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OIF: Kathleen Wynne demande l’appui des pays membres

La première ministre Kathleen Wynne a accueilli plusieurs représentants des différents pays de la francophonie internationale, le mardi 8 novembre, à Ottawa, afin de leur demander leur appui. Crédit photo: Benjamin Vachet

OTTAWA – À deux semaines de la décision des pays membres d’accepter ou non l’adhésion de la province de l’Ontario à titre d’observateur au sein de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), la première ministre Kathleen Wynne a accueilli plusieurs représentants des différents pays de la francophonie internationale, le mardi 8 novembre, à Ottawa, afin de leur demander leur appui.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Relancée en juin 2015 par la ministre déléguée aux Affaires francophones de l’époque, Madeleine Meilleur, la demande de l’Ontario d’adhérer à l’OIF entame sa dernière ligne droite.

Du 26 au 27 novembre, sa successeure, Marie-France Lalonde, sera présente à Madagascar pour présenter officiellement la candidature de l’Ontario devant les participants du XVIe Sommet de la Francophonie.

Pour mettre toutes les chances de son côté, le gouvernement a dépêché la première ministre, Kathleen Wynne, pour venir parler de la candidature de la province devant les représentants des pays membres de l’OIF à Ottawa, en présence de membres de la communauté franco-ontarienne.

Rappelant l’histoire de la province de l’Ontario et de sa communauté francophone, Mme Wynne a insisté sur l’importance de cette candidature, dans un discours en français et en anglais.

«Pour moi, la question n’est pas de savoir si nous devons adhérer à l’OIF, la seule question est de savoir comment. Nous avons beaucoup à offrir à cet organisme. Nous avons pris de nombreux engagements envers notre communauté francophone et voulons continuer à faire la promotion de la langue française et de l’identité franco-ontarienne dans le futur.»

 

Réponse samedi 26 novembre

Pour la ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, Marie-France Lalonde, il est important pour l’Ontario de ne rien prendre pour acquis.

«Nous voulions démontrer et réaffirmer l’engagement de l’Ontario à se joindre à l’OIF et rencontrer les pays membres de la francophonie internationale en vue du prochain sommet. L’Ontario est soutenue par le Canada, le Québec et le Nouveau-Brunswick, qui sont déjà membres. Mais c’était également important pour la première ministre de démontrer que l’Ontario est sérieuse dans son cheminement.»

Le samedi 26 novembre, Mme Lalonde présentera officiellement la candidature de l’Ontario. Le sort de la demande sera décidé par les 57 membres de plein droit de l’OIF dans l’après-midi de la même journée, par consensus.

«La réception semble très positive aujourd’hui, mais il n’y a aucune certitude. C’est avec grande humilité que nous présentons notre demande. Mais je crois que nous avons une candidature forte et beaucoup de choses à offrir. J’espère que les membres de la francophonie internationale vont voir ça. Je ne pense rien pour acquis!», explique prudemment Mme Lalonde.

La ministre justifie la démarche et les avantages que cela pourrait constituer pour l’Ontario.

«Nous sommes plus de 611 500 francophones en Ontario, on a une population immigrante qui vient d’un peu de partout et à l’extérieur de notre province, les gens semblent oublier que l’Ontario parle français. Cette adhésion, c’est une ouverture sur le monde, ça peut nous permettre de créer des discussions en matière de culture, d’économie, d’éducation, de santé… Il y a des opportunités pour notre économie qui pourraient être intéressantes, notamment en matière de tourisme. C’est gagnant-gagnant!»

Présent dans l’assistance, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, pense qu’une adhésion serait très positive pour l’Ontario français.

«Je suis confiant et j’espère que la candidature de l’Ontario va être acceptée car toute occasion qu’on a de promouvoir la francophonie, c’est une belle occasion de s’afficher sur le plan international. C’est une manière de dire qu’en Ontario, on peut vivre, on peut étudier, on peut prospérer et tout ça en français. Ça envoie un signal, c’est un étendard fantastique pour faire la promotion de la communauté francophone de l’Ontario», explique-t-il, ajoutant que cela pourrait aider la province dans le dossier de l’immigration.

Cette demande pourrait n’être qu’une première étape avant l’obtention d’un statut de membre de plein droit, selon ce que révélait récemment #ONfr. Une information que confirme Mme Lalonde.

«À ce moment-ci, on demande un statut d’observateur, on va ensuite évaluer et analyser. Mais la première ministre a été claire quand elle a fait sa demande.»

Pour le président de l’AFO, le simple statut d’observateur serait déjà une bonne nouvelle.

«C’est déjà une bonne chose de mettre le pied dans la porte! Cela va nous permettre d’avoir la publicité qu’on recherche pour la francophonie ontarienne puis, un peu plus tard, si on décide d’aller plus loin, il y aura toujours cette occasion-là.»

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.