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Sciences infirmières: les étudiants délaissent le test en français

L'examen NCLEX a des conséquences concrètes pour les étudiants francophones en sciences infirmières. Archives #ONfr

OTTAWA – Constaté en 2015, le phénomène s’est renforcé en 2016. Les étudiants des programmes de sciences infirmières en français, en Ontario, se tournent désormais vers le test en anglais pour valider leur diplôme.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Sur les 120 étudiants ontariens des programmes de sciences infirmières en français qui ont passé pour la première fois l’examen d’accès à la pratique infirmière, ils sont seulement 16 à avoir choisi le français en 2016. Ces données ont été rendues publiques par l’Ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario, le mardi 28 février.

Les 104 autres prétendants francophones à l’exercice du métier d’infirmier enregistré se sont tournés vers le test en anglais pour passer leur examen NCLEX (National Council Licensing Examination).

En Ontario, on compte deux universités qui offrent le programme de sciences infirmières en français: l’Université Laurentienne et l’Université d’Ottawa. À l’Université Laurentienne, l’ensemble des étudiants du programme en français a décidé de passer son examen en anglais.

En juillet dernier, une jeune diplômée du nord de l’Ontario, qui préférait rester anonyme, expliquait à #ONfr les raisons qui l’avaient conduite à changer de langue pour le test final.

«Après quatre années à étudier en français, j’ai choisi de passer mon examen en anglais. Les meilleures ressources pédagogiques étaient seulement dans cette langue, ça me paraissait plus sûr. (…) Ça a été difficile de réapprendre tous les termes. J’ai dû travailler plus fort pour me préparer, sans doute plus que si j’avais passé l’examen en français. C’est sûr que si les ressources avaient été disponibles en français, j’aurais passé le test dans ma langue maternelle. Mais je pense que ce sera un avantage pour moi d’avoir passé le test en anglais car dans ma région, je vais majoritairement travailler dans cette langue.»

Au regard des résultats, on comprend mieux les raisons de cette étudiante. Le taux de réussite est de 84,6 % pour les étudiants francophones qui ont passé l’examen en anglais, en 2016, contre un taux de réussite de 37,5 % pour ceux qui sont restés fidèles à la langue de Molière pour parachever leur formation.

Critiques

Depuis son introduction en 2015, le test NCLEX a fait l’objet de nombreuses critiques. Plusieurs intervenants regrettaient un examen peu adapté à la réalité canadienne et pour lequel le matériel pédagogique est plus coûteux pour les étudiants et très rare pour les francophones.

Venu des États-Unis, l’examen NCLEX remplace l’Examen d’autorisation infirmière au Canada (EAIC) à travers le Canada, à l’exception du Québec et du Yukon. Il été mis en place par le Conseil canadien des organismes de réglementation de la profession infirmière (CCORPI) «afin d’informatiser le processus et d’obtenir les résultats plus rapidement».

La première année, le test NCLEX s’était accompagné d’une baisse globale du taux de réussite des étudiants ontariens, passé de 90,9 %, en 2014, à 83,8 %, en 2015. En 2016, le taux de réussite est toutefois légèrement remonté avec 86,9 % de réussite pour la première tentative en Ontario.

La province se situe au-delà de la moyenne nationale puisque le taux de réussite pour une première tentative est de 84,7 %, en 2016.

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.