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Thunder Bay se dote d’un nouvel «épicentre» pour les francophones

Une nouvelle salle communautaire francophone voit le jour à Thunder Bay Crédit image: Ville de Thunder Bay#ONfr

THUNDER BAY – Après des années de lutte pour obtenir un financement suffisant, la communauté francophone de Thunder Bay se dote d’un nouveau lieu de rencontre et de socialisation. Un ajout qui changera le visage de la communauté francophone, selon l’une de ses leaders.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Avant, il y avait un énorme vide. Il n’y avait aucun lieu de rassemblement pour les familles, les jeunes et les aînés francophones. On peut enfin se permettre de rêver pour habiter ce nouvel épicentre francophone», se réjouit Claudette Gleeson, la coordonnatrice du Centre francophone de Thunder Bay.

Le dévoilement officiel de la nouvelle salle communautaire francophone de Thunder Bay, le vendredi 2 juin, est l’achèvement d’un projet qui a pris plusieurs années avant d’aboutir. «Depuis 2009, l’absence d’un espace communautaire a grandement affecté l’offre de services, de programmes et d’activités en français à notre population, qui ont dû être éparpillée dans divers locaux», selon le Centre francophone.

Même si le Centre francophone de Thunder Bay a déménagé en 2015 dans ses nouveaux locaux, la grande salle de l’immeuble était vide en raison de l’état de décrépitude du lieu.

( La nouvelle salle communautaire voit le jour après des travaux importants nécessaires pour redonner vie au lieu Crédit image: gracieuseté)

L’injection d’une somme de 120 000 $ par le gouvernement ontarien et une campagne de financement est venue changer la donne.  L’investissement de fonds publics contribuera à créer des emplois et participera à l’essor économique de la communauté francophone, soulignait le gouvernement, lors de l’annonce en septembre dernier. La ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, affirmait alors que le projet aurait un impact majeur dans la communauté. «La rénovation du Centre francophone de Thunder Bay favorisera un meilleur sens d’appartenance (…) Je suis fière que le gouvernement de l’Ontario soit un partenaire de ce projet indispensable», disait-elle.

Claudette Gleeson confirme que le projet permettra d’augmenter la cohésion des francophones et qu’il a été dur à mener à terme. «Il a fallu beaucoup beaucoup de démarchage politique. On a travaillé fort et on a finalement obtenu l’argent qu’on avait besoin», dit-elle. «Ce nouveau lieu sera parfait pour des activités culturelles, des ateliers, des rencontres entre francophones, pour célébrer, se retrouver… nous avons enfin un espace à nous», ajoute-t-elle. La salle communautaire sera un lieu de rassemblement pour différentes activités pour les citoyens francophones du troisième âge, mais aussi pour des projets scolaires et différents spectacles.

(Claudette Gleeson, responsable du Centre francophone de Thunder Bay Crédit image: gracieuseté)

Les francophones de Thunder Bay font néanmoins face à plusieurs défis importants. «Nos aînés francophones, surtout les femmes, ont le plus faible revenu dans le nord-ouest de l’Ontario», s’attriste Mme Gleeson. Elle travaille avec ses partenaires pour trouver une solution et étudie la possibilité de lancer une coopérative d’habitation à prix modique. «Mais il faut de l’argent du gouvernement pour les gens à faible revenu et le logement», dit-elle.

Autre défi: s’entendre avec la municipalité. Mme Gleeson affirme que la relation n’est pas toujours simple avec les élus locaux, qui ont, selon elle, peu de sympathie pour les enjeux francophones. «On est une petite communauté francophone. Et on ne s’entend pas toujours bien avec la municipalité, qui ne nous reconnaît pas vraiment», souligne-t-elle. Mme Gleeson cite en exemple la politique culturelle de la Ville, annoncée l’an dernier, et qui ne contenait aucune référence aux particularités francophones.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.