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Objectifs visibilité et jeunesse pour les francophones de Sudbury

Une centaine de francophones ont pris part aux deux jours de rassemblement.

SUDBURY – Les francophones de Sudbury retroussent leurs manches pour enrayer le déclin démographique. La communauté de la ville la plus populeuse du nord de l’Ontario fait le pari de la représentation pour les cinq prochaines années.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @SebPierroz

Le grand Forum communautaire pour le Grand Sudbury, vendredi 1er et samedi 2 mai, a permis de définir trois axes d’action. Un sommet qui s’inscrivait d’ailleurs directement dans la foulée des États généraux de la francophonie de la ville tenus en novembre 2008, et suivis d’un rassemblement en 2010 sur le même thème.

Écouter davantage les jeunes: la centaine de francophones présents pendant les deux jours ont martelé le message. «Il faut qu’ils prennent davantage leur place et leur rôle dans la communauté», souligne Marie-Ève Pépin, coordonnatrice du Forum. L’enjeu est d’autant plus grand qu’une majorité des jeunes diplômés n’exercent pas à Sudbury, privilégiant alors Ottawa ou Toronto.

Seconde priorité: le pouvoir d’attraction de Sudbury. Un dossier qui fait directement écho au besoin de visibilité nouvelle pour les francophones de la ville. Le projet d’une Place des arts au centre-ville de Sudbury, prévu de longue date, est entre autres revenu à la table des discussions. Imaginée lors du sommet de 2008, avec la volonté de donner un toit au Regroupement des organismes culturels de Sudbury (ROCS), l’idée avance depuis cahin-caha.

«Une étude de faisabilité sera présentée prochainement au conseil municipal. On va attaquer la période de financement. Ça va de l’avant», croît Mme Pépin.

Les francophones se pencheront enfin sur le «fait francophone qui distingue la communauté». Comprendre trouver des pistes pour protéger la langue de Molière dans la ville d’environ 160 000 résidents.

Les dernières études démographiques sont à cet égard assez éloquentes pour le Grand Sudbury. La proportion de francophones dans la ville a baissé de 28,2 % à 27 % de 1996 à 2011 d’après les chiffres de Statistique Canada. Une petite chute qui, à l’inverse des autres cités de l’Ontario, ne s’explique pas par la venue d’allophones. La proportion d’anglophones a même grimpé de trois points à Sudbury (61,3% à 64,5%) sur ladite période.

 

Avant 2020

Histoire de se donner toutes les chances de renforcer la francophonie, les membres du Forum ont coché une date. Celle de 2020. «Nous devons réaliser en cinq ans les priorités amenées lors du Forum, lesquelles se définiront par un plan stratégique», précise Mme Pépin.

Un comité directeur se chargera dans les prochaines semaines de la rédaction du plan stratégique. Ce même document devra ensuite être validé par l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) du Grand Sudbury et d’autres organismes francophones.

Toujours est-il que le sommet de 2008 reste un vieux souvenir pour les organisateurs. «Ce Forum de mai 2015 a servi à renouveler nos idées et changer notre façon de faire les choses. C’était une obligation.»

La coordinatrice balaye malgré tout d’un revers de main l’idée que le grand rassemblement il y a six ans n’a rien apporté. «Les résultats du suivi ont été là. Ce que nous avons fait en 2008 a permis de bâtir et mieux définir les pistes lancées au Forum.»

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org