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Une marche commémorative pour se souvenir de SOS Montfort

La Marche commémorative au moment du passage devant La Cité. Crédit image: Sébastien Pierroz

[MONTFORT, 20 ANS APRÈS]

OTTAWA – Les festivités ont d’ores et déjà commencé pour le vingtième anniversaire du grand ralliement. Lundi 20 mars, des centaines de jeunes ont participé à une marche commémorative.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Le cortège a démarré du Collège catholique Samuel-Genest (CCSG), une école secondaire dans l’Est d’Ottawa, avant de prendre le chemin de La Cité puis d’arriver à l’Hôpital Montfort.

Parmi les participants: des élèves du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), du Collège La Cité et de Montfort.

Le temps pour certains d’entre eux de répondre aux questions de #ONfr, peu avant le départ. «Le 20e anniversaire nous fait réaliser comment avoir les services en français c’est important», explique Asli Fuad, élève à l’école secondaire Gisèle-Lalonde. «L’évènement d’aujourd’hui nous permet de comprendre l’importance.»

Matthieu Roukoz, un autre élève en dixième année au CCSG l’affirme: «C’est quelque chose de marquant dans la vie, ça fait partie de l’histoire.»

Stéphanie Lalonde de l’école Louis-Riel partage ce constat, mais avec plus de nuances: «Montfort représente beaucoup la langue française et j’ai toujours fait mes activités en français (…) Dans les écoles, on devrait plus parler français, parce qu’il commence à moins être important pour les gens. Les élèves parlent plutôt anglais, ça me fait mal.»

Et de poursuivre: «C’est important de se souvenir car il y’a des nouveaux combats qui vont arriver, et de nous rappeler des vieux, ça peut nous donner des idées.»

Quelque 600 jeunes étaient présents lors de l’événement, a affirmé l’Hôpital Montfort, dans un communiqué envoyé en fin d’après-midi.

 

Panel de discussion

Les activités ne se limitaient pas à cette Marche symbolique. En matinée, un panel historique «SOS Montfort – 20 ans plus tard» s’est tenu dans l’auditorium de l’école.

Aux côtés de l’ancienne porte-parole de SOS Montfort Gisèle Lalonde se trouvait notamment Michelle de Courville Nicol qui, lors des débuts de la crise, était à la tête du conseil d’administration de l’hôpital, l’ancien président du journal Le Droit, Pierre Bergeron, et l’animatrice Ginette Gratton.

Gisèle Lalonde, la plus applaudie par les élèves, n’a comme à son habitude pas mâché ses mots: «C’est pas rien que le bilinguisme à Ottawa qu’il nous faut, on veut avoir le bilinguisme dans la province où il y a le plus de francophones. On est plus nombreux qu’en Acadie et ils l’ont, eux-autres! Pourquoi nous-autres, on ne l’aurait pas!»

Interrogés par les élèves de manière écrite sur l’obligation de services en français, les panélistes ont été unanimes. «Quand on est malade, on est malade en français», a laissé entendre Mme Gratton.

Invitée à dire un mot de la fin devant les élèves, Mme Courville de Nicol n’a pas pu retenir ses larmes: «Il faut être fier de qui vous êtes, fier de votre langue.»

 

Tout au long de la semaine, #ONfr revient sur le vingtième anniversaire du grand ralliement de SOS Montfort. Pour en savoir plus: http://www5.tfo.org/onfr/

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.