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Report du RRPO: bonne idée, dit Paul Martin

L'ancien premier ministre canadien Paul Martin. François Pierre Dufault

TORONTO – Le conseiller spécial de l’Ontario pour les pensions et ancien premier ministre canadien Paul Martin voit d’un bon œil que la province retarde d’un an le lancement de son propre régime d’épargne-retraite pour essayer une fois de plus de s’entendre avec le gouvernement fédéral sur un Régime de pensions du Canada (RPC) bonifié.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

La première vague de cotisations au futur Régime de pensions de la province de l’Ontario (RRPO) serait maintenant prévue pour 2018, soit un an plus tard qu’annoncé initialement par les libéraux de Kathleen Wynne.

Le grand argentier ontarien Charles Sousa a dit vouloir se pencher avec Ottawa «sur les moyens d’atteindre les objectifs du RRPO dans le cadre d’un RPC amélioré». La création d’un programme d’épargne-retraite provincial demeure tout de même dans les cartons de Queen’s Park «s’il s’avérait impossible de trouver une solution» avec le fédéral.

Pour M. Martin, qui a conseillé l’Ontario dans la mise sur pied du RRPO après un refus de l’ancien gouvernement conservateur à Ottawa de bonifier le RPC en 2013, il s’agit d’une sage décision.

«Mettre tout ça ensemble avec le fonds de pensions du Canada serait de loin la meilleure situation. C’est ça que l’Ontario veut depuis le début. Les conservateurs ont refusé auparavant. Espérons maintenant qu’on va pouvoir s’entendre», a déclaré Paul Martin à #ONfr, mercredi 17 février, en marge de la conférence des Tablettistes, une grand-messe de l’éducation 2.0 organisée par le Groupe Média TFO à Toronto.

Avec le retour en 2015 d’un gouvernement libéral à Ottawa, l’ancien premier ministre de 2003 à 2006 s’est dit optimiste quant à une éventuelle bonification du RPC – une première depuis qu’il était lui-même grand argentier fédéral dans les années 1990.

Le nouveau ministre canadien des Finances, Bill Morneau, a d’ailleurs promis d’attaquer au dossier de l’épargne-retraite avant la fin de 2016.

«L’idée originale de l’Ontario, c’était une bonification du RPC en y intégrant les idées ontariennes. Ce serait la meilleure chose. Mais ça dépend d’Ottawa», a partagé M. Martin, rappelant au passage la participation de M. Morneau à l’élaboration d’une stratégie ontarienne d’épargne-retraite avant son élection. «Il y a maintenant une compréhension (au niveau fédéral)», a signalé l’ex-politicien.

Une fois passé le cap des 65 ans, bon nombre d’Ontariens n’ayant pas pu cotiser à un régime privé d’épargne-retraite dépendent uniquement des prestations du RPC, soit un maximum de 12500$ par année.

 

L’opposition d’accord

L’opposition à Queen’s Park voit elle aussi d’un bon œil que les libéraux de Kathleen Wynne essaient une fois de plus de négocier avec Ottawa et les autres provinces une bonification du RPC avant de mettre de l’avant un programme ontarien.

«Je crois que si nous demandons à la majorité des Ontariens s’ils préfèrent (qu’on bonifie leur retraite) à travers les structures existantes du RPC ou à travers un tout nouveau régime provincial qui aurait d’importants coûts administratifs, la réponse sera la première option», a fait valoir le chef progressiste-conservateur Patrick Brown. «L’Ontario, dans sa situation financière actuelle, ne peut pas se permettre de créer une autre bureaucratie géante.»

«J’encourage la première ministre à prendre les devants sur la scène nationale pour prendre avantage du RPC et (étendre) sa couverture universellement non seulement à travers la province, mais à travers le pays», la chef néo-démocrate Andrea Horwath. «Il y avait au départ de grands objectifs. Depuis, tout ce que nous voyons sont des petits délais les uns après les autres», a-t-elle critiqué du même souffle.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org