#Francophonie, #Ontario

Queen’s Park: le postsecondaire et la santé comme priorités francophones

Madeleine Meilleur
Madeleine Meilleur, ancienne ministre responsable des Affaires francophones de l'Ontario. Archives #ONfr

TORONTO – Une fois n’est pas coutume, les dossiers du postsecondaire et des services de santé en français seront dans la mire des Franco-Ontariens lors de la session parlementaire d’automne à Queen’s Park, débutée lundi 14 septembre.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @SebPierroz

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

La néo-démocrate France Gélinas se montre même plus spécifique: «L’université franco-ontarienne est le dossier numéro 1 pour les francophones», fait part à #ONfr, la critique de son parti en matière d’Affaires francophones.

Une réponse du gouvernement dans le dossier se fait «toujours attendre», estime même le président de l’Assemblée de la francophonie (AFO), Denis Vaillancourt. D’autant que Mme Gélinas avait donné un important coup de pouce au projet d’université au printemps en déposant un projet de loi pour la création de cette nouvelle institution.

Du côté des étudiants, on ronge aussi son frein. Un pas en avant de la province est toujours souhaité, sept mois après une première demande formelle de leur part. Avec l’idée pour eux de voir un premier campus d’ici 2018 dans la région de Toronto.

Le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) profitera aussi de cette session parlementaire pour évaluer le rapport d’un comité consultatif sur le postsecondaire en français dans le Centre-Sud-Ouest. Dévoilé probablement avant la fin de l’année, le document pourrait fournir de nouvelles pistes pour bonifier l’offre de services en français dans la région de Toronto.

En entrevue pour #ONfr, Madeleine Meilleur dit aussi surveiller d’un œil l’évolution du collège d’Alfred. «L’établissement ne doit pas seulement exister, mais il doit aussi fleurir avec des partenariats économiques», soutient la ministre déléguée aux Affaires francophones au sujet de l’établissement longtemps menacé de fermeture et aujourd’hui géré par La Cité.

 

Angoisse à Penetanguishene

Si le projet d’université franco-ontarienne génère des attentes, un établissement déjà existant suscite de plus en plus de craintes quant à son avenir: le campus de l’Hôpital général de la baie Georgienne (HGBG) à Penetanguishene. Car celui-ci pourrait définitivement fermer ses portes en 2016, en raison d’une restructuration. Une menace que certains associent à «un nouveau Montfort».

L’établissement est pourtant partiellement désigné en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario (Loi 8).

Sur le terrain, les francophones restent accrochés au rapport du commissaire aux services en français François Boileau. Les résultats de cette enquête sur la planification des soins de santé dans la région devraient être publiés au courant de l’automne.

«Malgré les engagements du gouvernement, il n’y absolument rien de nouveau. Ça me tracasse», constate Mme Gélinas. «On est peut-être en train de créer un précédent qui est alarmant. Si des actions comme ça continuent à se faire, il sera bientôt impossible de reculer.»

Le Dr Eric Hoskins, ministre de la Santé et des Soins de longue durée, évoque toujours «l’obligation légale» de l’établissement de fournir des services en français, sans en garantir son avenir.

 

Moyens

En mai dernier, la ministre déléguée aux Affaires francophones avait terminé la session parlementaire sur un succès clé: le vote d’une cible de 5% d’immigrants francophones en Ontario.

Quatre mois plus tard, l’AFO reste encore sur sa faim. «La loi est adoptée, mais les moyens sont encore en élaboration», fait part M. Vaillancourt. «Nous sommes conscients que le processus d’immigration en Ontario reste très dépendant du fédéral. La province n’a pas la même liberté d’action en la matière que le Québec.»

Même son de cloche pour la Mme Meilleur: «Nous avons besoin de leur aide (le gouvernement fédéral).»

La proportion de nouveaux arrivants francophones en Ontario n’était que de 1,75% sur la période 2006-2011, selon l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) réalisée par Statistique Canada en 2011.

Autre réussite non négligeable de Mme Meilleur, l’amélioration des services juridiques en français pourrait de nouveau s’élargir dans les prochains mois. «On regarde en ce moment du côté de Cornwall, Kapuskasing ou encore Sudbury pour offrir ces services.»

Un projet pilote lancé à Ottawa, le 29 mai, visait justement à fournir plus de renseignements  visibles pour aiguiller facilement les résidents vers un service en français.

À noter que le chef progressiste-conservateur, Patrick Brown, interrogé récemment sur ses objectifs en matière de francophonie, a déclaré vouloir se concentrer sur des questions d’énergie et d’économie.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org