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Opioïdes: l’Ontario veut mettre fin à la crise

TORONTO – Un décès sur huit chez les Ontariens âgés entre 18 et 34 ans est causé par les opioïdes, tels le fentanyl et l’oxycodone. L’Ontario s’attaque à cette crise silencieuse et annonce une série de mesures pour contrôler davantage l’accès de cet analgésique aux effets secondaires imprévisibles.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Les dépendances et les surdoses causées par cette médication contre la douleur font chaque année des centaines de morts, en Ontario. Déjà en 2014, le médicament avait causé le décès de près de 700 personnes. Aujourd’hui, ce serait encore davantage.

«Lorsqu’ils sont prescrits de manière correcte, ça peut atteindre des objectifs nobles. Mais on voit de plus en plus de patients dépendants. On voit plus de surdoses et de plus en plus, elles sont mortelles», a admis le ministre de la Santé, le médecin Éric Hoskins.

Des exemples d’opioïdes :

  • oxycodone
  • morphine
  • hydromorphone
  • fentanyl
  • codéine

Au cours des derniers mois, la pression est montée d’un cran dans ce dossier après la mise au jour de nombreuses histoires d’horreur reliées à des décès causés par les opioïdes. Le ministre en a d’ailleurs fait référence lors de son annonce, le mercredi 12 octobre. Il a parlé du cas d’un jeune décédé après avoir consommé la substance lors d’une soirée et d’un père de famille qui a tout perdu après être devenu dépendant de la substance.

«Ces gens qui décèdent sont nos amis, nos enfants et nos voisins. L’annonce que nous faisons va sauver des vies. Nous prenons des actions avant que ça soit encore pire, comme c’est le cas ailleurs dans le monde», a affirmé M. Hoskins. D’après lui, il s’agit «d’un grave problème de santé publique» qui enlève maintenant plus de vies que les accidents de voiture.

 

Les mesures annoncées

Concrètement, le gouvernement Wynne annonce que le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, le Dr David Williams, va être responsable de lancer un nouveau système de surveillance et de signalement des cas de surdoses d’opioïdes. Actuellement, la province admet manquer de données. Mercredi matin, le ministre de la Santé a même admis ne pas être en mesure de dire quelles régions ou villes de la province sont les plus touchées.

Les opioïdes sont consommés «dans la rue», mais aussi par les patients d’hôpitaux à la suite d’une chirurgie pour calmer leurs douleurs, par exemple. Le gouvernement souhaite explorer d’autres alternatives en matière de traitement de la douleur, constatant que plusieurs patients deviennent tout simplement dépendants à la substance. Quelque 17 millions de dollars sont donc investis dans le réseau de la santé afin d’agrandir 17 cliniques de traitement de la douleur chronique.

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Dans la même lignée, le gouvernement augmente l’accès au Suboxone, un traitement contre la dépendance aux opioïdes. L’accès gratuit au naloxone, un médicament utilisé en cas de surdose, est aussi élargi pour tous dans les pharmacies, afin de prévenir les décès liés aux surdoses.

Depuis le 1er octobre 2016, des contrôles plus stricts sur la prescription et la distribution des timbres de fentanyl sont entrés en vigueur. Les patients doivent désormais retourner leurs timbres de fentanyl usagés à leur pharmacie avant de pouvoir en recevoir d’autres.

La nouvelle stratégie vise à s’attaquer au problème des opioïdes dans une optique de prévention et de traitement des dépendances, dit le Dr. Hoskins. Toutes les régions de la province devraient profiter des solutions proposées, assure le gouvernement.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.