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Statistique Canada compte 549 185 Franco-Ontariens

Crédit photo: Archives #ONfr

OTTAWA – Les Franco-Ontariens sont plus nombreux dans la province. C’est ce qu’affirment les chiffres de la partie linguistique du recensement parus le mercredi 2 août.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Selon Statistique Canada, ils sont désormais 549 185 ayant «le français comme première langue officielle parlée» dans la province, ce qui représente une hausse d’environ 7 000 personnes depuis 2011.

Toujours d’après l’agence fédérale, quelque 566 965 personnes auraient le français comme langue maternelle. Il s’agit ici d’une augmentation d’un peu plus de 5 000 résidents par rapport à cinq ans en arrière (561 155).

Si l’on se fie à la mesure de la «première langue officielle parlée», le poids des Franco-Ontariens continue de reculer dans la province. On parle aujourd’hui d’une proportion de 4,1 % contre 4,3 % en 2011, et 4,5 % en 2006.

À titre de comparaison, les francophones représentaient un poids de 6,5 % en 1971.

À noter que la définition de Statistique Canada tranche avec la «Définition inclusive de la francophonie» (DIF) de Queen’s Park. Adoptée en 2009, cette  mesure réunissant ceux dont la langue maternelle n’est ni le français ni l’anglais, mais qui ont une bonne connaissance du français et qui l’utilisent à la maison, comptabilise 611 500 Franco-Ontariens.

Les données n’ont pas fait que des heureux. À commencer par le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, en entrevue pour #ONfr. «Il faut que ça arrête maintenant, parce qu’on ne peut pas continuer à avoir des résultats comme ça pendant une dizaine d’années (…) Ça déjà fait plusieurs années qu’on se retrouve avec des chiffres de cette envergure là!»

Pour conjurer le mauvais sort, l’organisme porte-parole des francophones en Ontario fixe toujours trois objectifs: l’augmentation du financement du plan d’action pour les langues officielles, une «déclaration publique» du premier ministre, Justin Trudeau, de son appui aux langues officielles et au français en contexte minoritaire, et enfin, une «concertation» plus accrue des paliers provincial et fédéral sur l’immigration francophone.

 

Poids des francophones en baisse dans les villes

Dans les grands foyers franco-ontariens de la province, le fait francophone est légèrement grignoté, d’après les données compilées par #ONfr concernant les résidents possédant «uniquement» le français comme langue maternelle.

À Ottawa, les résidents francophones sont certes 4 000 de plus en comparaison de 2011 (128 535). Mais le poids démographique de cette population dans la capitale est en baisse (13,8 % contre 14,2 % en 2011).

À Sudbury, les francophones reculent, passant de 42 815 en 2011 à 41 355 au dernier recensement. Leur proportion de 26,9 % il y a cinq ans est aujourd’hui de 25,6 %.

Toujours du côté du Nord, Timmins perd quasiment un millier de francophones (14 980) sur cinq ans. Leur poids baisse légèrement en comparaison à 2011 (35,9 % contre 37,3 %).

La baisse est aussi inquiétante du côté de Cornwall puisque la ville se serait vidée de 610 francophones. Quelque 22,8% de francophones peuplent encore la municipalité contre 24,7 % en 2011.

Enfin, seul Toronto tire son épingle du jeu. Les francophones sont maintenant 36 015 à résider dans le centre de la Ville reine, soit quelque 4 000 qu’en 2011, mais ce poids reste identique à celui de 2011 (1,3 %).

 

Des données manifestement différentes qu’en 2011 pour les villes

Reste que les données affichées sur le site de Statistique Canada  sont manifestement différentes qu’en 2011 concernant la lentille francophone. Cette fois-ci, les locuteurs francophones engloberaient ceux possédant à la fois le français comme langue maternelle unique et ceux ayant à la fois le français et l’anglais comme langues maternelles.

Voilà la raison pour laquelle Toronto, sur le site des données du recensement, pointe à 48 930 francophones comptabilisés en 2016.

 

 

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.