#Canada, #Francophonie

Site internet uniquement en anglais pour le candidat libéral à Orléans

À gauche, la page du site d'Andrew Leslie en anglais. À droite, la page en français. L'erreur est maintenant corrigée. (Photo: Capture d'écran)

ORLÉANS – Il y a des départs en campagne meilleurs que d’autres. Andrew Leslie, candidat du Parti libéral du Canada (PLC) dans la circonscription d’Orléans forte d’environ 30% de francophones, n’avait visiblement pas remarqué que son site internet était unilingue anglophone depuis plusieurs semaines.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @SebPierroz

Une bourde telle que certains résidents d’Orléans avaient manifesté leur déception concernant l’ancien chef d’état-major via les médias sociaux durant la semaine.

Jusqu’à ce vendredi, les électeurs avaient accès à deux pages. L’une en anglais contenant une notice biographique ainsi que les priorités du candidat. Sur la page en français: rien, si ce n’est l’indication «page non trouvée».

L’erreur signalée par #ONfr, M. Leslie (qui s’exprime bien en français) a immédiatement fait son mea culpa. «Si ce n’est pas affiché bilingue, c’est une erreur. Car la moitié de mon équipe est bilingue.»

Immédiatement corrigée la journée même, la nouvelle page affiche bel et bien une vidéo en français de M. Leslie pratiquant la course à pied et des liens multiples dans la langue de Molière.

 

Priorités

M. Leslie l’affirme malgré tout: la vitalité francophone reste l’une de ses priorités. «Je pense par exemple à appuyer des institutions francophones comme l’Hôpital Montfort, le Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO), ou encore la Maison de la Fraternité.»

Au chapitre de l’économie, M. Leslie aimerait diversifier l’offre pour les fonctionnaires. «Il y a beaucoup de fonctionnaires à Orléans, et ils sont préoccupés par les coupures du gouvernement Harper. Il faut trouver une solution pour mettre fin à leur départ vers Kanata.»

Alors que les 120 000 résidents d’Orléans patientent toujours en vue de l’arrivée du train léger en 2018, l’ancien militaire affirme qu’il poussera pour que celui-ci soit prolongé «jusqu’au chemin Trim».

Et d’ajouter: «J’ai une équipe superbe. Nous avons déjà cogné à 52 000 portes depuis janvier». M. Leslie se définit aussi et avant tout comme un homme «aux 35 années de service».

 

Sondages

De quoi faire changer les couleurs de la circonscription? Selon ThreeHundredEight.com, un site internet reconnu pour l’exactitude de ses prédictions électorales, Andrew Leslie posséderait une marge d’avance conséquente sur son adversaire, le député conservateur sortant Royal Galipeau.

Le site Web, qui base ses prédictions sur un ensemble de sondages tenus en province, croit que le candidat libéral a 84% des chances de l’emporter. Ainsi, Andrew Leslie récolterait 48,8% des suffrages contre 31,6% pour M. Galipeau.

Joint par #ONfr, le député de la circonscription depuis 2006 n’a pas daigné parler politique. «Il en parlera quand la campagne sera déclenchée», confie son bureau.

Mais M. Galipeau a quand même fait montre de répartie. «Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Surtout contre des adversaires qui veulent me faire passer pour quelqu’un d’inintelligent et inefficace.»

 

L’énigme Bertschi

Outre le suspense du duel Leslie-Galipeau, l’inconnu David Bertschi subsiste. Celui qui avait défendu les couleurs du PLC en 2011 devant M. Galipeau n’avait pu se présenter cette fois-ci à l’investiture libérale contre M. Leslie. Motif: le parti avait annulé sa candidature en raison de dettes impayées.

M. Bertschi avait alors fait appel de cette décision. Un verdict qui demeure d’ailleurs toujours dans l’attente.

Les rumeurs vont aujourd’hui bon train selon lesquelles l’avocat pourrait se présenter comme candidat indépendant pour barrer la route de M. Leslie.

«David, c’est un bon gars», juge le candidat libéral. «J’espère que nous pourrons travailler néanmoins ensemble.»

 

Vague orange?

Quant au Nouveau parti démocratique (NPD), c’est Nancy Tremblay qui en représentera les couleurs. Cette scientifique environnementale au sein de la fonction publique affirme sur son site internet vouloir notamment «soutenir l’approche du NPD visant à créer des garderies à 15 $ par jour».

À noter que Mme Tremblay, qui n’a pas retourné nos appels pour une entrevue, s’affiche également comme «bilingue».

Pourrait-elle bénéficier de la vague orange prédite par les sondages? Voire grappiller des voix à M. Leslie? «On verra», concède le candidat libéral.

Lors du dernier scrutin en 2011, la candidate du parti orange, Martine Cenatus, était arrivée en troisième position avec 14,16% des suffrages exprimés. Loin derrière Royal Galipeau (44,55%) et David Bertschi (38,42%).

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org