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Plus d’un millier de manifestants pour le bilinguisme officiel à Ottawa

Les manifestants devant l'hôtel de ville d'Ottawa. Crédit image: Sébastien Pierroz

OTTAWA – L’exercice était pour le moins inédit. Mercredi 31 mai, ils étaient plus d’un millier à défiler dans les rues d’Ottawa pour demander la désignation officiellement bilingue de la capitale du Canada.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Largement composée d’élèves des écoles secondaires, la foule partie du Parc Strathcona a emprunté l’avenue Laurier pour terminer sa marche devant l’Hôtel de ville d’Ottawa, le tout sous escorte policière.

Au son de «Qu’est-ce qu’on veut? Ottawa bilingue!», les manifestants, équipés pour le coup de trompettes et pancartes, se sont finalement rassemblés environ une demi-heure devant les portes de l’édifice municipal. Mais aucun conseiller municipal n’était présent sur place.

«Il se peut qu’ils travaillent mais nous, on n’est pas déçu», soutient en entrevue à #ONfr, Yacomba Condé, coprésident du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO). «Nous sommes là, nos organismes sont là, nos représentants sont là, et les politiciens, on les rencontre souvent.»

M. Condé était invité à prendre le micro devant la foule dans laquelle on pouvait distinguer les drapeaux franco-ontariens, mais aussi un ou deux drapeaux québécois, et autre britanno-colombien.

«Je suis sûr de n’être pas le seul à me demander pourquoi ça prend autant de temps», a scandé pour sa part le président élu de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), Pablo Mhanna-Sandoval, devant les manifestants. «Laissez-moi vous dire que le maire Watson et le conseil municipal, ils ont peur. Ils ont peur du bilinguisme officiel, ils ont peur de rouvrir un débat qu’ils savent qu’ils ne peuvent pas gagner. Ils ont peur de nous, la jeunesse franco-ontarienne!»

Ottawa sera-elle officiellement bilingue en 2017? Les militants y croient encore, même si l’espoir s’amenuise un peu plus chaque jour.

Les conseillers municipaux désireux de faire d’Ottawa une ville officiellement bilingue ne sont toujours pas en majorité pour espérer changer la donne. L’objectif reste d’incorporer la politique de bilinguisme actuelle de la municipalité dans son règlement sur le bilinguisme et de modifier la Loi provinciale de 1999 sur la Ville d’Ottawa pour qu’elle «reconnaisse explicitement l’égalité de statut des langues française et anglaise au sein de la Ville d’Ottawa».

Militante pour la désignation bilingue, la politologue Linda Cardinal était aussi des marcheurs. «C’est un enjeu public cette question-là, à travers le Canada (…) J’ai très confiance que les élus vont avancer. On est en campagne préélectorale en Ontario, on a un maire qui va vouloir être réélu, s’il ne veut pas porter le boulot de cette question pendant encore d’autres campagnes électorales, il va falloir, à un moment donné, que les élus se branchent.»

De cette journée de mobilisation, la seconde partie aura lieu en soirée avec le ralliement citoyen à l’École secondaire publique De La Salle.

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.