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«Nous attendons plus que d’être sous-entendus»

L'association aide les femmes francophones victimes de violence. Archives

[LETTRE OUVERTE À KATHLEEN WYNNE]

Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF) a été déçue de constater que les 611 500 Franco-Ontariens aient été oubliés par le gouvernement provincial dans le discours du trône présenté lundi.

MAÏRA MARTIN 

En tant qu’organisme ontarien francophone, nous nous inquiétons de ce manque de reconnaissance de la part du gouvernement. Le discours n’est malheureusement qu’un exemple supplémentaire venant s’ajouter à ce que nous voyons au quotidien et que nous analysons comme un désengagement progressif envers les services en français «par et pour».

À plusieurs reprises au cours des dernières années, différents ministères avec lesquels nous travaillons ont fait le choix de confier le mandat d’offrir et de développer des services en français à des organismes anglophones ou dits bilingues, au lieu de financer plus adéquatement les organismes francophones offrant déjà ces services dans la communauté. Malheureusement, nous avons par la suite constaté que de nombreux organismes anglophones recevant du financement dans le cadre de ces différents programmes ne sont pas en mesure d’offrir des services en français de qualité.

Beaucoup reste à faire pour rappeler au gouvernement que la communauté francophone ne doit pas être oubliée ou «sous-entendue». Nous ne sommes pas une nuisance: nous participons pleinement à la vitalité de l’Ontario et nous méritons d’être reconnus.

Dans ces deux derniers rapports, le commissaire aux services en français de l’Ontario a remis en cause l’efficacité de la Loi sur les services en français et plaide pour une refonte complète de celle-ci. L’ouverture de ce dialogue permettra, on l’espère, de rappeler l’importance des Franco-Ontariens et de protéger leurs droits, notamment celui d’avoir accès à des services en français de qualité.

Nous attendons avec intérêt les annonces que la ministre déléguée aux Affaires francophones devrait faire dans les prochaines semaines et nous espérons qu’elles viendront compenser le discours du trône.

 

Maïra Martin est directrice générale d’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes

Note: Les opinions exprimées dans les lettres ouvertes publiées sur #ONfr n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position de #ONfr et du Groupe Média TFO.