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Projet de dépotoir: un nouveau cri d’alarme des opposants

Les manifestants contre un projet de dépotoir dans l'Est ontarien réunis devant le bureau du député Grant Crack. Sébastien Pierroz

ROCKLAND – Le comité «Dump the Dump 2» se fait toujours entendre. À quelques semaines d’une décision finale du ministère de l’Environnement pour le projet de dépotoir et de centre de recyclage du groupe d’entreprises Taggart et Miller Environnemental Services (TMES), les opposants ont donné de la voix, vendredi 13 mai.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Réunis devant le bureau de circonscription du député provincial de Glengarry-Prescott-Russell, Grant Crack, à Rockland, une vingtaine de manifestants ont bravé la pluie pour dénoncer le projet d’un centre de traitement des déchets commerciaux, industriels et de construction. Une idée toujours envisagée à Carslbad Springs dans le quartier Cumberland de la Ville d’Ottawa.

Pancarte en main, Lucie Régimbald de la Coalition des citoyens de la région de la Capitale pour la protection de l’environnement (CCRCPE) – regroupé autour de l’idée «Dump the Dump 2» – était de ceux-là: «Les résidents sentent que les quatre enjeux principaux qu’on a soulevé n’ont pas été résolus de façon satisfaisante», a-t-elle fait valoir au micro d’#ONfr.

Une référence directe à l’évaluation environnementale du projet rendu public le 15 avril dernier par le ministère de l’Environnement. Les commentaires sont encore possibles jusqu’au 20 mai.

Le comité espère maintenant que le projet sera «rejeté ou référé» au Tribunal de l’environnement. «Il y a tellement une grande différence de points de vue des deux côtés (l’évaluation environnementale et la Coalition) que la seule façon est de l’envoyer à ce Tribunal. Ce n’est pas possible que le ministre de l’Environnement, Glen Murray, fasse une décision avec le simple brieffage de ses bureaucrates.»

Au bout de quelques minutes, M. Crack est apparu pour discuter avec les manifestants: «Je comprends bien la frustration, mais en même temps, il y a des professionnels et des bureaucrates qui sont au courant de plusieurs dossiers», a-t-il partagé à #ONfr.

La semaine dernière, c’est la députée d’Ottawa-Orléans, Marie-France Lalonde, qui a rencontré le groupe. «Les résidents de sa circonscription sont aussi impliqués par le projet. Elle nous a dit faire confiance au processus», rapporte Mme Régimbald.

Principaux motifs d’inquiétude: la possibilité que l’eau de ruissellement, appelée lixiviat, contamine les nappes souterraines, mais aussi le fait que le site puisse héberger des déchets de Toronto.

 

«Déçus» par la Ville d’Ottawa

La Ville d’Ottawa s’était engagée indirectement contre le projet, en débloquant en 2013 et 2014 un total de 75 000 $ en faveur de la Coalition. Un engagement sans lendemain, juge Mme Régimbald. «Ils ont été un peu amorphes par la suite. Nous sommes très déçus par la Ville.»

La CCRCPE se rendra devant le Comité de l’environnement de la Ville d’Ottawa, ce mardi. Une manière de rappeler une nouvelle fois les craintes liées au projet.

Une idée semblable avait déjà été proposée par TMES sur le site de la municipalité de Russell dans l’Est ontarien. Très contesté, celle-ci avait été abandonnée en 2012.

À noter qu’Hubert Bourque, porte-parole de Taggart-Miller, n’était pas disponible pour une entrevue, au moment de mettre ses informations sous presse.

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.