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Monument aux victimes du communisme: retour à la case départ

L'ancien gouvernement conservateur à Ottawa avait d'abord choisi un site près de la Cour suprême pour accueillir un monument aux victimes du communisme. Commission de la capitale nationale

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OTTAWA – Le conseil d’administration de la Commission de la capitale nationale (CCN) a confirmé l’annulation du choix du site jouxtant la Cour suprême du Canada pour accueillir le monument aux victimes du communisme.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Au milieu du mois de décembre, la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, avait indiqué son intention de demander à la CCN d’annuler la décision d’utiliser et de décontaminer le terrain initialement choisi par le gouvernement conservateur pour accueillir le monument aux victimes du communisme.

Situé sur la rue Wellington, à deux encablures de la Cour suprême du Canada, l’emplacement avait essuyé de vives critiques, notamment de la part du maire de la Ville d’Ottawa, Jim Watson, mais aussi de la candidate libérale dans Ottawa-Centre, devenue depuis ministre de l’Environnement, Catherine McKenna. Les opposants rappelaient le consensus visant à faire de cet espace le lieu d’accueil de la Cour fédérale, et ainsi compléter un triangle d’édifices judiciaires.

«Nous sommes très heureux de relancer le projet dans les lignes indiquées par la ministre Joly avec une nouvelle consultation sur le design auprès des Canadiens. C’est un site qui avait déjà été choisi et accepté par le conseil d’administration de la CCN et qui n’avait pas fait l’objet de contestation. Il va toutefois falloir en reprendre l’analyse car les règles environnementales ne sont plus les mêmes aujourd’hui, mais on espère que ça pourra être fait d’ici avril», a commenté Mark Kristmanson, premier dirigeant de la CCN.

L’emplacement qui sera désormais étudié est celui-là même que la CCN avait identifié au départ, soit le Jardin des provinces et territoires, en face de Bibliothèque et Archives Canada, à l’ouest de la Cour suprême du Canada.

Des consultations en ligne seront menées en 2016 afin d’étudier le design du futur monument.

Piloté par le groupe privé, Tribute to Liberty, ce projet vise à sensibiliser le public aux crimes du communisme. Initialement estimé à 5,5 millions$, avec une participation de 3 millions$ de la part du gouvernement fédéral, le coût du projet a été revu à la baisse. Il devrait finalement coûter 3 millions$, dont la moitié sera prise en charge par Ottawa.

 

Encore de l’opposition

Malgré le changement d’emplacement, la création du monument aux victimes du communisme reste encore contestée par certains. Candidat à la dernière élection fédérale dans Ottawa-Vanier sous la bannière Parti marxiste-léniniste, Christian Legeais ne comprend toujours pas la pertinence et la justification historique d’un tel projet.

«Le gouvernement de M. Trudeau souhaite revoir l’emplacement alors que c’est le projet lui-même qu’il faudrait annuler! Ce monument repose sur une falsification de l’histoire et sur une utilisation de chiffres erronés. Les immigrants qui sont venus au Canada ne fuyaient pas le communisme! C’est d’autant plus injurieux pour les communistes qui se sont battus pendant la seconde guerre mondiale contre le fascisme et le nazisme. On est en train de bafouer leurs idéaux pour réécrire l’histoire et réhabiliter l’anticommunisme et le fascisme. Il faut se demander pourquoi le gouvernement finance ce projet privé et pourquoi il n’érige pas plutôt, à la place, un monument aux victimes du capitalisme ou de l’impérialisme? Il y a un choix idéologique là-dedans!»

Le monument aux victimes du communisme devrait être inauguré en 2018, mais un petit doute persiste quant au respect de cet échéancier.

«Le leadership du projet est entre les mains de Patrimoine canadien, il m’est donc difficile de répondre à cette question. Mais j’imagine que c’est possible!», a indiqué M. Kristmanson.

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.