#Francophonie, #Ontario

Sites internet seulement en anglais: le gouvernement corrige le tir

Suite à notre reportage et aux plaintes de citoyens, le gouvernement et ses partenaires ont mis en ligne des versions en français des sites faisant la promotion d'une initiative d'économie énergétique. Crédit image: montage #ONfr

TORONTO – Les sites internet permettant de s’informer sur le nouveau programme d’économie énergétique du gouvernement ontarien sont maintenant disponibles en français. Le gouvernement et ses partenaires privés ont corrigé le tir, à la suite du reportage publié par #ONfr et aux plaintes de citoyens qui ont suivi.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Le programme incitatif d’économie d’énergie résidentielle, une initiative de 100 millions de dollars, doit profiter à 37 000 propriétaires ontariens. Malgré des mois de préparatifs, le français était absent des différentes plateformes devant faire la promotion de celui-ci, lors de son annonce au début du mois de novembre.

energie

À la suite du reportage publié sur notre site internet, plusieurs Franco-Ontariens ont déposé une plainte auprès du commissaire aux services en français de l’Ontario. Un mois plus tard, le gouvernement et ses partenaires ont finalement mis en ligne des versions en français des sites web en question.

Le commissariat aux services en français (CSF) a fait le suivi auprès du ministère de l’Énergie qui, de son côté, a interpellé ses partenaires privés, Enbridge et Union Gaz, qui supervisent l’initiative. Les deux entreprises ont depuis produit des sites web en français et les ont mis en ligne le 5 décembre.

Pour sa part, le ministère a garanti au CSF qu’il allait communiquer en français et en anglais avec les citoyens en 2016, 2017 et 2018 pour faire la promotion de ce programme.

Cette situation a de nouveau mis en lumière le flou qui entoure les responsabilités de partenaires du gouvernement en matière de services en français. Ces tierces parties doivent-elles respecter la Loi sur les services en français considérant qu’elles délivrent des services au nom du gouvernement et grâce à des fonds publics?

La réponse fournie par le ministère de l’Énergie et transmise à l’une des plaignantes par le CSF, et dont #ONfr a obtenu copie, laisse croire que oui. Le ministère dit que dans le futur il «continuera de travailler étroitement avec ses organismes partenaires et sa coordonnatrice des services en français pour veiller à ce que lui-même et ses organismes observent les dispositions et l’esprit de la Loi sur les services en français», rapporte le commissariat.

Si une entreprise privée reçoit des fonds gouvernementaux et gère un programme du gouvernement, elle a des obligations en matière de services en français, affirmait à ce sujet la députée de Nickel-Belt, France Gélinas. La critique néo-démocrate aux Affaires francophones avait sermonné le gouvernement dans le reportage que nous avions publié en novembre. «Sans doute que le site web va apparaître en français dans quelques semaines… bourré de fautes!», avait-elle lancé à l’époque.

Si la qualité du français semble être au rendez-vous, le titre du programme est demeuré uniquement en anglais (Know your energy score) à la tête du site internet d’Enbridge.

energy-score

Ces vitrines web complètent l’offre des deux entreprises qui étaient déjà en mesure de répondre aux questions des citoyens francophones.

Selon le gouvernement, ce programme d’économie énergétique devrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 1,6 million de tonnes tout en stimulant l’économie. Le ministère de l’Énergie fait aussi valoir qu’il peut favoriser une diminution de la facture d’électricité.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.