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Peu d’élus pour entendre le groupe #OttawaBilingue

Le groupe #OttawaBilingue a présenté ses arguments devant quelques députés fédéraux et sénateurs, le mardi 30 mai. Crédit image: Benjamin Vachet

OTTAWA – Invité par le député néo-démocrate et porte-parole aux langues officielles pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), François Choquette, le groupe #OttawaBilingue a présenté ses arguments devant quelques députés fédéraux et sénateurs, le mardi 30 mai.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

À la veille de la journée d’action citoyenne organisée le 31 mai, les représentants de l’initiative #OttawaBilingue ont expliqué les avantages de rendre la Ville d’Ottawa officiellement bilingue, tant sur le plan économique, que symbolique, alors que 2017 marque le 150e anniversaire de la Confédération canadienne.

Les militants tentent de faire reconnaître officiellement le bilinguisme de la capitale du Canada en incorporant la politique de bilinguisme actuelle de la municipalité dans son règlement sur le bilinguisme et en modifiant la Loi provinciale de 1999 sur la Ville d’Ottawa pour qu’elle «reconnaisse explicitement l’égalité de statut des langues française et anglaise au sein de la Ville d’Ottawa».

«Nous ne voulons pas un calque du bilinguisme au niveau fédéral», a insisté François Baril, l’un des porte-paroles du regroupement qui rassemble plusieurs organismes francophones, dont l’Association des communautés francophones (ACFO) d’Ottawa, la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada (FAAFC), la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) ou encore, le Mouvement pour une capitale du Canada officiellement bilingue (MOCOB).

Reconnaissant que la politique de bilinguisme et le règlement municipal sur le bilinguisme «fonctionnent généralement bien depuis 2001» et que les plaintes sont décroissantes en matière d’accès aux services en français à Ottawa, le groupe explique vouloir protéger ce qui existe déjà, assurant que leur demande n’entraînera ni coûts additionnels, ni pertes d’emplois.

«Actuellement, il y a l’obligation d’avoir une politique de bilinguisme à Ottawa, mais il n’est pas précisé quelle politique ça doit être. De plus, les conséquences de son non-respect sont très minimes. Ces derniers 20 ans, la Ville d’Ottawa a choisi d’aller plus loin que ce qui est prévu, mais ça pourrait changer selon le conseil municipal.»

Si les militants d’#Ottawabilingue veulent maintenir leur démarche au niveau municipal, ils souhaitent que les représentants fédéraux appuient et fassent connaître leur initiative auprès de la population, des autres élus fédéraux et des conseillers municipaux d’Ottawa, précisant que le maire, Jim Watson, s’y oppose farouchement.

Ils ont également suggéré au gouvernement fédéral de signifier à la municipalité son ouverture à soutenir financièrement d’éventuels coûts additionnels, en cas d’une hausse des demandes de services en français, par exemple.

 

Le message d’#OttawaBilingue entendu

Selon la députée libérale d’Ottawa-Vanier, Mona Fortier, qui elle-même contribuait à l’initiative il y a encore quelques mois avant d’être élue, le message a été entendu.

«On va pouvoir aller partager l’information reçue aujourd’hui avec nos collègues et les sensibiliser. Au niveau local, dans la région de la capitale nationale, les gens en ont entendu parler, mais dans les autres circonscriptions, pas nécessairement. Des événements comme celui-ci permettent de commencer à faire connaître l’initiative, mais il y en aura d’autres à avoir.»

Car ils étaient peu nombreux à s’être déplacés mardi soir. Outre Mme Fortier, son collègue libéral Francis Drouin, de Glengarry-Prescott-Russell, a assisté à pratiquement toute la présentation, mais connaissait déjà le dossier. Le président du comité permanent des langues officielles, Denis Paradis, n’a fait qu’un passage éclair, tout comme le secrétaire parlementaire de la ministre du Patrimoine canadien, Sean Casey, et le député d’Orléans, Andrew Leslie.

Du côté des néo-démocrates, Pierre-Luc Dusseault et Alexandre Boulerice sont venus entendre les arguments du groupe, ce dernier avouant même être surpris qu’Ottawa ne soit pas déjà officiellement bilingue. Les conservateurs étaient pour leur part absents, tandis que la sénatrice franco-ontarienne Lucie Moncion est passée entre deux comités, à l’inverse de Marie-Françoise Mégie qui a assisté à toute la rencontre.

Malgré le peu d’affluence, Bernadette Sarazin du groupe #OttawaBilingue assurait ne pas être déçue.

«Comme lorsque nous sommes allés à Queen’s Park, l’objectif est d’informer le plus grand nombre de personnes. C’était la première fois qu’on rencontrait des députés fédéraux en groupe et ceux qui étaient présents vont pouvoir user de leur influence pour en parler autour d’eux, aux conseillers municipaux, au bureau du maire… Nous sommes confiants qu’aujourd’hui n’est que le début de notre conversation avec le pallier fédéral.»

Le député Choquette ne voulait pas blâmer les absents.

«On aurait aimé qu’il y ait plus de gens, c’est sûr, mais la Chambre des communes a commencé à siéger le soir ce qui empêche certains collègues d’être là. Mais il y avait assez de monde pour créer des agents multiplicateurs qui vont pouvoir instruire leurs collègues. C’est ça, mon espoir! J’ai entendu trop de collègues fédéraux manquer d’informations ou refuser de se prononcer en renvoyant la question au palier municipal. Nous devons être des agents positifs pour ce mouvement et faire savoir que nous sommes prêts à appuyer la municipalité et la province.»

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.