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Stephen Harper courtise les néo-Canadiens

L'ancien premier ministre sortant, Stephen Harper. (Photo: Courtoisie)

MARKHAM – Stephen Harper promet d’aider plus de nouveaux Canadiens à obtenir leurs équivalences de diplômes afin qu’ils puissent retourner travailler plus rapidement dans leur domaine d’expertise au Canada.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Cette promesse électorale a été faite à Markham, en banlieue de Toronto, l’une des municipalités qui comptent le plus de néo-Canadiens au pays.

«Le talent et l’expérience ne connaissent pas de frontière, mais on ne peut pas en dire autant des titres de compétences», a soutenu M. Harper, le jeudi 27 août.

Bon nombre de néo-Canadiens qui ont travaillé comme pharmacien, ingénieur ou médecin sont sans emploi, s’est-il attristé.  «Ce n’est pas bon pour eux, mais c’est aussi mauvais pour le pays», a ajouté le chef conservateur.

Si le gouvernement conservateur est réélu en octobre, il promet de rendre le processus de reconnaissance des titres de compétences étrangers «plus rapide, plus juste et plus abordable».

Stephen Harper a annoncé qu’il compte doubler les sommes prévues pour le programme de prêts pour la reconnaissance des titres de compétences. D’ici cinq ans, ce programme devrait permettre d’accorder 20 000 nouveaux prêts à des professionnels formés à l’étranger qui peuvent autrement difficilement assumer les coûts des demandes d’équivalences ou des examens nécessaires.

 

Révélation de Trudeau 

Les trois chefs des partis fédéraux étaient une fois de plus dans la grande région de Toronto, jeudi. En raison de l’accroissement du nombre de circonscriptions dans le Grand Toronto (le «GTA»), cette région pèse encore plus lourd dans la balance pour les différentes formations politiques.

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, a fait une révélation qui a provoqué bon nombre de réactions alors qu’il était de passage à Oakville. Il a admis qu’un déficit est à prévoir chaque année jusqu’en 2019. Cette prévision est basée sur les données du directeur parlementaire du budget, insiste-t-il. Cette admission s’inscrit dans une stratégie politique qualifiée «d’audacieuse» par bon nombre d’observateurs. Le chef libéral affirme que les autres partis ne sont pas assez transparents et devraient eux aussi admettre cette réalité.

Pour faire face à ce défi, il a annoncé qu’un gouvernement libéral doublerait les sommes allouées aux travaux d’infrastructures et serait un moteur de l’économie.

«Nous allons investir 60 milliards de plus en infrastructure au cours des 10 prochaines années», a annoncé Justin Trudeau. Le budget dédié aux infrastructures atteindra ainsi 125 milliards de dollars. Le chef libéral a indiqué que les sommes promises seront dédiées aux infrastructures de transport et liées à l’économie durable, mais aussi à des «infrastructures sociales», notamment des logements sociaux.

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, est quant à lui retourné dans la circonscription d’Eglinton-Lawrence pour soutenir son candidat vedette, Andrew Thompson. L’ancien ministre des finances de la Saskatchewan est pressenti au poste de ministre des finances d’un gouvernement néo-démocrate. Il s’oppose notamment au conservateur Joe Oliver, poids lourd du cabinet Harper.

«Avec Joe Oliver comme ministre des finances, la situation économique ne s’est qu’empirée», a lancé Thomas Mulcair dans l’une de ses nombreuses attaques contre le gouvernement sortant.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.