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Objectif visibilité pour la francophonie ténoise

La communauté francophone des Territoires du Nord-Ouest a besoin de visibilité. Crédit image: Wikicommons

YELLOWKNIFE – La nouvelle présidente de la Fédération Franco-Ténoise (FFT), Rachelle Francoeur, veut assurer la visibilité de la communauté francophone des Territoires du Nord-Ouest, alors que l’organisme tente de repenser son mode de fonctionnement.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

De retour d’expériences en Colombie-Britannique, en Alberta, puis au Québec, l’Abitibienne de naissance, Rachelle Francoeur a pris les rênes de la FFT le 14 octobre. Lors de la dernière assemblée générale annuelle, elle a succédé à Linda Bussey, la conseillère municipale de Yellowknife qui, un an après son élection à la tête de la FFT, a préféré jeter l’éponge.

«Il y a beaucoup de dossiers importants et la cause m’intéresse toujours, bien sûr. Mais je n’ai pas le temps de m’investir autant que je voudrais et qu’il le faudrait. J’ai donc préféré laisser ma place», explique Mme Bussey à #ONfr.

La nouvelle présidente n’est pas totalement étrangère à la FFT puisqu’elle y a travaillé pendant deux ans.

«La mission de la FFT n’a cessé de m’intéresser et je veux placer la communauté franco-ténoise sur l’échiquier. Nous sommes en train de revoir notre manière de fonctionner et je sens un vent de changement auquel je veux contribuer.»

Comme de nombreux organismes porte-paroles des communautés francophones en milieu minoritaire, la FFT réfléchit à son rôle et surtout à la meilleure manière d’être représentative des 1165 Ténois de langue maternelle française, alors qu’actuellement ses membres ne sont que des organismes et des associations.

«Nous réfléchissons à accueillir des membres individuels, car comment représenter toute la population francophone des Territoires du Nord-Ouest quand, dans certains endroits où il y a des francophones, il n’y a pas d’organismes?», s’interroge Mme Francoeur.

La nouvelle présidente remarque que tous les francophones ne sont pas nécessairement membres d’associations ce qui limite leur contact et leur connaissance de la FFT.

«Il y a ici 11 langues officielles et de multiples cultures dans les Territoires du Nord-Ouest. Nous devons donc trouver notre place et un moyen d’assurer notre visibilité, tout en étant inclusifs aussi bien avec les Premières Nations, les anglophones et les allophones.»

 

Une opportunité à saisir

Si elle ne nie pas l’importance des dossiers politiques, alors que l’accès à des services en français et les problèmes en éducation continuent d’être des enjeux pour les Franco-Ténois, la nouvelle présidente veut se laisser du temps.

«C’est sûr que nous allons appuyer la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest (CSFTNO) quand elle aura besoin de nous dans les dossiers liés à l’éducation et que nous allons intervenir auprès du gouvernement territorial. Nous avons d’ailleurs une rencontre mi-novembre et je dois me familiariser avec les dossiers politiques», avoue la nouvelle présidente.

Sa prédecesseure, qui vit dans les TNO depuis plus de deux décennies, dresse une liste non exhaustive des priorités à faire valoir auprès du gouvernement de Bob McLeod.

«Nous avons besoin d’une vraie salle communautaire et il y a des discussions actuellement entre la CSFTNO, le gouvernement territorial et Patrimoine canadien à cet effet. Il faut également développer les services en français car au-delà du «Hello, Bonjour!», c’est encore très limité. On sent qu’il y a plus d’écoute de la part du nouveau gouvernement. Il y a donc une opportunité à saisir.»

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.