#Francophonie, #Ontario

Un budget provincial contrasté pour les Franco-Ontariens

Le président de l'AFO, Carol Jolin. Archives #ONfr

TORONTO – Contrairement aux années précédentes, le fait français est bien présent dans le budget 2017-2018 de l’Ontario. Mais le document, dévoilé le jeudi 27 avril, par le gouvernement libéral ne répond pas à toutes les attentes des francophones.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

L’université franco-ontarienne est mentionnée dans le budget, sans pour autant qu’une enveloppe lui soit dédiée. «Le conseil de planification fournira des avis au gouvernement sur le coût et les aspects conceptuels du nouvel établissement afin de permettre à plus d’étudiantes et d’étudiants de poursuivre des études postsecondaires en français», explique sur quelques lignes le document de 302 pages.

Les militants francophones favorables à la création d’une université franco-ontarienne souhaitaient pourtant la mise en place d’un fonds de démarrage de 60 millions de dollars.

«C’est un signal intéressant que le gouvernement a voulu donner, mais on mentionne seulement qu’il existe un comité», regrette le directeur général du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), Alain Dupuis. «On aurait aimé qu’on chiffre cet engagement.»

Un souhait que la ministre déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde, tempère. «On est dans l’attente du rapport du conseil de planification de Dyane Adam (…) Le message dans le budget sur l’université franco-ontarienne est très bon. On est partant, on est prenant, faites-nous confiance.»

Toujours sur la question du postsecondaire, la volonté de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) de relancer l’idée d’une bourse pour étudier en français ne trouve pas écho dans le budget. Silencieux sur les études en français, le document fait davantage la part belle à certaines communautés marquées par le fait francophone.

 

Argent pour la Place des arts de Sudbury

Très attendu, le financement provincial pour la Place des arts de Sudbury devient réalité. L’Ontario versera 3,25 millions de dollars pour soutenir un «ensemble d’installations artistiques à la fine pointe».

Cette somme ne représente qu’une partie de l’enveloppe provinciale espérée. L’autre montant provincial de 5 millions de dollars pourrait être annoncé prochainement sous une autre forme.

Du côté de Kapuskasing, les résidents pourront aussi profiter d’argent neuf dans l’élargissement des routes et le raccordement de leur communauté aux routes principales de la province, incluse dans une enveloppe de 25 millions de dollars.

Le gouvernement s’engage aussi à augmenter ses investissements en santé et dans les centres de santé communautaires. L’un d’eux, situé à Limoges dans l’Est ontarien, offrira des services en français.

 

 Autres enveloppes

«On est satisfait du budget», a laissé entendre le président de l’AFO, Carol Jolin, au micro de #ONfr.

Pour l’organisme porte-parole des francophones en Ontario, le gouvernement a tenu compte de trois de ses préoccupations. À savoir une mention au projet d’université franco-ontarienne, la Place des Arts de Sudbury, et une restauration du financement de base de la Fondation Trillium à hauteur de 115 millions de dollars.

Autres indicateurs favorables: l’Office des affaires francophones (OAF) voit son budget augmenter légèrement, passant de 5,1 millions de dollars à 5,3 millions de dollars. C’est loin cependant des 8 millions de dollars accordés à l’occasion du 400e anniversaire de présence française en Ontario en 2015.

Les aînés francophones pourraient profiter des investissements prévus dans la création de nouveaux centres de vie active. Même si le projet de loi sur le sujet est toujours à l’étude, le gouvernement annonce la création de 40 nouveaux centres de jour pour personnes âgées, d’ici 2019. À quelques heures du budget, la Fédération des aînés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO) exigeait un tel réinvestissement, devant Queen’s Park.

 

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.