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SANB: la présidente Jeanne d’Arc Gaudet démissionne

Jeanne D'Arc Gaudet. Facebook SANB

PETIT-ROCHER – La présidente de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), Jeanne d’Arc Gaudet, démissionne de l’organisme porte-parole des Francophones et Acadiens du Nouveau-Brunswick. Son départ sera effectif mardi 5 avril.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Au lendemain de la 42e assemblée générale annuelle de la SANB, qui s’est tenu en fin de semaine, la présidente de la SANB a décidé de tourner la page. Fatiguée par un été 2015 particulièrement mouvementé marqué par de nombreuses divisions au sein de la communauté acadienne et par la démission de six membres du conseil d’administration de l’organisme, Mme Gaudet souhaite laisser le champ libre à de nouvelles énergies, explique-t-elle à #ONfr.

«Avec l’exercice de révision de la gouvernance de la SANB que nous venons d’entamer, je pense qu’il est important de laisser la place à de nouvelles personnes qui vont faire la transition et, je l’espère, conduire l’organisme vers un nouveau départ. La SANB a besoin d’une nouvelle équipe, d’une nouvelle énergie, pour partir sur de nouvelles bases.»

Ancienne professeure au Département en éducation secondaire et ressources de l’Université de Moncton, Mme Gaudet a succédé à Jean-Marie Nadeau, lors de la démission de ce dernier, en 2013. Elle a été réélue, par acclamation, en octobre 2014.

À la veille de l’assemblée générale annuelle, Mme Gaudet indiquait déjà à #ONfr que la transition vers une nouvelle gouvernance pour la SANB nécessiterait du changement. Elle explique toutefois que sa décision a été précipitée par la volonté du conseil d’administration de repousser l’assemblée générale annuelle de juin à octobre 2016.

«Je m’étais engagée jusqu’en juin 2016 mais pas au-delà, je l’avais déjà signalé lors de ma dernière élection. J’ai remis ma démission il y a deux semaines. J’ai beaucoup donné et il faut que d’autres prennent le relais.»

Dans l’attente de nouvelles élections à l’automne prochain, la présidence de la SANB sera assurée par Philippe Beaulieu. Ce dernier indique toutefois à #ONfr qu’il ne compte pas se présenter au-delà de son intérim.

Revenant sur les tensions qui ont secoué la SANB récemment, Mme Gaudet espère que celles-ci auront permis de faire avancer le débat.

«Je trouve que c’est dommage que les débats aient été personnalisés. Mais si cela permet de faire avancer les choses, de mobiliser les gens et de leur faire prendre conscience de l’importance et de la pertinence de la SANB, alors ça aura été utile. Cette période n’a pas été facile, professionnellement et personnellement, mais elle m’a permis de rencontrer des gens vraiment engagés et j’ai reçu un soutien incroyable de certains. Les derniers mois, nous n’avons pas pu accomplir autant de travail que nous aurions voulu, mais nous avons réussi à traverser la tempête. Aujourd’hui, il faut continuer le travail pour le bien de la communauté acadienne.»

Le président par intérim a tenu à rendre hommage au travail de Mme Gaudet.

«S’il y a un mot qui résume bien son bilan, c’est courage. Cela n’a pas été facile, mais elle a essayé de faire avancer les dossiers et a positionné la SANB sur plusieurs dossiers. Je pense qu’on appréciera encore mieux son bilan avec plus de recul.»

Indiquant n’avoir aucun regret, Mme Gaudet se dit fière d’avoir revendiqué pour les droits des Acadiens et les Francophones du Nouveau-Brunswick auprès du gouvernement provincial.

«Ma mission est terminée, je pense que c’est le bon moment de partir. Nous avons un très bon conseil d’administration et j’ai grande confiance qu’il fera avancer la SANB.»

Mme Gaudet assure toutefois qu’elle continuera à être membre de l’organisme et à s’investir pour «une cause qui lui tient à cœur».

 

Débats constructifs

Encouragée par les discussions qui ont eu lieu samedi 2 avril lors de la journée de réflexion sur la nouvelle gouvernance de la SANB, elle pense que l’organisme va dans la bonne direction.

«Il y a eu de très bons échanges, constructifs et rigoureux. Le conseil d’administration va être désormais chargé d’analyser tout ça pour faire des propositions lors de la prochaine assemblée générale. Il y aura encore une journée de réflexion et ensuite, il sera temps pour les membres de décider.»

S’appuyant sur le rapport du groupe de travail présidé par Bernard Richard, les participants ont déjà trouvé quelques consensus, selon M. Beaulieu.

«Le rapport n’était pas une bible, mais un outil de réflexion. Il y a déjà un certain consensus sur la disparition des deux Forums et l’idée de resserrer le mandat de la SANB atour des citoyens.»

Les organismes pourront toutefois continuer à participer aux discussions, précise Mme Gaudet, même s’ils n’auront qu’une seule voix.

«Nous devons améliorer la concertation avec les organismes. En milieu minoritaire, on ne peut pas se permettre de se passer de telles expertises.»

Le consensus semble également avoir été trouvé autour du vote au suffrage universel des membres du conseil d’administration par voie électronique et de la diminution de la taille de ce dernier.

 

Du pain sur la planche

Optimiste, M. Beaulieu veut désormais tourner son regard vers l’avenir.

«On ne doit pas simplement tourner la page, il faut aussi analyser les raisons de la crise et rétablir le dialogue. Nous avons beaucoup à faire, mais la teneur respectueuse et positive des discussions m’encourage.»

En attendant les propositions du conseil d’administration l’automne prochain, les mois à venir s’annoncent chargés pour la SANB. L’organisme devra combler deux  postes à la direction générale et aux communications.

«Il est important que nous recrutions ces personnes le plus tôt possible pour qu’elles fassent le travail de transition avec nous. Ça leur permettra de bien connaître la nouvelle structure», pense M. Beaulieu.

 

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.