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Oshawa: une réforme de la Loi 8 comme ultime solution

Les francophones de l'Ontario auront bientôt un fonds supplémentaire pour aider leurs organismes.Archives #ONfr

[30e LOI 8]

OSHAWA – L’échec de la désignation en vertu de la Loi sur les services en français (Loi 8) a laissé des traces du côté des francophones d’Oshawa. À tel point que l’Assemblée des communautés francophones de l’Ontario (ACFO) de Durham-Peterborough, en charge du dossier, espère maintenant une nouvelle version de la loi pour parvenir à ses fins.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Après des années de revendications stériles, la présidente de l’organisme, Sylvie Landry, veut une «une refonte de la loi». La volonté du commissaire aux services en français, François Boileau, de dépoussiérer la loi vieille de 30 ans, est en tout cas synonyme d’espoir.

«C’est un pas en avant, il y aurait donc une désignation de l’Ontario qui offrirait des services en français à jour. Je vois le futur positif.»

Le blocage permanent pour faire d’Oshawa une région désignée de l’Ontario a manifestement découragé Mme Landry. Il y a deux ans, elle et les militants francophones de l’endroit avaient décidé de faire marche arrière, en ne concentrant plus leurs efforts sur la municipalité de Duhram toute entière, mais uniquement sur Oshawa, une partie de ce territoire.

Le hic, c’est qu’Oshawa comme Durham ne rencontre pas les critères de la Loi 8. À savoir au moins 10 % de francophones ou dans les centres urbains, un total de 5 000 francophones. Un manque qui oblige dans ce cas à trouver des appuis locaux pour obtenir de Queen’s Park une désignation discrétionnaire.

Et comme dans le cas de Duhram, les francophones n’ont pas pu obtenir une oreille attentive de tous les politiciens.

Au centre de la polémique: le président du conseil régional de Durham, Roger Anderson, opposé au projet et qui n’a jamais donné son feu vert aux militants francophones.

«Je n’appuierai pas une désignation tant que la province ne m’aura pas donné une garantie que ça ne coûtera pas plus cher aux contribuables de Durham d’offrir des services en français. Je n’ai jamais obtenu une telle garantie», avait déclaré M. Anderson lors d’une récente entrevue pour #ONfr.

«Le blocage est politique», analyse François Boileau en entrevue pour #ONfr. «On craint une certaine personnalité publique qui n’est même pas député», lance-t-il, sans citer M. Anderson.

Dans son dernier rapport annuel, intitulé sans ambiguïté LSF 2.0, le commissaire aux services en français de l'Ontario, Me François Boileau faisait de la modernisation de la loi de Bernard Grandmaître une priorité. Archives #ONfr

Toujours à demi-mots, le «chien de garde» en matière des services en français rend hommage à Mme Landry: «Dans le cadre d’Oshawa, je pense à une dame exceptionnelle qui a travaillé fort sur le projet (…) C’est énormément de travail, d’aller chercher l’appui du maire local, l’appui du conseil municipal, l’appui de tel ou tel député local, l’appui du gouvernement. C’est du lobby intense. Il y a des gens qui sont à temps plein là-dessus.»

Une nouvelle loi des services en français, comme le suggère M. Boileau, viendrait mettre fin à ces démarches contraignantes.

Comme les 6 700 francophones d’Oshawa, plus de 100 000 Franco-Ontariens ne résident pas dans une région assujettie à la Loi 8.

 

Tout au long de la semaine, #ONfr revient sur le trentième anniversaire de la Loi sur les services en français à travers une couverture quotidienne. Pour en savoir plus: http://www5.tfo.org/onfr/

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.