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Ottawa-Vanier: quel rôle francophone pour Mona Fortier?

La nouvelle députée fédérale d'Ottawa-Vanier, Mona Fortier. Crédit image: Archives #ONfr

OTTAWA – La nouvelle députée fédérale d’Ottawa-Vanier Mona Fortier est donc la successeure de Mauril Bélanger depuis lundi soir. Mais la Franco-Ontarienne entre dans la lignée d’une longue série de députés francophones.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Que ce soit Jean-Robert Gauthier (en fonction de 1972 à 1994), puis Mauril Bélanger (1995-2016), mais aussi Madeleine Meilleur, ou encore Bernard Grandmaître au provincial, la circonscription a souvent compté des élus connus pour leur implication sur les questions franco-ontariennes.

«On attend plus du mandat de Mona Fortier à cause des députés dans le passé», laisse entendre Linda Cardinal, professeure titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques à l’Université d’Ottawa. «La plupart d’entre eux ont fait avancer les dossiers francophones.»

Pour sa collègue de l’Université d’Ottawa, Caroline Andrew, le rôle du député d’Ottawa-Vanier est quelque peu différent de celui de Glengarry-Prescott-Russell ou d’Orléans. «Le député de ce comté est un peu un porte-parole. Il y a dans Ottawa-Vanier une fonction de capitale fédérale. Il s’agit donc d’un symbole de la francophonie au sens large.»

Désignation bilingue d’Ottawa, participation fédérale au financement de l’université franco-ontarienne, Mona Fortier s’est beaucoup engagée dans les quelques semaines de campagne. «On est dans l’électoralisme», poursuit Mme Cardinal. «Un député a un pouvoir très limité (…) Mais il faut reconnaître que les députés francophones en Ontario sont très attendus sur les questions des langues officielles, beaucoup plus que les élus québécois.»

Mme Andrew abonde dans le même sens. «Elle va faire son possible, je pense, mais on est toujours un député parmi d’autres. Il y aura une marge de manœuvre pour s’exprimer, ce sera à elle d’utiliser les opportunités.»

De là à se différencier de Mauril Bélanger, que Mme Fortier ne cesse de revendiquer comme son mentor? Si Mme Cardinal voit avant tout une «continuité», Mme Andrew estime que la femme d’affaires et communicatrice aura une approche distincte. «M. Bélanger était plus un homme de consensus. Je vois Mme Fortier comme quelqu’un de plus à l’aise d’exprimer ses idées.»

 

Château-fort libéral… et francophone

Toujours est-il que la circonscription de l’Est d’Ottawa n’a pas failli à sa réputation de «château-fort» libéral. Sans surprise, Mme Fortier a raflé plus de la moitié des suffrages (51,2 % des voix). Loin devant la néo-démocrate Émilie Taman (28,7 %), mais en retrait de six points par rapport au score de Mauril Bélanger en 2015.

«Il y a un phénomène de gentrification dans Ottawa-Vanier observable depuis plusieurs années et qui demeure favorable aux libéraux», soutient Mme Andrew.

Les libéraux sont au pouvoir dans le comté depuis sa création en 1935. Au niveau provincial, il faut remonter à 1967 pour voir les progressistes-conservateurs l’emporter.

Durant la dernière élection partielle, la candidature ambitieuse d’André Marin pour le parti de Patrick Brown s’était soldée par un cuisant échec. Nathalie Des Rosiers avait facilement succédé à Madeleine Meilleur.

«Ottawa-Vanier a toujours eu une fierté à élire un député francophone. Statistiquement, c’est possible d’avoir un jour un élu unilingue, mais politiquement cela reste peu probable.»

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.