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Santé et énergie: l’opposition attaque le gouvernement

L'Assemblée législative de l'Ontario. Archives

TORONTO – Le chef du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario (Parti PC de l’Ontario) a mené une charge à fond de train contre le gouvernement libéral sur sa gestion du dossier énergétique, le mardi 18 octobre. Pour sa part, le Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario craint la privatisation de CyberSanté Ontario, tout comme l’a été Hydro One.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Le Programme ontarien d’aide relative aux frais d’électricité est un exemple de mauvaise gestion, selon Patrick Brown. «Le programme offre des rabais pour les citoyens à faible revenu. Des 12 millions de dollars dépensés, 9 millions de dollars l’ont été pour des consultants!», a dénoncé le chef progressiste-conservateur.

«Les libéraux ont honte de leur propre bilan! Toute l’Amérique du Nord rit de leur politique en énergie!», a-t-il ajouté.

Auparavant, M. Brown avait utilisé l’une de ses anciennes lignes d’attaque. «On sait que le gouvernement libéral a reçu 1,3 million de dollars en dons de compagnies d’énergie renouvelable. Nous savons aussi que le gouvernement a donné à ces 30 compagnies des contrats pour de l’énergie dont nous n’avons pas besoin!», a lancé le chef du Parti PC de l’Ontario.

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Le ministre de l’Énergie, Glenn Thibault, a balayé du revers de la main cette thèse. Il a affirmé que le programme atteint ses objectifs, tout en invitant plus de citoyens à y souscrire. «Nous avons un plan et nous aidons ceux dans le besoin», a-t-il dit devant la chambre.

Il s’est aussi lancé dans une attaque en règle contre ses adversaires progressistes-conservateurs. «Ils sont les seuls qui devraient avoir honte […] On dépendrait encore du charbon, si c’était d’eux!», a répliqué M. Thibault. Quant au financement politique, il a souligné que son adversaire participait aussi à plusieurs événements de financement, dont l’un survenu la fin de semaine dernière à Ottawa.

Visiblement exaspéré par ce type d’attaque, le président de l’Assemblée législative, Dave Levac, a dû ramener à l’ordre les élus à de très nombreuses reprises.

 

Privatisation gouvernementale

De son côté, le NPD poursuit sa quête pour tenter de faire admettre au gouvernement qu’il souhaite privatiser plusieurs sociétés publiques. Au cours des dernières semaines, le parti d’Andrea Horwath a accusé le gouvernement Wynne de vouloir privatiser les loteries ontariennes et de laisser la voie libre à la privatisation d’Hydro Toronto. Hydro One est un exemple à ne pas suivre en cette matière, selon la formation néo-démocrate.

Le NPD dénonce maintenant l’entrée en scène d’Ed Clark qui doit «tenter de trouver des moyens d’augmenter la valeur» de CyberSanté Ontario, une agence gouvernementale qui gère l’informatisation des dossiers médicaux des patients ontariens.

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La critique en matière de santé du NPD, Catherine Fife, a rappelé qu’Ed Clark avait été à l’origine des recommandations relatives à la privatisation d’Hydro One. En chambre, elle a aussi partagé son inquiétude à ce que des informations personnelles se retrouvent entre les mains d’entités privées.

La ministre de la Santé, Deb Matthews, nie la validité de cette analyse. «CyberSanté Ontario n’est pas à vendre!», a-t-elle répété à plusieurs reprises.

L’opposition a ridiculisé sa réponse. «Hydro One n’est pas à vendre!», ont crié plusieurs élus rappelant le flou passé entourant la privatisation de cette autre société publique.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.