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Un projet d’un centre de réfugiés francophones dans l’Est ontarien

Des consultations communautaires sur l'immigration francophone ont eu lieu dans la province.Archives #ONfr

OTTAWA – Atteindre 5 % d’immigration francophone en Ontario, le défi reste de taille. D’après ce qu’a appris #ONfr, la mise en place d’un centre de réfugiés francophones dans l’Est ontarien serait présentement à l’étude.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Le projet préparé par le Réseau de soutien à l’immigration francophone de l’est de l’Ontario serait encore «embryonnaire», mais l’intérêt est là pour Brigitte Duguay Langlais, sa coordonnatrice.

«On est en train de travailler sur quelque chose à présenter au gouvernement (…) C’est sûr qu’on aimerait qu’il (le centre) soit dans l’Est ontarien», fait-elle part à #ONfr.

Mme Duguay Langlais voudrait une structure d’accueil semblable à celle en place à Winnipeg. Depuis 2009, le centre L’Accueil francophone développe un programme spécial d’aide aux réfugiés francophones.

Une entente a été signée entre L’Accueil francophone et Citoyenneté et Immigration Canada (l’ancien Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada) pour permettre ce Programme d’Aide au Réétablissement.

L’arrivée massive de Syriens a depuis fait grimper la demande, obligeant le centre à accueillir des immigrants pas forcément francophones.

Il s’agit là du seul centre du genre disponible pour les francophones en contexte minoritaire.

«Un tel programme représente des services de base sur deux à quatre semaines, comme obtenir une carte santé, un numéro d’assurance sociale, une scolarisation des enfants», estime Mme Duguay Langlais.

Les agents d’établissement viennent alors chercher les immigrants à l’aéroport, et effectuent un suivi avec eux, une fois installés dans leur logement permanent.

Un tel centre d’accueil dans l’Est ontarien pourrait aussi sensibiliser les réfugiés aux bienfaits de l’immigration francophone en Ontario. «Le problème n’est pas l’anglicisation, mais la perte des effectifs», martèle Mme Duguay Langlais.

L’Est ontarien, qui s’étend de la banlieue d’Ottawa jusqu’à la frontière du Québec, en passant par Cornwall, reste marqué par un recul de l’immigration francophone en comparaison à la venue de nouveaux arrivants désireux de vivre en anglais.

En 2011, le rapport Bisson avait tiré la sonnette d’alarme sur le phénomène, sans que de réelles actions ne suivent.

 

Consultations communautaires

Pour le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, un centre de réfugiés pour les francophones représenterait «un pas dans la bonne direction» en Ontario. «Ça serait bien d’en avoir dans les grands centres. Je trouve cela formidable que le Manitoba ait un organisme provincial qui s’occupe de l’intégration des immigrants francophones.»

La référence au centre manitobain revient depuis début décembre, lorsqu’une série de 11 consultations communautaires a débuté à travers la province pour dynamiser l’immigration francophone en Ontario.

La dernière doit avoir lieu à Timmins, ce mardi 31 janvier.

Les recommandations s’ajoutent à celles dévoilées par le groupe d’experts mandaté par le gouvernement provincial, en novembre dernier.

Elles serviront à la rédaction du Livre blanc sur l’immigration francophone qui sera publié par l’AFO en mars prochain, peu avant le sommet sur l’immigration francophone à Moncton, les 30 et 31 mars.

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.