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Penetanguishene: le choix du ministre, le «plan B» de l’opposition

L'hôpital de Penentanguishene. Archives

TORONTO – La possibilité qu’un carrefour communautaire de santé vienne s’installer dans l’hôpital de Penetanguishene après sa fermeture définitive suscite des réactions mitigées à Queen’s Park. Si le gouvernement libéral parle d’une solution d’avenir, l’opposition, de son côté, n’y voit qu’un bon «plan B» dans les circonstances.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

L’hôpital de Penetanguishene, qui est rattaché à l’Hôpital général de la baie Georgienne (HGBG), est condamné à la fermeture en 2016 pour des raisons financières. Certains services qui y sont offerts sont toutefois désignés en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario, ce qui oblige le gouvernement provincial à trouver une solution qui ne laisse pas en plan les francophones de l’endroit.

Pour se sortir de l’impasse, le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario planche, avec l’organisme Chigamik, de Midland, sur un projet de «centre multidisciplinaire» qui continuerait à offrir certains services de santé en français dans l’hôpital de Penetanguishene après sa fermeture, comme l’a révélé #ONfr.

«C’était très important pour moi d’explorer toutes les options pour Penetanguishene», a confié à #ONfr le Dr Eric Hoskins, ministre de la Santé et des Soins de longue durée. «Mais j’étais très enthousiaste, dès le départ, d’avoir la possibilité d’installer un carrefour communautaire de santé à cet endroit. J’ai demandé à mon ministère de travailler vigoureusement dans ce sens avec la communauté médicale et aussi les leaders de la communauté.»

Le Dr Hoskins voit dans des projets comme celui de Chigamik, qui pourrait regrouper sous un même toit entre 15 et 20 organismes qui offriraient chacun des services de santé complémentaires, une solution d’avenir pour certaines régions rurales de la province. «C’est ce que je souhaite voir lorsqu’un hôpital vit une telle transition», a-t-il précisé.

 

Indéfendable, selon l’opposition

Le chef progressiste-conservateur Patrick Brown, récemment élu dans la circonscription de Simcoe-Nord qui inclut Penetanguishene et Midland, ne voit toutefois pas les choses du même œil. Il est indéfendable, selon lui, que le gouvernement n’ait pas 1 million $ pour maintenir ouvert un hôpital à Penetanguishene mais qu’il ait de quoi payer des primes de plus de 5 millions $ à des organisateurs des Jeux panaméricains et parapanaméricains de Toronto.

«C’est important de protéger les services de santé en français», a insisté M. Brown lors d’une entrevue téléphonique en français avec #ONfr. «Mais c’est typique de ce gouvernement libéral de dire qu’une chose est importante et ensuite prendre une direction différente.»

Bien qu’il appuie le projet de Chigamik comme «un plan B» dans les circonstances, M. Brown s’est dit par ailleurs estomaqué que le conseil municipal de Penetanguishene ait été sollicité pour une contribution de 375000$ au futur carrefour. «Ça ne devrait pas être la responsabilité des municipalités de s’occuper de la santé», a-t-il fustigé au bout du fil.

«C’est le prix de consolation» a réagi à son tour la néo-démocrate France Gélinas à #ONfr. «C’est le compromis local que les gens de Penetanguishene ont trouvé. Il ne faut pas se leurrer. Ce qu’ils voulaient à la base, c’était un hôpital complètement désigné. Ils se sont résignés car ça ne pouvait pas arriver», a relancé l’élue de Nickel Belt et critique de la deuxième opposition à Queen’s Park en matière d’Affaires francophones et de Santé.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org