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Ottawa-Vanier: ça s’active aussi au fédéral

Pour les élections ont ariennes de 2018, il y aura 123 ou 124 circonscriptions. Archives #ONfr

OTTAWA – Si l’élection partielle au niveau provincial monopolise l’attention des électeurs dans Ottawa-Vanier, la future campagne fédérale dans la circonscription de l’Est de la capitale commence également à susciter de l’intérêt chez les candidats potentiels, principalement au Parti libéral du Canada.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Du côté du Parti libéral du Canada (PLC), la course s’annonce disputée pour succéder à Mauril Bélanger, le député franco-ontarien disparu le 15 août dernier et qui a occupé le poste pendant les 21 dernières années. Mardi 25 octobre, un troisième nom s’est ajouté à la liste des prétendants.

L’ancienne directrice principale du marketing stratégique et des communications du collège franco-ontarien d’Ottawa, La Cité, et militante libérale de longue date, Mona Fortier, a décidé de sauter dans l’arène politique.

«Tout au long de cette campagne à l’investiture et lors de la campagne générale, je visiterai les quatre coins de la circonscription, et écouterai les préoccupations des gens afin de pouvoir agir dans le respect de leurs intérêts», promet celle qui a travaillé sur la dernière campagne électorale de Mauril Bélanger et qui le cite comme son mentor politique. «Je suis convaincue que le plan de Justin Trudeau pour un vrai changement fait une différence dans la vie des Canadiennes et Canadiens. Notre chef a une vision pour notre pays en mettant en avant-plan un programme positif, ambitieux et plein d’espoir», poursuit-elle.

Ottawa-Vanier PLC

La nouvelle candidate s’ajoute à une liste qu’avait commencée l’ancienne animatrice et actuelle directrice générale de la radio communautaire francophone d’Ottawa Unique FM, Véronique Soucy.

Entre-temps, un autre candidat avait également fait part de son intention de briguer l’investiture libérale.

Dans une lettre d’opinion publiée dans le quotidien Le Droit, le mercredi 19 octobre, Nicolas Moyer dressait son portrait du candidat idéal: «Ottawa-Vanier a besoin d’une voix qui se traduira en actions alors que de gros projets sont à l’horizon – le tunnel sous le centre-ville, le redéveloppement de la base militaire de Rockcliffe, le site d’injection supervisé, etc. (…) Ottawa-Vanier a besoin de sang nouveau, fidèle aux valeurs libérales sans être enchaîné à l’ancien ordre des choses.» Depuis, celui qui se décrit comme un entrepreneur a indiqué qu’il allait tenter sa chance.

 

Château fort libéral

L’engouement libéral autour de la circonscription d’Ottawa-Vanier ne constitue pas une surprise. Véritable château fort depuis Ottawa-Est, de 1935 à 1973, puis Ottawa-Vanier après 1974, la victoire semble difficile à échapper pour celui ou celle qui représentera le parti de Justin Trudeau lors de l’élection partielle.

En octobre 2015, M. Bélanger avait obtenu les faveurs des électeurs pour une huitième fois avec 57,57% des votes, sa victoire la plus probante depuis 1997.

D’autres candidats pourraient s’ajouter à la liste des prétendants, dont le conseiller municipal de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, l’ancienne candidate au conseil municipal d’Ottawa, Catherine Fortin LeFaivre ou encore, l’ancien député fédéral Francis LeBlanc. M. Fleury a indiqué poursuivre sa réflexion et se donner «jusqu’au 1er décembre» pour prendre une décision. Également citée parmi les candidats potentiels, Catherine Bélanger, la veuve du député récemment disparu, Mauril Bélanger, ne devrait en revanche pas faire partie de la course à l’investiture, selon ce qu’a appris #ONfr.

«Il y a plusieurs personnes intéressées», confirme le président de l’Association libérale fédérale d’Ottawa-Vanier, Tony Stikeman, dans un échange de courriels. «Pour l’instant, aucune date n’a été fixée pour l’investiture, mais ça pourrait intervenir au début de l’année 2017.»

 

Plus calme dans l’opposition

Chez les partis d’opposition, l’enthousiasme est plus mesuré. Le Parti conservateur du Canada (PCC) et son association locale d’Ottawa-Vanier n’ont pas répondu à nos demandes d’information sur sa course à l’investiture.

Du côté du Nouveau Parti démocratique (NPD), seule Émilie Taman a pour l’instant fait part de son intérêt, selon la présidente de l’association locale, Melanie Sanderson.

Emilie Taman

«C’est sûr que plus je vois ce qui se passe à Ottawa, avec un gouvernement libéral qui ne va manifestement pas respecter ses promesses, plus ça me donne envie de me lancer dans la course. Mais je dois encore clarifier certaines choses avec mon employeur pour décider si je me lance ou pas dans la course à l’investiture. Je peux simplement confirmer que pour l’instant, je suis intéressée», confie à #ONfr la nouvelle professeure de la Faculté de droit à l’Université d’Ottawa qui avait tenté sa chance aux dernières élections.

En octobre 2015, Mme Taman avait terminé à la seconde place avec 19,25% des votes, devant le candidat conservateur David Piccini, qui obtenait 19,11% des votes, mais loin de M. Bélanger. À noter qu’à l’heure actuelle, tous les candidats déclarés ou intéressés sont bilingues, ce qui semble être un critère important dans la circonscription, bien que la francophonie y ait perdu des plumes.

Mais les chances des deux partis de l’opposition semblent minces. Et si l’on se fie aux résultats de l’élection partielle fédérale dans la circonscription de Medicine Hat-Cardston-Warner, en Alberta, le lundi 24 octobre, les électeurs restent fidèles dans les bastions des partis. Le conservateur Glen Motz y a succédé au député du PCC Jim Hillyer, décédé d’une crise cardiaque en mars dernier.

Outre dans Ottawa-Vanier, deux autres élections partielles doivent également encore avoir lieu en Alberta, dans Calgary Midnapore, la circonscription de l’ancien ministre Jason Kenney, et dans Calgary Heritage, la circonscription de l’ancien premier ministre conservateur, Stephen Harper.

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.