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Sudburygate: Wynne accuse Brown de diffamation

Kathleen Wynne, première ministre de l'Ontario et Patrick Brown, chef du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario. Crédit image: Maxime Delaquis

TORONTO – La journée a commencé en force alors qu’une dizaine de minutes avant le début du témoignage de Kathleen Wynne à Sudbury, la première ministre ontarienne a accusé le chef du Parti progressiste-conservateur (Parti PC) de l’Ontario, Patrick Brown, de diffamation pour des propos qu’il a tenu la veille.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

«Il est incroyable que nous ayons une première ministre en devoir devant les tribunaux et qui répond à des allégations de corruption», avait dit Patrick Brown en mêlée de presse le mardi 12 septembre.

Le cabinet d’avocat qui représente la première ministre de l’Ontario demande maintenant à Patrick Brown de retirer ses propos d’ici jeudi soir sans quoi une action en justice serait lancée par la première ministre Wynne contre lui.

Par voie de communiqué le jeudi 14 septembre, Patrick Brown a indiqué qu’il n’allait pas s’excuser pour les propos qu’il avait tenus mardi.

«Kathleen Wynne nous a ouvert un triste spectacle hier avec cette poursuite sans fondement que nous allons ignorer», a-t-il déclaré.

Hier, Deb Matthews, la vice-première ministre de l’Ontario, s’est dite surprise de ne pas encore avoir reçu de réponse plus rapide de la part de Patrick Brown.

«Patrick Brown est un avocat, il sait que ce qu’il a dit est inapproprié. Nous n’avons pas reçu d’excuses de sa part», a-t-elle assuré en milieu de journée.

Elle l’avait alors invité à clarifier sa position dans les plus brefs délais.

La chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario, Andrea Horwath, a pour sa part indiqué que M. Brown devait rétracter ses propos et s’excuser, et n’était pas en mesure d’expliquer pourquoi cela n’avait pas été fait déjà.

C’est la deuxième fois en l’espace d’une semaine qu’un membre du Parti PC reçoit une sommation de la part des avocats de la première ministre.

Rappelons que dans l’affaire devant les tribunaux, ce sont deux organisateurs du Parti libéral de l’Ontario, dont l’ancienne chef de cabinet de la première ministre Kathleen Wynne, qui sont accusés d’avoir promis à Andrew Olivier de renoncer à sa candidature en échange d’un emploi ou d’une nomination lors de l’élection partielle de Sudbury en 2015.

La première ministre Wynne et le ministre de l’Énergie, Glenn Thibeault, ne font face à aucune accusation dans cette affaire.

 

La première ministre nie les allégations

Dans son témoignage à Sudbury, Kathleen Wynne a nié que le Parti libéral de l’Ontario avait promis un poste de ministre à Glenn Thibeault. Elle a également souligné ne pas être sûre si Andrew Olivier était le meilleur candidat pour représenter son parti lors de l’élection partielle de 2015.

Dans son témoignage la semaine dernière, M. Olivier a déclaré avoir eu une conversation téléphonique avec la première ministre Wynne en décembre 2014 où on lui aurait promis un emploi s’il s’écartait de la course pour permettre la nomination de Glenn Thibeault.

Selon Mme Wynne, la conversation téléphonique aurait été faite par courtoisie et pour tenter de garder M. Olivier dans «la famille libérale». Elle a ajouté qu’aucune position au sein de sa formation politique ne lui avait été promise, mais qu’il pourrait continuait son implication en appliquant sur des postes. La première ministre a indiqué que pour obtenir ses emplois, un processus normal devait être suivi.

 

Un autre procès en cours

Depuis le retour des députés à Queen’s Park le 11 septembre, le spectre du scandale de l’élection partielle de Sudbury plane sur le gouvernement.

En même temps que s’ouvrait les travaux à Queen’s Park, un autre procès a commencé et mettant en accusation deux adjoints de l’ancien premier ministre Dalton McGuinty. Les deux libéraux sont accusés d’avoir fait disparaître des documents dans l’annulation des contrats de centrales au gaz de Mississauga et d’Oakville avant l’élection provinciale de 2011. David Livingston et Laura Miller ont plaidé non coupables face à ces accusations et la suite des procédures devrait avoir lieu la semaine prochaine.

Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72