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Test en français: le commissariat blâme le gouvernement

OTTAWA – Dans son rapport final d’enquête, dont #ONfr a obtenu copie, le commissariat aux langues officielles (CLO) blâme le gouvernement de n’avoir pas pris les mesures nécessaires pour réduire les coûts et pour rendre plus accessible les tests pour évaluer les compétences linguistiques en français des candidats à l’immigration.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Dénoncés par plusieurs candidats, le coût et l’accessibilité des tests en français avaient fait grand bruit en 2015. Le CLO avait reçu une première plainte en août 2015 d’une candidate à l’immigration qui dénonçait que le test en français coûtait plus cher que le test pour évaluer la compétence linguistique en anglais et qu’elle devait se déplacer jusqu’à Toronto, à 16 heures de voiture de son domicile, pour pouvoir le passer en français, alors que le test en anglais était disponible à seulement sept heures de chez elle.

Le test de compétence linguistique est nécessaire pour les personnes qui souhaitent immigrer au Canada qui prouvent ainsi qu’elles maîtrisent une des deux langues officielles.

Actuellement, le test en français, géré par un organisme de France, n’est pas offert à l’Île-du-Prince-Édouard, à Terre-Neuve-et-Labrador et dans les territoires, selon les données du CLO, et 8 des 18 centres d’examens qui le proposent sont situés au Québec. En janvier 2016, le coût des tests passés au Canada variait entre 265 $ et 365 $ pour le test en anglais contre entre 330 $ et 485 $ pour le test en français. De plus, le délai d’attente est également plus important pour ceux qui décident de passer le test en français. En Colombie-Britannique et en Nouvelle-Écosse, par exemple, les délais peuvent atteindre respectivement trois et cinq mois.

Le CLO indique avoir reçu trois autres plaintes similaires entre décembre 2015 et janvier 2016.

 

Nouveau délai

Dans son rapport final, le bureau de Ghislaine Saikaley conclut qu’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) «ne respecte pas l’égalité des deux langues officielles» et reproche au ministère d’avoir pris et annoncé des mesures qui ne sont pas suffisantes pour régler la situation.

Alors que les ministres du gouvernement fédéral et des provinces seront réunis à Moncton pour parler d’immigration francophone à la fin du mois de mars, le rapport de la commissaire aux langues officielles par intérim sonne comme un rappel.

Le commissariat maintient les recommandations déjà formulées dans son rapport préliminaire, tout en donnant un nouveau délai au gouvernement. Celui-ci doit développer dans les six prochains mois un plan d’action afin de régler cette situation et de rendre les tests en français accessibles et abordables d’ici le 30 juin 2018. Il demande également d’entreprendre des démarches en vue d’établir des mesures positives concrètes pour atténuer l’impact négatif du mode de prestation des services d’évaluation des compétences linguistiques sur la vitalité et le développement des communautés francophones en situation minoritaire à l’extérieur du Québec.

Dans une lettre transmise au ministre d’IRCC, Ahmed Hussen, le critique aux langues officielles pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), François Choquette, rappelle que le comité permanent des langues officielles, dans son rapport Pour un nouvel élan pour l’immigration francophone en milieu minoritaire, faisait le même constat.

«Nous vous invitons à prendre les mesures nécessaires afin de pallier aux impacts négatifs du mode de prestation des services d’évaluation des compétences linguistiques sur la vitalité et le développement des communautés francophones en situation minoritaire à l’extérieur du Québec», écrit-il.

Dans le rapport en question, la 16e recommandation demandait au gouvernement «d’entreprendre les démarches afin d’assurer que les tests de langue pour les nouveaux arrivants soient disponibles à prix égal à travers le pays et qu’IRCC étudie la possibilité de créer un produit canadien pour tester le français.»

 

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.