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Un «effort franco-ontarien» pour les Syriens


TORONTO – Les universités et collèges qui offrent des programmes en français en Ontario font un effort concerté pour venir en aide aux réfugiés syriens, alors que leur pays d’origine est déchiré par un conflit qui s’éternise.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Qu’est-ce qui est offert par les établissements d’enseignement?
Entre 14 et 16 Syriens vont pouvoir étudier gratuitement dans un programme universitaire en français dans l’une ou l’autre des neuf établissements de l’Ontario offrant des programmes dans la langue de Molière. Ces institutions ont décidé de défrayer l’ensemble des frais de scolarité et de subsistance de plusieurs réfugiés pour un an ou deux, selon les établissements. «Cela va permettre à ces étudiants qui ont la langue française de s’intégrer et d’avoir accès à une éducation de haute qualité en Ontario», explique Raymond Day, directeur d’Avantage Ontario, qui représente neuf institutions universitaires et collégiales offrant des programmes en français dans la province. Les Syriens sélectionnés devraient pouvoir débuter leurs études lors de la session débutant en septembre.

Comment les étudiants seront-ils choisis?
Les réfugiés qui pourront bénéficier de cette offre sont actuellement en train d’être sélectionnés dans des camps de réfugiés. L’opération est supervisée par Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC). Par la suite, les institutions universitaires ontariennes doivent s’assurer que les candidats répondent aux conditions d’admission. C’est parfois tout un défi, comme le révèle Caroline Renaud du Bureau international de l’Université d’Ottawa. «Plusieurs réfugiés quittent avec rien, donc ils n’ont plus de diplômes. On fait alors preuve de souplesse et acceptons les déclarations sous serment. Les étudiants n’ont pas intérêt à mentir, car l’étudiant se retrouverait dans une situation difficile pendant ses cours par la suite», dit-elle. Raymond Day insiste pour dire que les réfugiés ne seront pas laissés à eux-mêmes une fois au Canada. «C’est un long processus. Une fois que ce choix est fait, les étudiants sont accueillis par les services pour étudiants internationaux», dit-il.

Les réfugiés syriens sont-ils plus favorisés que les autres réfugiés?
«Nous aidons des dizaines de réfugiés de différents pays. Dans ce cas-ci, il y a une demande des organisations internationales pour que nous offrions une aide particulière pour les réfugiés syriens qui font face à une situation catastrophique», explique Mme Renaud. Elle précise que des bourses d’urgence sont offertes pour d’autres étudiants étrangers ou réfugiés qui pourraient avoir besoin d’aide.

Combien ça coûte aux universités?
Le coût varie d’une institution à l’autre. Les droits de scolarité s’élèvent habituellement à quelques milliers de dollars. Il faut ajouter à cela les coûts pour héberger le réfugié, le nourrir et l’habiller. L’Université d’Ottawa a prévu un coût estimé de 32 000$ par réfugié par année. Outre les sommes accordées par l’institution, les étudiants actuels de l’Université font aussi leur part. «Nos étudiants donnent des sous à même leurs droits de scolarité pour financer l’aide aux réfugiés, alors une bonne part vient d’eux!», explique Mme Renaud.

Quels établissements participent à cette initiative?
L’Université d’Ottawa, l’Université Laurentienne, l’Université de Hearst, le collège La Cité, l’Université de Sudbury, le collège Boréal, le Collège universitaire dominicain à Ottawa, l’Université York par l’entremise du Collègue universitaire de Glendon et l’Université Saint-Paul.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.