EXCLUSIF]

TORONTO – Le grand responsable de la promotion touristique de l’Ontario jure que son organisation travaille d’arrache-pied à développer le marché touristique francophone et confirme la création prochaine d’une nouvelle route touristique franco-ontarienne. Les acteurs de l’industrie doivent s’unir pour faire avancer le projet encore plus rapidement, selon lui.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Ronald Holgerson, président de la Société du Partenariat ontarien de marketing touristique, affirme que son organisme a déjà développé plusieurs outils pour attirer les touristes francophones, mais que davantage sera fait prochainement. Il compte passer de la parole aux actes au printemps avec le dévoilement d’une nouvelle route touristique franco-ontarienne, a-t-il révélé à #ONfr.

Ce trajet s’inspirera du Circuit historique Champlain, mais on devrait aussi y retrouver des points d’intérêts culturels et gastronomiques franco-ontariens.

«On est en train de développer un trajet qui permet de vivre l’expérience francophone d’aujourd’hui. Si on mise sur un circuit basé uniquement sur l’histoire, on rejoindra uniquement des gens intéressés par l’histoire, soit environ 11% des touristes. Si on ajoute des expériences francophones actuelles, on peut rejoindre plus de monde», selon M. Holgerson, qui parle le français.

Son organisation est en train de développer une base de données des principaux festivals francophones, mais aussi des hôtels, commerces et d’autres lieux qui offrent des services en français.

«On travaille avec la carte de Direction Ontario comme modèle et on se demande ce qu’on peut ajouter. Je veux faire des liens entre les festivals, les restaurants et bars, puis les lieux historiques», dit le président de la Société du Partenariat ontarien de marketing touristique.

L’objectif est d’offrir un environnement accueillant pour les touristes de langue française. Le Québec et la France sont parmi les marchés touristiques qui ont le plus de potentiel de croissance pour l’Ontario.

En 2012, 4,2 millions de visites de touristes québécois ont été enregistrées en Ontario, entraînant 790 millions$ en retombées économiques. La même année, 150 000 touristes de France ont visité la province et ont dépensé un total de 104 millions$ lors de leurs séjours. «On mise beaucoup sur ces deux marchés pour atteindre nos objectifs de croissance», souligne M. Holgerson.

Cette route touristique franco-ontarienne sera-t-elle identifiée par une signalétique particulière, par exemple avec des panneaux blanc et vert le long des autoroutes? «Je ne peux rien promettre à ce sujet», répond M. Holgerson.

 

Attirer les Américains?

Le Québec et la France sont les deux principaux marchés francophones de l’Ontario. Mais Ronald Holgerson croit que l’Ontario français a tout ce qu’il faut pour séduire aussi les Américains. Il croit que le caractère français de la province peut séduire bon nombre de touristes des États-Unis

«Nos recherches nous prouvent que les touristes de partout dans le monde voient le Canada comme un pays bilingue et biculturel. Ils veulent un moment avec des francophones. Nous réfléchissons à intégrer une telle expérience dans le parcours en anglais de touristes qui viennent des États-Unis, de la Chine, du Japon ou d’ailleurs», a-t-il indiqué.

Des efforts ont été faits en ce sens, l’an dernier. «Nous avons envoyé 100 000 copies en français de nos dépliants chez les Américains, car on voulait miser sur les francophones qui vivent un peu partout dans le pays, que ça soit en Nouvelles-Orléans, par exemple. Nous avons d’autres plans en ce sens», révèle M. Holgerson.

 

Travailler ensemble

La Société du Partenariat ontarien de marketing touristique fait la promotion des attractions, mais n’a pas pour mandat d’en créer de nouvelles, insiste son président. La disparition de Direction Ontario a créé un vide, admet M. Holgerson«Qui va travailler avec les commerçants? Qui va encourager l’affichage en français?», se questionne-t-il.

La semaine dernière, #ONfr citait deux responsables francophones de l’industrie ontarienne du tourisme qui dénonçait l’absence de plan du gouvernement et de ses partenaires pour stimuler le tourisme francophone. Il renvoie la balle dans leur camp.

«C’est à la communauté francophone de décider qui va remplacer Direction Ontario. On a besoin de leadership de la communauté francophone ontarienne. La communauté doit célébrer son caractère français et devenir aussi visible que possible. Les acteurs doivent aussi se réunir. Moi, je peux les regrouper sur une carte et en faire la promotion, mais ils doivent s’entendre ensemble d’abord», ajoute-t-il.

La nouvelle route touristique franco-ontarienne pourrait s’intégrer au circuit francophone pan-canadien proposé par le maire de Québec, Régis Labeaume. La route ontarienne pourrait cependant aussi voir le jour de manière indépendante, selon M. Holgerson.

Le rapprochement politique entre l’Ontario et le Québec profite à l’industrie du tourisme. Grâce à de nouveaux partenariats, les deux provinces travaillent conjointement sur différents projets pour encourager les touristes à visiter les deux provinces d’un seul coup. «70% des Français qui viennent au Canada visitent le Québec. Je veux avoir une part du gâteau», souligne Ronald Holgerson.

Une grande campagne de publicité sera d’ailleurs lancée en France, prochainement. «Nous allons envelopper avec de la publicité toute une gare de métro de Paris», a-t-il confirmé à #ONfr. La province espère que 5% des touristes en Ontario proviendront de la France, d’ici 2018.

 

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.