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«Sudburygate»: le procureur revient sur l’implication de Glenn Thibeault

Glenn Thibeault a été élu député provincial de Sudbury lors d’une partielle, le 5 février 2015. Archives, #ONfr

TORONTO – Le procureur dans le dossier du «Sudburygate» est revenu sur ses propos concernant l’implication du ministre Glenn Thibeault dans cette histoire, affirmant être désolé de l’interprétation de ceux-ci.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE 
jmorissette@tfo.org@JFMorissette72

Après avoir laissé entendre que Glenn Thibeault aurait «cherché à obtenir certains bénéfices» afin d’être candidat lors de l’élection partielle de Sudbury en 2015, le procureur de la Couronne fédérale, Vern Brewer, est revenu sur cette affirmation un mois après l’avoir faite devant les médias.

«Le Service des poursuites pénales du Canada (SPPC) et M. Brewer souhaitent préciser que les déclarations de M. Brewer ne laissent pas entendre que M. Thibeault avait agi par corruption, et que M. Brewer n’avait aucune intention à cet effet», peut-on lire dans un communiqué publié le 21 décembre.

Le SPPC dit même «regretter toute interprétation contraire qui aurait pu être faite», sans toutefois s’excuser d’avoir fait l’affirmation dans un premier temps.

À ce moment, M. Brewer avait également déclaré qu’il est illégal d’offrir une contrepartie, mais pas nécessairement d’en recevoir une.

Les propos émis par le procureur  du SPPC avaient soulevé un tollé à Queen’s Park, il y a quelques semaines. Les partis d’oppositions, qui talonnaient déjà le gouvernement sur la présence de M. Thibeault au sein du conseil des ministres le temps des procédures, avaient de nouveau réclamé sa tête.

Après une période de questions particulièrement difficiles pour le gouvernement de Mme Wynne, le ministre Thibeault avait éclaté en sanglots dans les couloirs de Queen’s Park devant les médias affirmant que toute cette situation était extrêmement difficile pour sa famille.

Dans une déclaration écrite publié après le correctif du SPPC, le ministre Glenn Thibeault s’est dit heureux du correctif apporté par le procureur. Cependant, il a ajouté ne pas vouloir commenter davantage l’affaire puisque la cause est toujours devant les tribunaux.

 

Une affaire qui hante les libéraux

Ce nouveau rebondissement est le dernier d’une longue liste dans ce scandale qui a éclaboussé les libéraux en 2016.

Le 1er novembre dernier, Patricia Sorbara, l’ancienne chef de cabinet adjointe de la première ministre ontarienne et ancienne présidente directrice-générale du Parti libéral de l’Ontario, ainsi que Gerry Lougheed, ex-organisateur libéral de Sudbury, ont été accusés de divers chefs d’accusation de corruption en vertu de la Loi électorale de l’Ontario.

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On reproche aux deux accusés d’avoir offert à un candidat libéral potentiel, Andrew Oliver, de ne pas se présenter à l’élection partielle de Sudbury en 2015 en échange d’un emploi ou d’une nomination pour faire toute la place à la candidature de Glenn Thibeault.

Selon la loi électorale, toute tentative pour empêcher un candidat de se présenter en échange d’une récompense constitue un acte de corruption.

De nombreuses rumeurs circulent sur l’implication de Glenn Thibeault lors de son transfert du NPD fédéral au Parti libéral de l’Ontario. Toutefois, rien n’a été confirmé jusqu’à présent et le ministre de l’Énergie de l’Ontario clame n’avoir rien à se reprocher.

Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72