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Nucléaire: les verts veulent revoir le plan d’urgence de l’Ontario

TORONTO – Le Parti vert de l’Ontario demande une révision immédiate du plan d’urgence de la province en matière de sûreté nucléaire. Le chef de la formation, Mike Schreiner, souhaite voir agrandi le rayon dans lequel des médicaments préventifs doivent être distribués aux résidents autour des centrales nucléaires.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

La province doit distribuer gratuitement des comprimés d’iodure de potassium à tous les résidents vivant dans un rayon de 10 kilomètres d’une centrale nucléaire, en vertu d’un nouvel arrêté de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN).

En cas d’incident nucléaire, l’iodure de potassium bloquerait l’entrée d’iode radioactive dans la glande thyroïde, ce qui diminuerait les risques de cancer.

La nouvelle consigne de la CCSN découle de l’incident nucléaire de Fukushima, au Japon, en 2011.

«Le plan d’urgence de l’Ontario en matière de sûreté nucléaire est inadéquat, dans le meilleur des cas», a fustigé M. Schreiner, le mercredi 15 octobre. «Le gouvernement libéral se traîne les pieds quant à une mise à jour de ce plan d’urgence depuis Fukushima. La sécurité du public est en jeu».

Tragédie de Chernobyl

Le Nouveau-Brunswick et le Québec distribuaient déjà des comprimés d’iodure de potassium à tous les résidents dans un rayon de 16 kilomètres des installations nucléaires sur leur territoire, avant que la CCSN ne rende cette pratique obligatoire partout au pays, le vendredi 10 octobre.

Ce sont les provinces, et non la CCNS, qui sont responsables d’établir le périmètre dans lequel elles jugent nécessaire de distribuer des médicaments préventifs, en cas de fuite d’un réacteur nucléaire.

Le rayon de 10 kilomètres établi par l’Ontario daterait d’avant la tragédie de Chernobyl, en ex-URSS, en 1986, selon M. Schreiner.

Le Parti vert, qui a obtenu 5% des voix lors des plus récentes élections, souhaite que l’Ontario distribue des médicaments préventifs aux résidents dans un rayon de 30 à 50 kilomètres des centrales nucléaires de Bruce, Darlington et Pickering.

La Suisse a décidé, plus tôt en 2014, d’étendre la distribution d’iodure de potassium à près de 4 millions de citoyens vivant dans un rayon de 50 kilomètres de ses installations nucléaire.

«La sécurité du public est trop importante pour adopter des politiques à la va-comme-je-te-pousse», a dénoncé M. Schreiner dans un communiqué. «Un examen public du plan d’urgence nucléaire, basé sur des preuves, est désespérément nécessaire. C’est particulièrement important lorsqu’il est question (…) de la distribution de comprimés d’iodure de potassium».

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org