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Oshawa: l’appui de Lorne Coe remis en cause

Lorne Coe, député progressiste-conservateur de Whitby-Oshawa. Archives, #ONfr

[EXCLUSIF]
OSHAWA – Il semble que le député Lorne Coe dise une chose à la communauté francophone de sa circonscription de Whitby-Oshawa et le contraire à la municipalité régionale de Durham lorsqu’il est question d’accorder à la Ville d’Oshawa une désignation en vertu de la Loi sur les services en français de l’Ontario.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Si le député progressiste-conservateur élu à la faveur d’une élection partielle dans la banlieue de Toronto, à la mi-février, a plusieurs fois donné son appui publiquement à la désignation d’Oshawa en vertu de la Loi 8 de 1986, il appert que derrière des portes closes, il continue à s’y opposer comme au temps où il était conseiller régional de Durham.

«La communauté francophone sait que je suis un champion des programmes et des services en français, particulièrement dans la région de Durham. La preuve est mon appui à la désignation d’Oshawa pour que les francophones aient accès à des programmes et services en français au niveau de la santé et des services sociaux», avait déclaré M. Coe le soir de son élection à Queen’s Park, jeudi 11 février.

Le nouvel élu de Whitby-Oshawa avait alors promis d’aborder la question de la désignation avec son ancien collègue Roger Anderson, président du conseil régional de Durham, qui s’oppose bec et ongles à l’offre de services provinciaux en français sur son territoire pour des raisons essentiellement financières.

Encore récemment, Lorne Coe confirmait dans un échange de courriels avec #ONfr que sa position par rapport à la désignation d’Oshawa «demeurait la même», c’est-à-dire favorable.

Au contraire, Roger Anderson jure que le député progressiste-conservateur n’a jamais appuyé la demande de la communauté de langue française à Oshawa et que «rien n’a changé» depuis son arrivée à Queen’s Park.

«Je serais très étonné que Lorne Coe ait changé d’idée. Je lui ai parlé au cours des derniers jours. Il n’appuie pas la désignation d’Oshawa», a fait savoir M. Anderson à #ONfr. «Lorne Coe est très au fait du dossier. Il sait très bien de quoi il est question. Il n’appuie pas cette désignation.»

Le président du conseil régional de Durham dit qu’il ne veut pas écoper de la facture des services en français que son administration pourrait devoir offrir au nom de la province, comme des services de garde d’enfants et des services sociaux.

«Je n’appuierai pas une désignation tant que la province ne m’aura pas donné une garantie que ça ne coûtera pas plus cher aux contribuables de Durham d’offrir des services en français. Je n’ai jamais obtenu une telle garantie», a ajouté M. Anderson. «Je ne peux pas justifier d’augmenter les impôts fonciers ou de couper d’autres services pour offrir des services en français, somme toute, à une petite population francophone.»

 

Désignation «discrétionnaire»

Les francophones de Durham cherchent depuis 2009 à obtenir une désignation qui leur garantirait, à Oshawa du moins, des services provinciaux dans leur langue. Puisqu’ils ne satisfont pas aux critères quantitatifs d’une telle désignation, soit au moins 10% de la population d’une région ou 5000 dans un centre urbain, ils cherchent à obtenir une désignation «discrétionnaire» comme à Kingston en 2009 et à Markham en 2015.

Le gouvernement libéral à Queen’s Park, qui est à l’origine de ces désignations «discrétionnaires», est prêt à faire fi des critères démographiques de temps à autre. Mais il ne faut pas que la désignation soit contentieuse. Et c’est là que le bât blesse à Oshawa. Les francophones de l’endroit ne parviennent pas à rallier tous leurs élus locaux à leur cause.

«Les députés de ce coin-là peuvent nous aider à convaincre la municipalité régionale», a fait part l’ex-ministre Madeleine Meilleur à #ONfr, très peu de temps avant de démissionner de son poste aux Affaires francophones. «La région d’Oshawa ne rencontre pas les critères d’une désignation. Mes critères à moi, c’est si les municipalités et les différents paliers sont d’accord comme à Kingston. Alors, la décision est dans la cour de la municipalité régionale.»

De son côté, l’Assemblée des communautés francophones de l’Ontario (ACFO) de Durham-Peterborough continue à ronger son frein. «Nous attendons toujours», résume la présidente de l’association, Sylvie Landry.

«Bien que la ministre ait annoncé son intention de désigner la région en mai 2015, nous sommes toujours dans l’attente de cette désignation, alors que Markham, a pour sa part été désignée. Nous savons que cette situation est très frustrante», rappelle le président du comité désignation, André Savard, dans un document de la dernière assemblée générale de l’ACFO-DP en mai, dont #ONfr a obtenu copie.

L’organisme affirme toujours «travailler» de près avec Lorne Coe ainsi que la députée néo-démocrate Jennifer French, de la circonscription voisine d’Oshawa.

Lueur d’espoir pour les francophones de la région de Durham: la récente recommandation du commissaire aux services en français, Me François Boileau, d’éliminer les régions désignées et d’offrir des services gouvernementaux en français sur l’ensemble du territoire ontarien.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org