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Règlement XVII: Gisèle Lalonde favorable à des excuses


OTTAWA – La démarche du député libéral, Glenn Thibeault, visant à obtenir des excuses officielles du gouvernement provincial auprès de la communauté franco-ontarienne pour le Règlement XVII reçoit un écho favorable de la figure de SOS Montfort, Gisèle Lalonde. Mais du côté de l’opposition à Queen’s Park, on attend plus du gouvernement.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

L’ancienne mairesse de Vanier – aujourd’hui un quartier d’Ottawa – pense que ces excuses permettraient de faire mieux connaître le Règlement XVII qui a beaucoup nui au développement de la communauté franco-ontarienne, selon elle.

Adopté par les conservateurs de James Whitney, en 1912, le Règlement XVII visait à restreindre l’usage du français et à faire de l’anglais la principale langue d’enseignement dans les écoles élémentaires de l’Ontario. Le Règlement XVII n’a plus été appliqué à partir de 1927 et est tombé en désuétude en 1944.

La première ministre Kathleen Wynne a ouvert la porte à des excuses officielles du gouvernement, alors que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario a salué la proposition de M. Thibeault.

Le député de Sudbury a recueilli toutefois quelques critiques, certains jugeant qu’il s’agissait d’opportunisme politique, d’autres, comme le chef progressiste-conservateur, Patrick Brown, indiquant que le gouvernement devrait surtout se concentrer à poser des gestes concrets pour les Franco-Ontariens.

La démarche de M. Thibeault a entraîné une vive altercation, par communiqués interposés, entre le Parti libéral de l’Ontario et le Nouveau Parti démocratique (NPD).

Tout en saluant la volonté du gouvernement de présenter des excuses officielles et en reconnaissant le caractère injuste et discriminatoire du Règlement XVII, la porte-parole aux Affaires francophones du NPD, France Gélinas, a rappelé au gouvernement qu’il reste beaucoup à faire pour les Franco-Ontariens.

«Les personnes âgées ne devraient pas avoir à craindre de ne pas être comprises lorsqu’elles arrivent dans une salle d’urgence pour recevoir les soins de santé auxquels elles ont droit. Les jeunes Franco-Ontariens méritent de recevoir une éducation dans leur langue maternelle. Ils ont le droit de recevoir cette éducation, quelle que soit la région qu’ils habitent. Le gouvernement libéral a encore beaucoup à faire pour finalement mettre sur pied l’université de l’Ontario français. La mise en œuvre de telles mesures concrètes pourrait finalement réparer l’injustice du Règlement 17. (…) L’accès à tous les services publics – en français, en tout temps – est indispensable pour en finir avec la discrimination contre les Francophones de l’Ontario.»

 

«Beaucoup de bruit pour rien»?

Le gouvernement libéral, par la voix de M. Thibeault, a pointé du doigt la position du NPD, et notamment la déclaration du député de Timmins-Baie-James, Gilles Bisson, qui, en entrevue, avait estimé que la proposition de M. Thibeault était «beaucoup de bruit pour rien».

«C’est malheureux que le néo-démocrate Gilles Bisson ne voit pas ces excuses comme étant importantes. Il est allé jusqu’à dire que c’était faire «beaucoup de bruit pour rien». Je suis en total désaccord avec la réaction du député Bisson. Il s’agit ici de quelque chose d’important aux yeux de la communauté francophone de l’Ontario. Si les écoles françaises sont aujourd’hui reconnues comme étant essentielles pour cultiver et maintenir une culture et une identité franco-ontarienne forte, ce ne fût pas toujours le cas. On enseigne l’histoire afin de ne pas répéter les erreurs du passé… et notre passé comprend le Règlement 17.»

Une attaque qui fait réagir le NPD.

«Nous n’avons jamais rejeté ces excuses et appuyons la démarche du gouvernement», insiste Mme Gélinas. «Mais ce que nous voulons également, c’est que les libéraux joignent le geste à la parole. Le Règlement XVII a empêché des enfants de suivre leurs études en français et a laissé beaucoup de séquelles dans la communauté franco-ontarienne. Mais quand on regarde la situation en 2015, on voit qu’il y a encore des problèmes similaires. Il y a encore trop de parents  qui ne peuvent envoyer leurs enfants dans une école française parce que les règlements de la province en empêchent la construction dans certains secteurs où le besoin est pourtant là, comme à Hamilton. Dans Beaches-East York, à Toronto, cela fait huit ans que des pétitions sont faites pour obtenir une école secondaire de langue française! Le gouvernement a une bonne opportunité d’agir concrètement.»

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.