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Sièges vides à Queen’s Park: Marie-France Lalonde se défend

La ministre déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde, s'adressant à Queen's Park. Crédit photo: Jean-François Morissette

TORONTO – Lors des déclarations des trois partis politiques à Queen’s Park, en marge de la Journée internationale de la francophonie, le nombre élevé de sièges vides a surpris les francophones de l’Ontario. Depuis, plusieurs internautes dénoncent le manque d’engagement du gouvernement au dossier francophone.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Ce n’est pas la première fois que l’absence de députés lors d’événements francophones fait réagir sur internet.

Lors du vote sur la motion faisant de la chanson du défunt Paul Demers, «Notre Place», l’hymne officiel des franco-ontariens, à peine une poignée de députés étaient présents, ce qui avait provoqué la colère de certains.

La ministre déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde, est toutefois catégorique: les images ne sont pas le reflet de l’engagement des députés ontariens envers la francophonie.

«Je vous garantis que l’engagement du gouvernement, de Kathleen Wynne ne reflète pas (ça). Nous sommes membre observateur de l’OIF, on continue avec l’immigration, on a le monument qui va être le reflet de l’engagement francophone, de la présence francophone en Ontario.» – Marie-France Lalonde.

Questionnée sur l’absentéisme flagrant des députés lors de sa déclaration en honneur de la Journée internationale de la Francophonie, le 20 mars dernier, la députée d’Ottawa-Orléans a rappelé que les députés, toutes formations politiques confondues, doivent se trouver en comité lors des après-midi pour étudier les différents projets de loi, ce qui explique le peu de personnes présentes.

Pour elle, il ne s’agit pas d’un signe de désengagement, mais bien une question de logistique.

 

Une question de temps

Lors de certaines journées faisant la promotion d’une cause, les déclarations des députés peuvent être faites avant la période de questions, lorsque tous les députés siègent. Ce fut le cas lors de la Journée internationale des femmes, le 8 mars dernier.

À savoir si une mention de la francophonie aurait pu être faite un peu plus tôt, avant la période de questions, la ministre Marie-France Lalonde a plutôt évoqué une question de temps de parole.

«(Il y a un) maximum (de) cinq minutes. J’ai parlé plus de 12 minutes, donc pour moi (c’est plus une question de logistique)», a-t-elle expliqué.

«C’est décevant de voir la perception parce que moi, j’étais tellement fière de parler en chambre parce que je parlais non pas à mon assemblée (législative), mais à la francophonie» – Marie France Lalonde.

Marie-France Lalonde a tenu à rappeler qu’elle a elle-même participé à plusieurs activités lors de cette journée dédiée à la francophonie, dont un forum sur la place du français au collège universitaire bilingue de Glendon.

La ministre Lalonde a également rappelé qu’elle était présente lors du lancement de la semaine de la francophonie, à Toronto, la semaine avant.

«Je suis fiere que l’on a célébré la Journée internationale de la Francophonie», a-t-elle lancé. «Il y a beaucoup d’activités au sein de notre province pour célébrer notre francophonie», a également insisté la ministre Lalonde.

 

Une image désolante, selon France Gélinas

La critique du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario en matière d’Affaires francophones, France Gélinas, a toutefois une autre vision des choses.

Elle se désole de voir que le gouvernement envoie encore une fois le mauvais message.

«On fête la Journée internationale de la Francophonie, mais on fait ça un lundi après-midi sans avoir averti personne quand il n’y a presque qu’aucun député en chambre. Le visuel parlait beaucoup plus fort que n’importe quel mot qui aurait pu être dit cette journée-là», s’exclame France Gélinas.

Pour elle, la situation du 20 mars fait partie d’une problématique beaucoup plus large.

«Le français à Queen’s Park, il est ni apprécié, ni promu. Il est tout au plus toléré.» – France Gélinas

Bien qu’elle applaudit certains gestes posés, comme le choix de la chanson «Notre place» comme hymne officiel des Franco-ontariens, la néo-démocrate déplore la manière dont ses gestes sont posés.

«Tu parles avec tes mots, mais tu parles beaucoup plus avec les actions et les actions disent qu’ils (les libéraux) vont tolérer le français parce qu’il faut», souligne-t-elle.

«Si le cœur et la raison avaient tous les deux été dans la même direction, on aurait fait les choses autrement» France Gélinas

Dans son propre discours, France Gélinas a profité de son temps de parole pour dénoncer l’absence d’avancées concrètes pour la francophonie, citant notamment la lenteur du dossier de l’université franco-ontarienne et le manque de services en français dans plusieurs hôpitaux de la province.

Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72