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Rapport Adam: une université «par et pour» les Franco-Ontariens

Le drapeau franco-ontarien devant l'hôtel de ville de Toronto. Archives, #ONfr

TORONTO – Dyane Adam recommande la création d’une université de langue française dans le Centre-Sud-Ouest située à Toronto et gérée «par et pour les francophones».

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Dans les conclusions de son rapport sur les besoins et la demande par rapport à une université de langue française dévoilées lundi 28 août, la présidente du Conseil de planification suggère de mettre une croix sur une affiliation à long terme avec une université bilingue ou de langue anglaise puisque cela «ne permettrait pas de satisfaire le principe de gouvernance du «par et pour» les francophones».

Mme Adam propose à la place un système de parrainage avec d’autres universités pour les premières années, notamment avec l’Université Ryerson et l’Université d’Ottawa. 

Avec le système de mentorat, le Conseil de planification estime que l’université de langue française serait prête à accueillir les 300 étudiants dès 2020. Avec les projections du Conseil, lorsque l’université francophone arriverait la maturité, près de 3 000 étudiants pourraient fréquenter ce campus torontois.

«Au fil des nombreuses conversations avec les universités bilingues et de langue française, le Conseil conclut qu’il était possible de créer un réseau universitaire de langue française par le biais d’affiliations académiques à l’ULF qui rayonnerait dans le Centre-Sud-Ouest, le Nord et l’Est de la province» – le Conseil de planification

Le Conseil de planification a par ailleurs noté l’intérêt de l’Université de Hearst, de l’Université Saint-Paul et de l’Université de Sudbury pour s’affilier à l’Université de langue française, peu de temps après sa fondation afin de créer des partenariats éducatifs. 

Le plan présenté par Dyane Adam s’étale sur une dizaine d’années à partir de 2018. Dès le départ, Mme Adam estime qu’il faudrait une somme de 18,5 millions de dollars  pour permettre d’établir un campus à Toronto. En tout, ce sont plus de 83,5 millions de dollars sur une décennie qui seront nécessaires, dont la moitié payée par le gouvernement provincial.

Le fédéral viendrait fournir la balance.

 

Toronto comme base

En examinant les emplacements possibles, le Conseil de planification suggère de créer un «milieu résolument français, dynamique et immersif pour ses étudiants». On propose donc de créer un «Carrefour francophone du savoir et de l’innovation» avec ses deux partenaires éducatifs principaux, le Collège Boréal et le Groupe média TFO.

Dyane Adam note qu’avec l’urgence de trouver de nouveaux locaux pour le Collège Boréal, il s’agit d’une opportunité pour créer un partenariat. Elle suggère donc au gouvernement de ternir en compte de cet échéancier.

 

Un comité de transition sera en place

À la lumière de la publication de ce rapport, le gouvernement ontarien a indiqué accepter la vision globale présentée par Dyane Adam et son conseil.

D’ici les prochains mois, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle déposera un projet de loi à Queen’s Park pour créer l’entité légale de l’université de langue française.

Un porte-parole pour le gouvernement indique être conscient qu’il faut se mettre au travail rapidement. À cet effet, le gouvernement s’engage à mettre sur pied un comité de transition pour s’attaquer aux questions techniques, notamment celle du personnel.

 

Principales recommandations:

  • Que la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle (MESFP) soumette, au nom du gouvernement, un projet de loi à l’Assemblée législative qui dote l’Université de langue française d’une charte autonome lui conférant : la possibilité de s’affilier à d’autres institutions et celle d’affilier d’autres institutions;
  • Créer une structure de gouvernance et de gestion autonome et d’expression française, reflétant la diversité francophone du Centre-Sud-Ouest et de la province, et conçue en vue d’une meilleure agilité administrative et une ouverture aux apports des communautés, du marché du travail et des partenaires;
  • L’établissement d’un conseil de gouvernance et d’un conseil universitaire (sénat) par et pour les francophones
  • Cette nouvelle université porte le nom suivant: «Université de l’Ontario français»

 

L’intégrale du rapport du Dyane Adam

Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72