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Opération charme auprès des étudiants marocains

Les universités et collèges ontariens qui offrent des programmes en français vont tenter de se faire connaître cette semaine au Forum international de l’étudiant de Casablanca. Forum international de l'Étudiant

TORONTO – Les universités et collèges ontariens qui offrent des programmes en français vont tenter de se faire connaître cette semaine au Forum international de l’étudiant de Casablanca, qui attire des dizaines de milliers de personnes. Cette nouvelle mission va culminer avec une rencontre au Sommet avec le ministère de l’Éducation du Maroc.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Nous y allons pour faire une invitation aux Marocains. On y remet nos pieds, car on croit au potentiel énorme du pays pour nos institutions d’enseignement», confie Raymond Day, directeur d’Avantage Ontario, qui travaille à recruter des étudiants francophones étrangers.

Il rapporte que le système d’éducation marocain traverse une période difficile. Plusieurs parents cherchent des alternatives pour s’assurer que leurs jeunes adultes obtiennent une formation en français de qualité.

C’est dans ce contexte que les universités et collèges membres d’Avantage Ontario souhaitent s’imposer et offrir leurs services.

«Ce qu’on dit aux Marocains, c’est qu’on offre un enseignement en français de qualité. Mais on vante aussi la possibilité pour eux d’apprendre l’anglais et d’évoluer professionnellement dans leurs stages dans les deux langues», souligne M. Day.

Il révèle que depuis la création d’Avantage Ontario, il y a trois ans, 200 étudiants marocains sont venus étudier en Ontario grâce aux efforts de son organisation. Chacun d’eux apporte un bagage culturel, contribue à gonfler les classes de programmes francophones, mais amène aussi de l’argent neuf dans nos établissements.

«Il faut savoir que dès qu’on recrute un seul étudiant, ça rembourse les frais de déplacement d’une mission dans le pays», fait-il valoir pour souligner l’importance de l’exercice international.

«D’aller là-bas, sur place, ça a un immense impact. On a mis des efforts, il y a trois ans, et on récolte le fruit de nos efforts aujourd’hui. L’an dernier, il n’a été pas été possible d’aller en Tunisie, en raison des événements violents qui s’y sont déroulés. Notre absence a été bien visible dans le nombre d’étudiants tunisiens à venir en Ontario», ajoute M. Day.

L’internationalisation des étudiants en Ontario se fait de plus en plus sentir. Alors que les étudiants étrangers n’étaient que 38000 en 2009, ils sont maintenant près de 90000, selon des données obtenues par #ONfr. Plusieurs milliers de ceux-ci sont francophones.

 

Échanges d’expertises

Le ministère de l’Éducation du Maroc va découvrir au cours des prochains jours l’étendue de l’offre post-secondaire en français de l’Ontario. M. Day a rendez-vous avec des représentants du ministère marocain pour mettre la table à une série de collaborations futures.

«On veut discuter avec leur gouvernement de la possibilité d’effectuer des échanges au niveau de la recherche et du personnel, notamment», dit-il.

Mais ce n’est pas tout. Le directeur d’Avantage Ontario espère aussi pouvoir importer un peu du savoir marocain en Ontario. «J’aimerais qu’on importe certaines formations. Par exemple, il y a un programme sur le travail de la céramique qui est phénoménal. Peut-on imaginer que l’on pourrait miser sur leur expertise pour en développer un à Ottawa ou à Toronto dans nos institutions? Pour que ça puisse arriver, il faut bâtir un climat de confiance et de bonne entente, c’est ce que je m’en vais faire», dit-il.

Avantage Ontario fait la promotion sur la scène internationale de l’Université d’Ottawa, de l’Université Laurentienne (Sudbury), de l’Université Saint-Paul (Ottawa), de l’Université de Sudbury, de l’Université de Hearst, du collège La Cité, du campus Glendon de l’Université York (Toronto), du Collège universitaire Dominicain (Ottawa) et du Collège Boréal.

L’organisation est la seule au pays à représenter un bouquet d’institutions d’enseignement sur la scène internationale.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.