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Tourisme durable: la Francophonie se positionne

Plusieurs hôtels sur la planète adoptent les panneaux solaires et des stratégies pour protéger la biodiversité. L'Ontario doit prendre le même chemin, selon le RDÉE Ontario Crédit image: gracieuseté

TORONTO – Positionner la Francophonie ontarienne comme chef de file en matière de tourisme durable, voilà l’un des souhaits du Réseau de développement économique et d’employabilité de l’Ontario (RDÉE), qui organise un grand forum sur la question. Une initiative qui voit le jour en grande partie grâce à l’adhésion de l’Ontario à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Si un événement sur le tourisme durable avait été organisé ailleurs au Canada, la portion en français aurait été petite. Là, on s’assure que la Francophonie est très présente. Et on ouvre la porte aux partenariats dans la Francophonie», souligne Martin Lacelle, directeur du développement économique au RDÉE Ontario.

Ecorismo est un forum qui a vu le jour en France et rassemble des centaines d’acteurs du tourisme. Il misera sur les nouvelles technologies et les meilleures stratégies pour développer l’industrie touristique tout en respectant l’environnement. Les délégués pourront suivre des formations, écouter des experts et des conférences, en plus de découvrir différents produits innovants.

Les nouveaux projets touristiques francophones qui pourraient voir le jour en Ontario et au Canada ont tout intérêt à se distinguer de la compétition en misant sur leur caractère écologique, argue M. Lacelle.

«On vient de lancer la Route Champlain. On est à regarder des solutions pour le bonifier. Oui, on veut faire la promotion du patrimoine culturel de la Francophonie ontarienne, mais on veut aussi aller plus loin et regarder ce qu’on peut faire en matière de développement durable», dit-il.

Dans cette optique, il affirme que la Route pourrait même tenter d’obtenir une certification en matière de tourisme environnemental à court ou moyen terme.

Les spécialistes des énergies vertes et de l’écologie ne parlent pas aux intervenants du tourisme, s’attriste Martin Lacelle. Dans bien des cas, cela mène à des dérives dans le monde du tourisme avec de la pollution, du tourisme de masse et de grandes quantités de déchets. Ecorismo tente de combler le fossé qui existe entre ces différents acteurs.

 

Le tourisme durable pour être plus compétitif

Dans une industrie touristique très compétitive, il y a un intérêt marketing à opter pour des solutions durables, souligne le fondateur et président d’Ecorismo, Philippe François, qui était de passage à Ottawa au cours des derniers jours.

«Par exemple, les établissements hôteliers qui ont une vraie image de protection de l’environnement sont en train de monter en popularité, comparativement à d’autres qui sont à la traîne», dit-il. «Si l’Ontario veut accueillir 10 000 touristes francophones de plus l’an prochain, il doit se positionner contre des destinations comme Dubaï, la Chine,… et des pays d’Europe du Nord, qui ont des certifications environnementales. Alors attention!», poursuit M. François.

Il cite en exemple des régions qui mettent de l’avant le vélo électrique, des hôtels qui misent sur l’énergie solaire et respectent la biodiversité, puis des restaurants qui n’envoient aucun reste alimentaire aux ordures.

Ecorismo a déjà mis en vedette les petites habitations de l’entreprise Histoires de cabanes,
qui utilisent sur du bois non traité et du matériel isolant naturel. (Crédit image: Tourisme Ontario)

Mais n’est-il pas contradictoire de vouloir attirer plus de touristes, tout en souhaitant protéger l’environnement?

«Oui, la surfréquentation touristique est un problème. Mais en Ontario, on ne parle pas de millions de touristes en plus. Le Canada est un grand pays et il peut en accueillir plus. On a encore de la marge, mais il faut faire très attention pour ne pas nuire à la qualité du tourisme et de l’environnement», insiste M. François.

 

Un projet qui s’inscrit dans la Francophonie

Le RDÉE Ontario révèle que la naissance d’Ecorismo rejoint les objectifs qu’il s’est donnés «dans le cadre de sa convention de partenariat avec l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) de l’OIF.» L’organisme franco-ontarien avait signé une entente en ce sens, en juin dernier, en présence de la Secrétaire générale de l’OIF, Michaëlle Jean.

L’entente vise à importer en Ontario les réussites des autres pays francophones et à exporter nos bonnes méthodes ailleurs dans la francophonie. Le RDÉE tente de se positionner comme pierre angulaire de la stratégie de l’Ontario au sein de l’OIF en devenant l’intermédiaire entre les Franco-Ontariens et la scène internationale.

Dans le cas d’Ecorismo, le RDÉE Ontario estime que les intervenants du tourisme, mais aussi les municipalités, notamment celles traversées par la Route Champlain, et les élus, pourront profiter des connaissances partagées.

La Francophonie en est une de solution, insiste Philippe François. «On a notre réseau de francophones dans le monde entier. Nous avons des solutions et il est essentiel de communiquer», dit le président d’Ecorismo, qui a également lancé de tels forums ailleurs dans le monde francophone.

Le Forum Ecorismo doit se dérouler les 30 avril et 1er mai 2018, à Ottawa. Les organisateurs espèrent accueillir jusqu’à 400 délégués.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.