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Patrick Brown veut parler d’avenir aux francophones

Le chef progressiste-conservateur, Patrick Brown, prépare déjà 2018. Archives

OTTAWA – Le chef progressiste-conservateur Patrick Brown dit vouloir parler d’avenir aux francophones de l’Ontario.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

Le chef de l’opposition à Queen’s Park dit qu’il en a assez de se faire remettre sur le nez par le gouvernement libéral les erreurs historiques de sa formation en matière d’Affaires francophones, de l’«infâme» Règlement XVII qui a interdit l’enseignement du français en 1912 à la crise de l’hôpital Montfort d’Ottawa en 1997.

«Je n’étais même pas assez vieux pour voter quand Mike Harris est devenu premier ministre», dit M. Brown, 37 ans, en référence à son prédécesseur d’il y a deux décennies qui a tenté à l’époque de fermer le seul hôpital francophone de la province.

L’homme fort du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario s’est déjà levé quelques fois dans la Législature pour défendre, en français, les intérêts de la minorité francophone de la province. Il s’est opposé à la fermeture de l’hôpital de Penetanguishene, qui prodiguait certains soins en français, et il a appuyé la création d’une université de langue française à Toronto.

«Mon père m’a toujours dit qu’une des plus belles choses de notre pays est qu’il est bilingue. Il m’a enrôlé très jeune dans des cours de français. Il m’a encouragé à prendre des cours d’immersion française à Trois-Rivières pendant que j’étais à l’université», raconte M. Brown.

Quelques heures avant de s’entretenir en tête à tête avec #ONfr en marge d’un congrès politique à Ottawa, le chef du Parti PC de l’Ontario a prononcé un discours avec «une abondance de français», selon ses propres mots, devant des centaines de ses militants. Une première, fait-il remarquer.

«Les libéraux ne veulent pas parler des enjeux d’aujourd’hui. Ils veulent parler du passé. Moi, je veux parler de l’avenir», lance un Patrick Brown particulièrement vindicatif. «Je suis fier de diriger un parti qui est un véritable ami de la communauté franco-ontarienne.»

 

«Le courage de changer»

Cet avenir dont veut parler M. Brown passerait d’abord par une université véritablement «par et pour» les francophones.

«La ministre Madeleine Meilleur est incapable de dire pourquoi son gouvernement ne met pas en place l’infrastructure pour une université de langue française. Elle est incapable de le dire. Alors elle préfère me lancer des fléchettes», dénonce M. Brown. «La tactique des libéraux est de me salir et de m’attaquer.»

Il faut dire, d’un point de vue francophone, du moins, que le contraste entre le Parti PC d’hier et celui d’aujourd’hui est particulièrement saisissant.

La formation politique qui a interdit le français dans les écoles de l’Ontario au début du XXe siècle veut aujourd’hui que la minorité linguistique ait sa propre université. Cette même formation qui a cherché à fermer le seul hôpital entièrement francophone dans la province tente aujourd’hui d’empêcher la fermeture d’un autre établissement de santé offrant des services en français.

«Le parti doit avoir le courage de changer», réplique M. Brown à #ONfr.

Ce changement que le chef du Parti PC dit vouloir à insuffler à sa formation ne se traduit pas seulement par une plus grande ouverture aux francophones, mais aussi, dit-il, à toute une «mosaïque» de militants plus jeunes et d’origines plus diverses qu’avant. Il se traduit aussi, selon lui, par des politiques plus progressistes comme l’imposition d’un prix sur le carbone pour décourager les pollueurs.

Sincère, M. Brown? Les libéraux à Queen’s Park me manquent pas une occasion de remettre en question ce qu’ils qualifient de «récente épiphanie» du chef progressiste-conservateur, connu jusqu’à l’an dernier comme un homme résolument à droite.

Le principal intéressé, lui, parle de «coups bas» de la part de ses rivaux.

«Les libéraux peuvent m’attaquer», laisse tomber Patrick Brown. «Mais s’ils veulent avoir de meilleurs résultats aux urnes que (lors des élections partielles) dans Simcoe-Nord et Whitby-Oshawa, ils doivent parler des vrais enjeux au lieu de m’attaquer. Ils auraient dû aller à Penetanguishene, comme moi, pour parler de la fermeture de l’hôpital et son impact sur la communauté francophone».

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org