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Ottawa-Vanier: la francophonie à l’honneur d’un débat terne

Les candidats lors du débat, le mardi 8 novembre. Crédit image: Sébastien Pierroz

OTTAWA – Le débat entre les candidats à l’élection provinciale dans Ottawa-Vanier n’a pas apporté beaucoup de réponses, le mardi 8 novembre, en soirée. Il a quand même permis d’entendre huit prétendants s’exprimer pendant une heure et demie en français.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Organisé par l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO d’Ottawa), le débat avait pour formule de laisser 90 secondes de temps de réponse pour chaque candidat. Une méthode qui a manifestement limité le temps de parole et les échanges.

À ce jeu-là, le progressiste-conservateur André Marin et la libérale Nathalie Des Rosiers se sont montré les plus habiles, chacun dans leurs rôles.

Sans surprise, l’ancien ombudsman de l’Ontario n’a cessé d’attaquer les libéraux sur leur bilan dans Ottawa-Vanier, circonscription qu’ils détiennent depuis 1971: «Avec les libéraux, ce sont toujours de bons mots pour appuyer peu d’actions.»

Le candidat vedette du parti de Patrick Brown s’est montré critique sur le développement pris par le comté en 45 ans. «Prenez une marche à Westboro, et une à Ottawa-Vanier, c’est le jour et la nuit. Ottawa-Vanier a été négligé.»

Mme Des Rosiers a passé la plupart de son temps à défendre le bilan de son nouveau parti. «Il y a des progrès, Ottawa est la deuxième croissance économique de l’Ontario, le taux de chômage a baissé, beaucoup d’infirmières ont été embauchées», a-t-elle rappelé en guise d’allocution finale.

Attendu lui aussi, le néo-démocrate Claude Bisson a commis des maladresses, parlant de la députée «Francine Gélinas» (au lieu de France), et déclenchant les rires du public après avoir maladroitement exigé «un salaire minimum de 15$ par année».

Du côté des «petits candidats», c’est John Turmel, connu pour se présenter régulièrement dans beaucoup d’élections, qui a animé un débat finalement insipide. Seul des huit prétendants à avoir provoqué les applaudissements (non autorisés), le militant procannabis a maintes fois exhorté la cinquantaine de résidents présents à ne pas croire les politiciens.

Parmi les autres candidats derrière les lutrins se trouvait aussi Elizabeth de Viel Castel, la fille de l’ancien député fédéral Pierre Lemieux. Représentante du Parti Fin au nouveau programme d’éducation sexuelle, la jeune femme a dénoncé l’enseignement sexuel comme inadapté pour les enfants.

Les trois autres participants étaient David McGruer (Parti de la Liberté), Above Znoneofthe (Aucune de ces Réponses Parti de l’Ontario) et Dean T. Harris (Parti libertarien).

 

Immigration, université et bilinguisme

La francophonie a occupé une bonne partie des discussions de la soirée. Interrogés chacun leur tour sur l’immigration francophone, les candidats ont donné des moyens différents pour l’Ontario de parvenir à ses fins.

Mme Des Rosiers, doyenne de la faculté de droit à l’Université d’Ottawa, a vanté l’apport des «étudiants internationaux», tandis que M. Bisson a insisté sur le besoin d’une université franco-ontarienne. M. Marin a préféré dénoncer l’absence d’une politique ambitieuse en matière d’immigration de la part du gouvernement, prenant l’exemple de la cible de 7 % fixée par le Manitoba, contre 5 % en Ontario.

En revanche, les trois principaux candidats sont tombés plutôt d’accord sur le principe du bilinguisme officiel à la Ville d’Ottawa, tout en renvoyant la balle à la municipalité. «Si le conseil vote en faveur, je m’engage à l’appuyer», a répété M. Marin. Sa rivale libérale a fait savoir qu’elle «soutenait les conseillers municipaux qui mènent cette bataille».

L’élection dans Ottawa-Vanier se déroulera le jeudi 17 novembre. Le vainqueur succédera à l’ancienne députée Madeleine Meilleur.

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.